lundi, octobre 31, 2005

J'ai aimé

Assise là, fatiguée, j'ai fermé les yeux.
Prise dans un étau, ma tête est partie là où elle ne s'était jamais rendue. Là où je ne l'avais jamais aventurée. Peut-être n'avais-je jamais fermé les yeux au bon moment... peut-être n'en avais-je jamais eu autant dans le sang...
J'ai eu l'impression qu'une force étrange, d'une violence exacerbée, m'enfonçait dans le sol. Puis que soudain mon corps planaît, décollait, telle une fusée. L'impression que je ne tenais plus en place, que je n'étais plus maîtresse de mes sensations physiques. Les sourcils froncés je me suis tenue à mon siège. J'étais suffisamment lucide, je crois, pour sentir ma peur, si bien que j'ai ouvert les yeux. J'ai cru attérir. J'étais toujours dans le RER. J'ai essayé d'enfoncer mes pieds, car je ne sentais plus mes jambes, comme si elles n'étaient plus attachées au sol, comme si elles s'envolaient. J'avais si peur de m'envoler et de ne plus pouvoir me reposer... j'ai vraiment cru partir. Le train n'allait pourtant pas si vite, pour moi il atteignait les 200 kms/heure.
Il faisait noir dehors. L'homme assis à côté de moi l'était aussi. A-t-il senti mon enivrement? Je crois que je n'ai pas bougé d'un poils, je crois que j'ai tout rêvé. Même mes mains accrochées à mon siège, car mes bras sont croisés. Je respire profondément, mon coeur palpite.
Le train va moins vite. J'ai l'impression.
Je souris
J'ai aimé.
Mais putain, qu'est-ce qu'on m'a mis dans mon verre?
Drogue, Substance? Paris est dangereuse...
Je n'ai pas beaucoup bu et je suis partie si loin. Je n'y étais jamais allée.
J'ai aimé.
Retournerai-je dans ce bar?
Demanderai-je le même verre?
Je ne suis pas allée aux toilettes.
Le bar-man semblait tout à fait honorable. J'y retournerai.
J'ai aimé.

lundi, octobre 10, 2005

Transparence

Regarde comme les paysages deviennent transparents sous les nuages. Regarde comme il m'est si difficile de les percevoir. Je fronce les sourcils mais je ne discerne pas ce qui tout à l'heure était tout près de mon oeil. Comme la vue n'a plus du tout les mêmes facettes. Comme tout semble si différent. Il suffirait pourtant de simplement passer au travers de cette nappe blanche et impalpable, pour que tout s'éclaircisse à nouveau. Redécouvrir ce monde qui nous a oublié. Déjà. Ce monde dont nous sommes si loin.
Quelques plumes viennent nous carresser le visage. Tout est blanc, t'as vu? Tout nous paraît si pur, si frais. Tes mains sont froides, pourtant je vois le soleil s'y refléter. Il est si proche de nous. Illuminée par mes nouveaux sens, je m'aperçois que ce ne sont pas tes mains qui se glacent. Ce sont les miennes. Je ne te touche pas.
Regarde comme il fait beau de là où nous sommes. Regarde, la pluie ne nous touche pas. Regarde, nous sommes insensibles. Regarde, je passe ma main au travers de ton corps. Regarde. Regarde, je ne te vois plus. Où es-tu? Je te voyais il y a deux secondes et tu as disparu...
Tu voles?
Reviens.
Regarde. Regarde les anges autour de toi, ils te font signe de sourire, de rire et de danser au rythme de leur harpe. Regarde, elle brille. Sa couleur dorée reflète celle du soleil. Il nous réchauffe de plus en plus. Regarde, ma main rougit. Regarde, je n'ai plus froid. Regarde, je pleure. Je crois. Mais pourquoi je n'arrive toujours pas à t'atteindre? Tu es transparente.
Viens près de moi que je te sente. Viens près de moi que je te regarde.
Regarde, j'ai chaud. Regarde je suis nue! Sous les rayons torrides, ma peau ne noircit pas. Ma main n'est plus rouge, elle est beige. Elle a apprécié cette température violente qui lui était inconnue et n'a pas pour autant brûlée.
Regarde, je m'habitue. Regarde comme je suis Heureuse.

samedi, octobre 01, 2005

Fleur

Prises comme dans une rafale, d'immuables senteurs forment ce nuage envoutant. Tous ces cadavres de flacons odorants, empilés et renversés, se confondent et s'imprègnent entre eux. Aucun détail ne permet de les différencier; jasmin, lavande, vanille, musc, poire, pomme, embellissent une atmosphère sucrée, comme une poupée de cire enjolive une image figée; poupée rose, poupée orange, fleur, fruit. D'interminables chemins sont tracés. On pourrait les suivre. Ces ondes amères et sauvages, enivrantes et sensuelles, couleraient sur nos visages épurés. L'on pourrait s'endormir en les écoutant bourdonner au dessus de notre bouche, entrer en nous et nous parfumer pour toujours d'une touche suave et romantique. La chair gonflerait de plaisir, souffrant de ne pouvoir l'exprimer autrement que par une rougeur piquante, rougeur de plaisir et de souffrance.
Celle-ci surplombent les autres, elle les bât, suspendu en haut, et comme une sauterelle, se déplace partout pour envahir d'une vapeur glorifiante son bouquet d'effluve. Telle une fleur déployant toutes ses armes, la voilà qui inonde les lieux; la lavande, la vanille, la rose, le musc sont consumés. Elle s'appelle Lys. Enivrante ne demande pas à vivre. Elle vit. S'imprègne. Captivante déploie ses charme sans effort, se colle au cou, au poignet, pour ne plus jamais s'en échapper. Elle est reine des corps, reine des peaux, reine des fleurs.
Elle est à moi.
Je suis à elle.

dimanche, septembre 25, 2005

Bleuet

Hier, elle fut épatée de voir tout ce monde engouffré, collé, serré dans ce bar. Elle les regarda grouiller dans tous les sens. Comme s'il n'y avait rien d'autre à faire le samedi soir, comme si cette sortie était la plus importante de leur vie, comme si d'être là était une délivrance. Pardon? Boire, fumer, parler... Transpirer, puer, suinter... Vivre? Vraiment? C'est ça la vie?
Seule dans ses pensées, seule face à tous ces gens qui ne sont pas comme elle, elle s'ennuya. Elle essaya de ne plus entendre ce mauvais bruit qui l'agressait, qui l'empêchait de vivre finalement, et qui l'empêchait d'être présente parmis eux. Elle en avait mal à la tête, de cette fumée enivrante, étouffante, assomante; elle était fatiguée. Quand elle en sortit, de ce bar nauséabond, nocif, elle respira l'air frais du soir, de l'automne. Qu'il était doux! Elle leva la tête et elle vit le ciel bleu, de ce bleu tombant, la lune prête à se lever. Elle respira profondément et alla s'asseoir sur un banc, sur une place, près d'une fontaine. Elle ferma les yeux et vit des bleuets dans l'obscurité de son âme, dans ses rêves, dans son jardin imaginaire; loin de ces voix, ces rires, de ces cendres, ces odeurs... Lorsqu'elle rouvra les yeux, alors que dans son engouement, sa tête était partie en arrière, elle vit le ciel étoilé, comme si demain l'été arrivait, elle sourit, se sentit libérée, la mal de crâne évaporé... Elle resta une éternité ainsi, à regarder les bleuets s'ouvrir dans le ciel, devant ses yeux étoilés.

lundi, août 22, 2005

Whisky, bière

Whisky bière, whisky bière...
Comme il ne peut vivre sans son eau, sa boisson, sa purgation matinal!
Cet être seul et sans défense, perdu de tous, a délaissé ces deux enfants et sa femme, et n'a trouvé aucune autre issue que le mensonge, et plus tard le reproche. Pourquoi donc faire souffrir sa chair, son sang, alors qu'il est coupable et qu'il souffre, solitaire, de ses erreurs? Pourquoi ne s'assume-t-il pas? L'alcool le bouffe petit à petit, le ronge de l'intérieur, les cures de désintoxication n'ont servies à rien! plusieurs oui, et toujours il s'engouffre dans le cadavre de ses bouteilles pour y prendre la dernière goutte, sa dernière espérance. Mais non, enfin, tout ceci n'est que balourdise, pardon, car il n'est JAMAIS allé en cure, dit-il!!! Sale menteur! Il a fait rêver, il a fait croire et finalement il a détruit toute une famille et il continue à nier... il est là sur cette terre alors qu'elle, elle est partie! c'est injuste, la vie est injuste. Alors assume, il faut qu'il assume au lieu de se plaindre, qu'il arrête d'agresser, d'injurier et de passer pour la victime, ce mauvais garçon est seul désormais, et il ne peut s'en prendre qu'à lui-même... L'alcool détruit, l'alcool est une drogue, indéniablemùent un vice. Il ne l'aura pas elle, elle a qui il se raccroche pour se rapprocher davantage d'une autre, il lui écrit, il l'appelle, mais non, la vie ce n'est pas ça. La vie ce n'est pas de se glisser entre les gens, la vie ce n'est pas faire semblant, la vie ce n'est pas reprocher à ses descendants le silence dont est coupable... Il ne l'aura pas comme ça, il ne se pourra pas exister auprès d'elle à travers une autre, ce serait trop facile!
Un homme se détruit avec l'alcool, et vit seul chez lui, en Bretagne, elle trouve ça minable, pour rien au monde elle ne voudrait être à sa place. Et pourtant s'il l'appelait, lui demandait de l'aide, elle répondrait présente, parce qu'elle l'aime malgré tout le mal qu'il lui a fait. Elle lui en veut, mais elle l'a tant attendu, tant aimé, tant idôlatré. Mais qu'il ne prenne plus son téléphone avec une journée de whisky en lui, qu'il ne l'agresse plus, enivré, pour ne pas dire bourré, sinon elle ne bougera pas le petit doigt...

samedi, août 20, 2005

Question

Mais pourquoi donc n'ai-je que si peu de commentaires...
Vous n'aimez donc pas? jsuis triste...

jeudi, août 18, 2005

Elle est mauvaise

Elle est mauvaise, parce qu'elle voudrait lui faire comprendre. Elle n'arrive pas à lui parler, à lui expliquer, alors elle se tait, ou bien lorsqu'un son sort de sa bouche, il n'est qu'agression, ou bien froideur. Elle est désagréable. Face à cela, face à elle, il ne réagit pas, feint de ne pas comprendre. Il est coupable, et maître de sa lâcheté. C'est à lui de demander, à lui de savoir ce qu'il se passe, à lui d'ouvrir le dialogue, et non pas à elle. Depuis des années, il en est de même, ce rapport est merdique, parfois si douloureux qu'elle en gonfle de colère... mais rien n'éclate. On a beau essayer, rien ne change... Une tierce personne essaie de lui ouvrir les yeux, il ne comprend pas, trouve tout cela chimérique, absurde. Mais putain, qu'il ouvre les yeux, qu'il se rende compte enfin de ses erreurs, il est malade de lui-même et de sa vie monotone, il ne réfléchit pas pour elle, mais pour lui, puisqu'il n'a qu'elle, personne d'autre, il n'a plus rien, plus de famille, plus de travail, plus d'envie, que l'ennuie.
Et donc, elle s'en veut d'être si mauvaise, si froide et si injuste, car malgré tout, bien sûr qu'elle l'aime, elle est fière de lui. Elle prend son téléphone et l'appelle malgré son agacement, pour être davantage désagréable, pour qu'il réagisse, elle l'appelle POUR CA, même si elle n'en est pas tout à fait consciente. Il est plus content qu'elle, et ça la rend folle, elle a envie de lui raccrocher au nez... Non mais c'est vraiment n'importe quoi, c'est le monde a l'envers. Après avoir violemment écourtée la conversation, elle culpabilise: "Il est gentil quand même, j'suis chiante, j'suis pas sympa". Elle a même envie de pleurer... Mais NON, elle a raison! Qu'elle continue! Il ne fera jamais aucun effort, enfin s'il en fera ce ne sera que le moindre, le plus léger, le plus facile, car il n'a pas la volonté de comprendre que son comportement n'est pas normal. Il la bouffe, il lui vole son énergie, son temps, et sa vie.
"Quelle relation de merde", se dit-elle. "Comment s'en sortir?" Comment tuer ce rapport de force qui l'envahit, auquel elle pense sans cesse et qui la fait tout le temps culpabiliser?
Elle en a ras le bol, elle s'imagine tout lui balancer à la gueule, elle voudrait lui écrire une lettre et se déchaîner, mais la dernière fois qu'elle l'a fait, il lui a dit: "ta lettre je l'ai lue puis, tout de suite déchirée, et mise à la poubelle". Alors si son mal-être ne vaut que la poubelle, il n'est aucunement digne d'en connaître les raisons, même s'il en est la cause. Il ne respecte pas ses angoisses, puisqu'il lui dit qu'elles provoquent les siennes. Elle n'a pas le droit de lui avouer ses angoisses! Comme c'est injuste, le monde à l'envers, je vous dit, alors elle se tait, elle ne dit rien, si elle parlait, elle briserait son âme et il serait malheureux. Car elle serait mauvaise, trop mauvaise.

mardi, août 16, 2005

Ils n'imaginaient pas

Aimer, danser, rire,
mais piquer, trancher, saigner, flancher,
partir, ailleurs, dans un autre monde,
seringue, sang, transfert, requiem, musique, exctase, jouissance, pleurer, embraser, héro,
puis rougir, transpirer, souffrir, manquer, blanchir, cauchemar, descente, trou noir, hallu, délire, bad trip,
case départ, nue, pute, fric,
retour au délire, sortie, resto, boite, trance, coke, alcool,
puis maigrir, dépendre, nuit, toujours,
finis les rêves, pour un rêve, perdre un bras, la tête, perdre ses amis, sa famille, son travail, sa vie,
déchet, nuisance, extrême, bleus, trou, cernes,
trembler, merder, vomir, oublier, sombrer,
dormir,
hémorragie,
overdose,
MORT!

mercredi, août 10, 2005

Je rêve (3) encore, mais un peu moins.

Bon alors la vilaine, elle s'est cassée, bon vent, et les clientes aussi. Vive le mois d'Août à Paris. Enfin, vive le mois d'Août à Paris, quand on n'y travaille pas et qu'on n'a pas besoin de faire du chiffre, parce que là c'est la mort finie! On s'ennuie un peu hein quand même; y'a personne et plus de livraison; oui parce que, bonjour toutes les livraisons qu'on s'est tapées (en même temps ca nous occupait bien...), des cartons et des cartons à n'en plus finir, bref! Alors donc là, on range, on trie, mais moi, vous comprenez, j'en peux plus de ranger les tiroirs, j'ai l'impression d'être inhumaine, un robot quoi, ça m'abruti, c'est un peu affligeant, je préfère les cartons aux tiroirs je vais vous dire... mais bon, en même temps , on fait ce qu'on peut avec ce qu'on a, faut bien gagner son pain, messieurs dames. Normalement (je dis bien NORMALEMENT, parce que OUI, je change d'avis tout le temps, je suis une lunatique, une indécise, un peu instable quoi! Mais bon en même temps je m'en rends compte, c'est déjà ça, n'est-ce pas!), je pars à la fin de la semaine donc, dernière ligne droite. Mais sachez que je pourrais peut-etre changer d'avis (ah bon?), oui, eh oui, tout à fait, parce que l'ambiance avec les collègues depuis que l'autre truie est partie, est plutot bonne. Surtout avec deux d'entres elles. Alors il y a celle qui est enceinte, qui d'aillleurs est partie aux states, pfff, comment elle se la pète, ceci dit elle a bien raison, si je pouvais je ferais la même chose, oh ca va!!! Mais bon, on est un peu triste, parce que voilà, elle est tres tres sympa (avec l'accent du sud le sympa, c'est mieux) et puis en plus vous savez quoi??? Elle est mariée !!!! truc de fou! genre elle est plus jeune que moi et elle est mariée! et en plus de ça enceinte !!! bon ca me déprime un peu quoi quand même mais bon, chacun sa life, comme dirait l'autre. Et il y a l'autre fille avec qui me je m'entends aussi assez bien, qui rigole de toutes mes bêtises (parce que je suis trop drôle comme fille!!) pendant que notre responsable se fait des montées et qu'elle nous prend la tete avec ses humeurs, elle a ses règles ou quoi????? Nan, mais, elle est adorable, tres gentille, mais trop lunatique... C'est pas possible quoi jveux dire, elle trop imprévisible quoi, c'est fatiguant. mais bon là ca va mieux que la semaine dernière, gros coup de pression passé, en plus moi ca me bouffe dans ces cas-là aussi, j'avale tout et j'ai du mal à recracher. Euh, drôle d'image, mais bon c'est pas grave! donc je ne sais pas si je pars ou reste parce que cette fille m'influence à rester, mais vous comprenez, j'ai mes petites affaires à finir moi! Et puis, faut que je vous parle aussi de la dernière recrue qui m'a mise dans un état de nerf assez développé l'autre jour, parce qu'elle est à deux de tension et qu'elle me pose des questions absurdes, comme si j'étais la doyenne de la maison, jsais même plus ce quelle m'a demandée, mais bon, bref, vraiment pas important. Elle m'a quand même vraiment saoulée, à laisser tout traîner, à s'avachir sur la table et me regarder ranger les tiroirs, à s'approcher de moi, trop près, et regarder ce que je fais (même sensation que lorsque quelqu'un lit au dessus de l'épaule si vous voyez ce que jveux dire), à me parler pendant trois plombes et partir dans des digressions face à moi, m'endormant, et regrettant de lui avoir posée une simple question sur ses études d'histoire. je voulais juste m'intéresser, faire un effort... et ben je vous assure que je m'endormais, c'était horrible, je faisais tout pour garder mes yeux ouverts, mais sa voix et ce qu'elle me disait, me berçait plutôt qu'autre chose! Ah la la.... Enfin, en écrivant je me dit qu'il faut qu'elle arrive à me convaincre durement parce qu'en plus de tout ça, figurez-vous que depuis hier, la responsable adjointe est rentrée de vacances, et jvous dit pas le machin. Mais de toutes facons hier, drôle de journée, un psychopathe appelle a la boutique en demandant si on préfère les jarretelles ou les string!!!! morte de rire !!! il a appelé trois quatre fois, en nous harcelant et comme un con il n'avait pas masqué son number, alors on lui a dit "mon grand tu te calmes parce que nous on a ton numéro hein!!!" le crétin! Evidemment, il n'a plus rappelé. Je disais donc, l'adjointe m'a l'air pas mal dans son genre, un peu beauf, jdirais... jsuis méchante hein, j'ai passé juste un jour avec elle et déjà jl'ai cataloguée! mais bon hier elle me balance "j'aurais su..." j'ai failli lui répondre "j'aurais pas venu!!!" ou bien aussi, envoyant un lot en trop elle me dit "y'en a un que c'est pas pour nous". Ouuuuhhhh, ah que c'est Johnny en fait qui bosse avec moi!!! Je veux dire, ça commence mal quoi! Surtout quand le soir, jme suis retrouvée à regarder 100 000 dollars au soleil, avec des vrais dialogues comme dirait mon père, et des verbes conjugués correctement!!!!! En plus, elle est méga froide, elle se la pète, elle parle pas très bien aux clientes, et alors, je crois que je ne l'ai encore jamais vue sourire, sauf quand elle partait peut-être, dans une sorte de sentiment de délivrance alors. Enfin j'ai un peu l'impression que si je reste elle deviendra ma nouvelle cible!!!
Oué, en gros, je crois qu'il vaut mieux que je m'en aille!

Vous allez tous croire que je suis une terreur, on dirait que je déteste tout le monde, que je suis complètement associable !!! Je vous assure, jsuis gentille aussi!

Songe

L'inexpicable songe, qui me plaqua face à sa valeur, inconnue pour moi à l'instant, mais présente en moi, toujours, me bouleversant, me contrariant. Que veut-il dire, si sens il y a? Troublée, je ne peux m'empêcher de vivre en y pensant, à la mort, subite, à l'absence iréelle, qui me réveille en pleine nuit et me torture au matin, ce songe n'est plus songe, il est cauchemar, il m'a foudroyée, m'a brûlé le ventre...

mercredi, juillet 27, 2005

Je rêve (2)

Bon alors, pour vous évoquer un peu la suite des événements, après plus d'une semaine de travail, je suis limite au bord du gouffre, genre je vais bientôt tomber là, et donc je me dit "trouve une solution parce que bien sûr personne ne va te rattraper!!!". Nan parce que la nana bizarre avec ses cheveux qui volent, elle est malade, c'est une psychopathe, totalement inculte, qui ne sait pas faire deux phrases sans faire dix fautes de francais dedans; du genre "les coliques frénétiques ça fait trop mal!" Non mais je m'hallucine, comme dirait l'autre!! Et j'en ai d'autres!! Mais là tout de suite maintenant j'ai le cerveau en escargot, il a pas le temps de trouver les mots que je suis déjà en train de dormir!!! Bref, je me dis: " Mais comment je vais faire? je vais finir par la taper". Parce que bon, quand je lui demande de l'aide c'est tout juste si elle ne s'énerve pas, si elle ne soupire pas!!! Non mais attends ça va aller quoi! Je veux dire, la boutique est méga compliquée, jsuis pas certaine qu'elle se soit souvenue de tout dès le premier jour!!! Et quand je ne lui demande pas de l'aide, elle me regarde tout le temps, elle observe tout ce que je fais et me dit "il faut d'abord que tu regardes si on en a en reserve avant de les faire essayer à la cliente quoi!!! je veux dire, je dis ça pour toi quoi, parce que ça te fais moins de travail en même temps. Et puis pourquoi t'as laissé les parfums là? c'est quoi ça?" moi: "c'est pour ma cliente en cabine". J'ai envie de lui arracher ses cheveux qui volent, ça va jsuis pas novice non plus (et je n'en suis pas fière), elle va pas me prendre la tête et m'inspecter à longueur de temps! Très énervée contre elle, je commence vaguement à dire à l'une de mes collègues, discrètement, que je la trouve un peu lourdingue! Ouh la la, comme j'ai eu raison!! Elle me rétorque que bien sûr c'est une folle, une pauvre fille qui passe son temps à faire des conneries et qui se permet de reprendre tout le temps les autres! Tiens j'apprends que l'après-midi où elle m'a pris la tête sans cesse, elle a tapé 33,60 Euros le montant de la carte bleue au lieu de 336,OO Euros!!! ABSURDE! Je dis AAAAAAAAAAAAABSURDE! Laisse-moi tranquille vilaine! Je suis bien soulagée d'en avoir parlé et de savoir que je ne suis pas la seule à ressentir une sorte de hargne contre elle, ça m'évitera de me faire un ulcère toute seule dans mon coin. Juliette Binoche est finalement très sympa, celle de la veste encore plus (c'est elle qui me rassure en me disant que l'autre est folle et qu'elle sait pas taper un prix correctement), enfin bref, tout se passe bien avec les filles. Sauf l'autre, vous l'avez compris. L'autre, à qui je ne peux m'empêcher soudainement de faire la gueule parce que rien que de la voir j'ai envie de lui couper les cheveux, de lui écraser ses lunettes, bref de la briser un peu quoi! Je ne sais pas ce qu'il s'est passé, mais tout le monde m'a suivie, ou bien nous nous sommes toutes suivies!!! nous lui avons toute fait la gueule, si bien qu'elle s'est sentie très seule je pense, et a remis ses idées en place naturellement... Depuis, elle est tout a fait sympathique avec moi, vient m'aider avec plaisir lorsqu'elle voit que je suis en galère avec une cliente tarée. Oui parce que je ne vous ai pas parlé des clientes encore, mais là, vous allez voir, nous arrivons au pire de l'innacceptable. Déjà, elles sont toutes pressées, parce que bon, vous comprenez, elles n'ont pas que ça à faire, il faut quelles passent ensuite chez Chanel, Vuitton, Gucci, Lancôme, Yves St Laurent... Puis y'a le coiffeur, le déjeuner au Costes, le goûter à La Durée, bref, tout un programme... Donc il faut tout de suite comprendre ce qu'elles nous demandent, parce que, quand ce ne sont pas des russes qui nous parlent anglais avec un accent étrange, ce sont des italiennes qui parlent en italien et qui pensent que pour être engagé ici, il faut être quadrilingue, et que même si on leur dit "i dont speak italian" elles continuent à nous parler Italien! Donc dialogue de sourds, tant bien que mal, je cherche le produit qui pourrait convenir; elles ne me regardent pas dans les yeux parce que je n'en suis pas digne vous comprenez; elles vont fouillez dans les tiroirs, parce que, naturellement, elles sont ici chez elles; ne me croient pas quand je dis qu'il n'y a pas leur taille, parve que oui je suis une grosse menteuse, je n'ai que ça à faire; me demandent de vérifier, vérifient d'ailleurs elles-mêmes, me font tout déballer, veulent tout essayer, et me laissent la cabine dans un état abominable: Les cintres sont éparpillés par terre au milieu des maillots retournés, y'en à au moins 5-6, sans aucun respect pour le produit, ni pour moi... Je me retrouve à quatre pattes, je les prends du bout des doigts, après avoir fait le paquet très très vite pour madame et lui avoir servi à boire, bah oui c'est tellement fatiguant d'essayer des maillots!!! et donc je ramasse tous ces maillots et je les range comme un bonne petite que je suis ... jusqu'à la prochaine... c'est ça le luxe!!

Rouge vif

S'arracher le coeur et le percer de ce pic à glace resté pendant 10 ans, figé dans le congélateur. Il gicle de son sang trop longtemps rester intact, ayant cessé de battre, ne vivant plus... Il reprend sa place, sa chair dépasse, il palpite péniblement désormais, son rythme est saccadé, contracté, je le vois difficilement onduler sous la peau et c'est tout salement rassasié qu'il redécouvre la vie, comme avant. Mais que la vie lui semble morose. Le chagrin qui l'a emporté pendant tout ce temps le ramène à cet état de somnolence qui ne lui permet plus de s'épanouir comme alors.
Sinistre âme que celle qui l'attache au ciel, duquel il veut descendre, pour respirer pleinement le bon air du bonheur, mais il est comme aimanté vers l'infini, l'au-delà, il lui semble que l'enfer est proche, il ne le mérite pas. Il ne mérite pas de perdre de ce qui le fait vivre, il se consume et se vide de son essence. Son essence est rouge... Rouge comme la fièvre , rouge comme comme la robe de celle qu'il empêche de vivre, rouge comme le feu, la braise, le vin, rouge comme ses lèvres, sa bague, ses larmes, rouge comme le sang. Le liquide coule en morceaux, en cailloux, parce que trop longtemps endormi, il a séché. Et il ne desséchera que lorsqu'il pourra rebattre comme la première et dernière fois qu'il en a eu la jouissance.
Je lui laisse le temps, sachant que le temps est précieux, et qu'il angoisse, mais sa patience le rendra plus fort, plus accompli, affirmé, adulte, il sera d'autant plus heureux lorsque cela lui arrivera, je crois en lui, j'ai confiance en lui... Il bât déjà un peu plus, là...

lundi, juillet 25, 2005

J'ai peur

Les amis j'ai peur là, quand je vois ce qu'il se passe autour de moi, enfin pas vraiment autour, mais plutôt à l'horizon... Je veux dire; comment vivre sereinement quand j'entends que tous les jours ça pète? Moi j'ai peur, vous comprenez! Le 7 juillet, jour des attentats de Londres, j'ai pris l'avion pour aller à... Toulouse, oui ça va, pas trop de risques je sais, mais bon, souvenons-nous tout de même de la prise d'otages sur l'avion qui a dû atterrir de force à Marseilles-Marignanne jsais plus en quelle année, en 1994 je crois. Peu importe. Mais alors, déjà que j'ai la peur équatoriale quand je prends l'avion, je me dis qu'ils ont peut-être oublié de mettre de l'essence, ou qu'une aile va se casser, ou encore que le moteur est obsolète et qu'il va exploser, bah là j'ai encore plus peur, j'ai les mains moites, jprends un quart de lexomil quand je rentre dans l'engin, jprends 10 revues que je feuillète sans vraiment regarder, ce qui me donne l'impression de penser à autre chose, et j'attends qu'une chose c'est d'être arrivée alors qu'on n'a même pas encore bougé et que tout le monde n'est pas assis, ni même entré. Non, parce qu'en plus l'été dernier, quand je suis allée en Pologne, deux avions Russes se sont écrasés le jour où j'ai pris l'avion! ca faisait bien 3 ans que je ne l'avais pas pris et j'étais déjà bien anxieuse, parce que la dernière fois que j'ai atterri c'était le 11 sept 01. Oui, tout à fait! Ce jour-là, après avoir tranquillement défait mes bagages, revenant toute belle de vacances, de Bali précisément, je vais rejoindre un ami et j'apprends que des avions se sont écrasés sur les tours! Quelles tours? Hein? Les tours du World Trade Center... Nan, pas possible, c'est impossible! Absurde! et pourtant si. Le soir je vois aux infos ce que le monde entier a vu toute la journée. Je suis effrayée, inquiète, et je ne suis pas la seule bien sûr, la France ayant déjà été touchée. J'ai peur, parce que je prends le métro tous les jours, parce que je vais souvent dans des endroits publics, parce que la France être ENCORE touchée. Je pense à une partie de ma famille qui est là-bas sur place, et à une amie qui est partie y vivre pour quelques mois. Je flippe "pourvu qu'il ne leur soit rien arrivé"... J'ai des nouvelles, tout va bien, je suis rassurée, mais bon jsuis pas prête de prendre l'avion! Enfin bref, de mon voyage à Bali, je garde le souvenir d'un lieu où nous allions danser et pouf un an après, je le vois ravagé par une bombe. Nan mais c'est encore et toujours pas possible ! Quelle horreur! Je regarde ces images que je veux pas garder en tête, j'éteinds la télé. Décidément les journalistes n'ont peur de rien, et sont prêts à tout pour rapporter le plus d'images, les meilleures, les plus horribles, je trouve ça vraiment glauque.
Quand je vois ce qu'il se passe, quand je pense à tout ça, je me dis "soyons vigilent, soyons prudent", mais bon je ne peux tout de même pas m'empêcher de vivre, de respirer, en me disant "ne t'habille pas trop chaudement parce que sinon tu vas te faire tuer par des flics londonniens complètement paranos!" En même temps, jsuis une fille, donc les chances sont moins élevées d'être soupconnées mais bon tout part en live là. Je vais pas rester enfermer chez moi et devenir agoraphobe ! Je vois aussi qu'on nous cache beaucoup de choses, je ne sais pas si c'est pour nous préserver, ne pas nous effrayer ou si c'est pour nous faire croire ce qu'on veut bien nous faire croire... Je me pose beaucoup de questions, mais surtout j'ai peur!

mercredi, juillet 20, 2005

Je rêve

Non mais je rêve là c'est pas possible!!! Bon, j'ai quitté mon travail. J'en ai trouvé un autre.. mais quel horreur !!!! Je me retrouve dans une société de gens assez étranges. Elles (car ce sont des filles oui, et pas les moindres je peux vous le dire, vous les verriez.... des vrais clichés!) sont toutes là à se plaindre, à faire la gueule dès le matin, à ne pas décrocher un sourire en arrivant, ni en partant, ni même de la journée. Jveux dire, ça va pas les constiper de sourire un peu quoi! Bon bref, en arrivant j'avais la peur, parce que déjà bonjour l'ambiance de merde! Je vais demander à l'une d'entre elle ma veste, parce que oui jvous ai pas dit mais jsuis en costume, bon c'est moi qui le porte le mieux de nous toutes, elles sont toutes à moitié bossu, eh oui à leur âge (le même que le mien, sauf qu'y en a une qui a 30 ans, je précise, parce que NON je n'ai pas encore 30 ans s'il vous plait!!!!!!), et je sens que ça l'a fait chier; "excuse moi d'être là" j'ai envie de lui dire, mais bon jme retiens je prends sur moi, je sais que je ne vais pas faire long feu ici. Y'en a une autre qui m'explique un peu le fonctionnement, je ne comprends rien bien sûr, d'une part, parce que c'est over compliqué, y'a des chiffres partout qui changent selon les pays c'est horrible, et ça me fait chier de comprendre, d'autre part je m'en fous, et d'une autre part encore, c'est nul ici j'ai pas envie de savoir si je sais que je vais partir très très vite de cet endroit immonde, surfait, oui parce que la boutique a été refaite il y a un an pour ressembler à toutes celles qui sont à côté; "c'est le quartier italien de la rue" m'a-t'on dit!!! Ouais, bah c'est ça, la boutique elle n'a plus aucune âme! bref, j'ai qu'une envie c'est d'aller me coucher, je me demande ce que je fous là, avec cette fille qui s'est mis du rouge à lèvres rouge alors que ça ne lui va pas du tout, qui a une espèce de coupe à la toni ang guy qui lui va encore moins, avec des mêches de toutes les couleurs là jaune oranges marrons, c'est bizarre, berk c'est laid, et qui a 30 ans et parait plus que ma mère!Alors la journée se déroule tranquillement, j'ai mal au dos, j'ai mal au pied, y'en a une qui me prend pour une conne quand je lui demande certains produits, bah oui jpeux pas tout retenir en deux secondes!!! Elle a l'air tellement blazée cette pauvre fille! Moi j'ai qu'une envie, c'est de lui foutre ma main dans sa gueule (jsuis vulgaire, tant mieux!!!), elle s'est prise pour juliette binoche, oui elle lui ressemble, mais bon pour l'instant elle est vendeuse et pas oscarisée!! Je discute avec l'autre et son rouge à lèvre rouge; ses cheveux sont vraiment bizarres, ils volent, jsais pas pourquoi c'est assez étonnant, c'est moche quoi, elle me dit qu'elle a dormi les cheveux attachés c'est pour ça, moi je trouve ça plutôt étrange, mais bon passons, elle dégueule sur la société, me dit en gros que c'est tous des chiens, que c'est mal payé... Bon elle m'ouvre les yeux en même temps, c'est bien ça ! Je comprends alors que tout est bon pour que je m'en aille... Je lui dit que j'écris, elle me dit "c'est bien ça, moi aussi jvoudrais écrire, mais bon je sais pas j'y arrive pas!!!" ooh la la mais la pauvre fille, comment elle me dit ça! y'en a une autre avec qui je discute, alors elle, elle est plutôt gentille, c'est celle de la veste au début, bon là elle est cool, elle m'annonce assez rapidement qu'elle est enceinte, alors là je rêve, jme dis que définitivement autour de moi y'a encore et toujours que des poules, c'est pas possible! La nana, jla connais à peine, elle est déjà enceinte! Tant mieux pour elle, elle a l'air d'être contente... Mais bon c'est un secret, genre personne n'est au courant, à part MOI!!! et une autre je crois! C'est pas possible, j'ai déjà la pression du secret alors que ça fait deux heures que je suis là!!! Faut que je m'en aille, trop de soucis m'attendent, les nanas se détestent toutes ou quoi???? je sais pas et je veux pas savoir... HEUREUSEMENT, je reçois un appel le midi, un appel du ciel! un autre boulot!!! MERCI!

Je l'ai vue

Je l'ai vue arriver, vue, de mes yeux fermés, doucement, sûrement. Elle prenait de la place, elle était magnifique, elle m'a éblouie. Une révélation, un cadeau. Cette magie, la vie nous l'offre inopinément, ce qui rend le moment divin et quasi irracontable, inébranlable. Quiconque l'ayant vécu peut comprendre cet effet qui transcende l'être jusqu'à le soulever et l'amener dans l'au-delà. Cet au-delà que finalement chacun se fabrique, car il n'est peut-être question que de cela. Comment définir concrètement ce qui est impalpable, ce qui nous échappe? L'imagination est une force extérieure à notre volonté, bien que présente et caractérielle, on ne peut contrôler encore une telle puissance. La foi est une fidélité que chacun s'impose à soi-même; est-elle en harmonie, correspond-elle vraiment à ce que l'on espère d'elle? Ma fidélité, je crois l'avoir trouvée, mais elle est encore trouble, tant d'images, de souvenirs se bousculent, comment aller au bout de ce long cheminement qu'est la pensée? Impossible de percevoir où sont les limites. Impossible de répondre encore à toutes ces questions, car le chemin est encore long, il est a peine ébauché. Et déjà il est épuisant, car en comprenant tout cela, le cerveau fûme et s'arrache sa propre essence, pour aller plus vite, pour plonger encore plus profondément dans son intérieur et le comprendre davantage. C'est un chemin, tellement passionnant, sans fin, infini, une recherche, sa recherche, la mienne, la leur, la tienne. Elle vaut d'être vécue. Elle vaut d'être apprise, comprise, pour longtemps. LA VIE...

dimanche, juillet 17, 2005

A l'ombre de moi-même

Elle me suit, me poursuit, peut-être me guide, mais elle m'étouffe aussi, elle sait tout, devine tout, voit tout. Je ne peux pas l'attraper, car elle m'arrache mon image et, teigneuse qu'elle est, me la vole, et en fait ce qu'elle en veut. Je ne suis plus moi, je suis ce qu'elle regrette ne pas être. Vivante, réelle, concrète. Insoupçonnable, elle se sert de ses dons pour me réduire à néant, afin d'être plus belle, puisque vue de personne, et donc insensible aux âmes vivantes, elle est libre de se fabriquer son image. Ces autres qui sont comme elle ont peut-être la même aigreur, la même envie de salir, de projeter faussement, de grossir, de salir. Je ne les connais pas et je ne veux pas les connaître. Je veux me reconnaître en ceux qui vivent la même souffrance que moi, la même lutte. Je veux respirer tranquillement, sans me sentir juger ou happer de toute mon énergie. Mais cette monstrueuse cible, je ne peux pas la toucher, ni la détruire, elle trop abstraite, et pourtant elle est en moi, avec moi, pour toujours, elle me suivra, me poursuivra, me guidera, peut-être, et m'étouffera, mais ne sera jamais ce que je suis; vrai, sensible, humaine, réelle... Tu n'es que mon ombre et ne te fourvois pas dans ce mensonge, ton mensonge, que tu te persuades être vrai. Cherche quelqu'un d'autre à salir, ce n'est pas en jettant de ton venin que tu existeras.

samedi, juillet 02, 2005

A pas lent (4)

Il craint de commettre l'irréparable... Il arrive devant la boutique. Elle est là, seule, assise derrière le comptoir qui supporte une caisse et des disques en étalage. Elle semble s’ennuyer. Il est 11h. Depuis plus de deux heures, il erre dans les rues de paris. Il s’est même assis au Balzac, café de la rue des écoles, situé non loin. Il a essayé de lire son journal, en vain. Impossible pour lui de se concentrer, angoissé, il ne pense qu'à elle, il sait qu'il va aller la voir tout a l’heure, qu'il va lui parler. Enfin s'il y arrive. Comment l'aborder, sans risquer de déplaire, sans risquer le ridicule? Elle ne sait pas qui il est, ne sait pas que la parure vient de lui. Elle ne la porte pas aujourd'hui. Il entre. -"Bonjour." -"Bonjour." Il se dirige vers les disques, mais ne sait même pas ce qu'il y a ici, ne s'étant même pas donné la peine d'essayer de voir à travers la vitre ce qu'elle vend. Il s'était toujours contenté de simplement la regarder. Ce qui lui suffisait amplement! Il le regrette un peu maintenant, car il se retrouve un peu perdu... Il n'a pas pu imagnier avant de venir ce qu'il aurait pu faire semblant de chercher, afin de la questionner, d'entamer une conversation. Il va devoir improviser. Mais il remarque assez vite qu'il n'y a que des vinyles, le jazz étant sa passion, il doit y en avoir... il cherche... eh oui, il trouve le rayon. Il sent le regard insistant de la jeune femme sur lui. Pour la première fois c'est elle qui le regarde, qui l'observe, les rôles sont inversés. Seulement les raisons ne sont pas les mêmes. Il la regarde à son tour. Ca y est, il a son regard pour lui tout seul, ce regard tant attendu. Mais l'échange ne semble pas réciproquement apprécié. Il a le sentiment de la déranger. Il a peur. Comment l'aborder? Elle est si froide. -"Je peux vous aider, Monsieur?" -"Oui, euh... (Il ne sent plus ses jambes) Bon, en fait... voilà... je cherche un disque vinyle de Stan Getz..." -"Oui. Lequel?" Toujours aussi froide, aucun sourire ne touche son visage. -"Celui... vous savez... avec Charlie Byrd." -"Oui, oui, je vois. Eh bien non écoutez, je ne l'ai pas là. On l'a vendu la semaine dernière. mais n'hésitez pas à revenir, on le reçoit régulièrement." -"Très bien..." -"Autre chose?" -"Euh... Non, merci." -"Je vous en prie." Il se dirige vers la porte. Mais retourne vers elle. -"Excusez-moi..." -"Oui?" -"Je me permettrais juste d'ajouter quelque chose avant de partir. Je ne vous connais pas. Je vois que je vous dérange lorsque je rentre dans votre boutique. Vous n'avez qu'une seule envie, c'est que je m'en aille. Je ne crois pas que votre patron serait par ailleurs ravi de l'entendre, mais peu importe... je... je tenais simplement à vous dire que, malgré moi, depuis que je suis entré, je veux vous dire à quel point je vous trouve belle. Le mot est faible. Et que si vous laissiez échapper un sourire, ne serait-ce qu'un soupçon, vous le seriez davantage... Pardonnez mon audace, pardonnez peut-être ma franchise, mais lorsque je vois une jeune femme comme vous manquer de montrer ce qu'il y de plus beau en elle, je ne peux m'empêcher de le lui rappeler. Je vous trouve maintenant sans voix, cela signifie que je vous ai touchée..."
Comment a-t'il fait? Il ne le sait pas lui même. Il la regarde, lui sourit, elle ne réagit toujours pas. Sur ce, il la salue de la tête, et sort. A ce moment "Attendez!" l'arrête sur le trottoir. Elle l'attrape, le sert fort dans ses bras. "Merci..." lui dit-elle la voix tremblante. Ils restent ainsi, quelques instants. Elle se dégage, ne le regarde pas, et retourne s'asseoir à son comptoir. Là elle lève les yeux, tristes, coulant de larmes, derrière la vitre, ils se regardent, il marche, il s'en va, il ne peut pas y retourner, il a lui même envie de pleurer, ce qu'il ressent lui échappe, et le mur les sépare, il ne la voit plus, elle est seul, il est seul, il l'a faite pleurer, mais elle l'a remercié...

mardi, juin 28, 2005

Etouffer

Rien n'arrive à temps, les murs se referment, m'empêchent de resprirer. Ce silence est pesant, si difficile à porter dans ce lieu si abstrait qu'est le coeur. Il bât et feint de faillir au moindre malentendu; il étouffe, ne gonfle plus. Il attend la voix, celle qui le sauvera, qui l'enlèvera de ce tourment, imprégné en lui depuis trop de temps. Sa chair est à vif, puisque c'est dans cet état que je le laisse battre. Il entend le trombone qui résonne à l'instant et qui tentera de le délier de ce sentiment. Les murs sont de plus en plus proches, impossible de voir plus loin, assez loin. L'au-delà s'approche, il se noit de ces pensées, toutes aussi complexes, agaçantes, enivrantes, rarement suaves. Elles sont en moi parce que je ne suis pas assez forte pour m'en épargner, j'ai la volonté, mais mon inconscient s'égare du bon sens et laisse place aux images. je ne lui en veux pas, c'est normal. Tu me manques, parce que tu n'existes plus, réellement. Tu es là, tout le monde te voit, je te vois, je suis envoutée... Par ton âme, ton regard, ta présence, ton aura. Et pourtant, je ne suis pas sûre que ce temps en vaut la peine. Tu ne me vois pas toi, mais tu me devines. Mes traits, tu les connais, tu les reconnaîtrais parmis mille. Je le sais. Quelles sont tes angoisses? Je les entends, je sais qu'elles existent, mais je ne les comprends pas, je ne les connais pas, car tu ne les partages pas. En tout cas, pas avec moi. Sûrement parce que je n'en vaux pas la peine, n'est-ce pas? Je ne suis pas comme les autres. Pourquoi ce silence, pourquoi ce mystère? Les murs ne me laissent maintenant plus la place de respirer, de voir une quelconque ombre qui me libérera de ces incendies qui ont enflammés mon coeur... Je m'enfonce dans un delirium tremens et je n'ai plus aucune tendresse pour les prochaines sèves.

jeudi, juin 23, 2005

La lune

Elle est pleine cette nuit, elle est jaunie, comme le foi de son âme pleurante.
Reflétante sur ce sable gonflé par les vagues.
La mer l'illumine et la grossit.
C'est aussi sur elle qu'elle renvoie sa lumière.
Car elle est belle cette nuit, comme le visage de celle qu'il aime.
Elle jaunit ce visage.
Les draps sont imprégnés de cette couleur glauque, couleur qui représente la nausée.
C'est ainsi qu'il se sent cette nuit...
Elle prend trop de place la lune cette nuit.
Il fûme sa cigarette, mais le bout consumant le lui rappelle.
Cette présence jaunâtre le gêne, même le bruit de l'eau sur le sable s'évanouit face à sa force apparente.
Il n'entend rien.
Plus rien.
Il écrase sa cigarette, regarde le mégot jaune, son corps jaune, elle, toute jaune aussi et, à travers les rideaux, le sable jaune.
Il ferme les yeux et la voit encore...
A travers elle, il voit son visage, portant la couleur de son mal-être.

samedi, juin 18, 2005

Eux deux

Ils n'auraient jamais dû se rencontrer et pourtant, ce soir là, c'est lui qu'elle a failli renverser. Elle ne va pas bien, porte un secret lourd de tragédie; elle est malheureuse, celui qu'elle aime est mort il y a un an. Noyé. Maladroitement. Elle se ruine au travail, elle est infirmière, rentre à des heures infernales, se gave de pillule, qui soit-disant sont là pour lui faire du bien, mais dont elle ne peut plus se passer. Ce soir-là, pour faire le constat, ils se sont installés à la table d'un café où elle vient tous les matins. Il est allé commander un scotch au bar. En revenant, elle s'est endormie. Il ne peut pas la laisser là,elle est tellement belle. Il est bien. Il laisse le scotch couler lentement dans sa gorge, la regardant dormir. Quand elle se réveille au matin, il est toujours là, épuisé, il a fumé toutes ses cigarettes. Elle ne s'est même pas rendue compte qu'elle s'était endormie, elle en est gênée, puis très vite, une sorte de naturel s'installe entre eux et elle commande un petit déjeuner. Ils se quittent ensuite, très simplement, mais il ne peut s'empêcher de lui dire qu'il veut la revoir; elle n'est pas certaine que ce soit une bonne idée.
Pourtant elle accepte son invitation à dîner. Avec deux de ses amis. Un homme et un femme. Cet homme lui déplaît fortement et ne se cache pas pour lui dire lorsqu'ils se retrouvent seuls ensemble : -"il est con et prétentieux, c'est un minable" -"Ah!bon?" -"Quoi?" -"Je l'aime beaucoup, alors si vous vous estimez au-dessus de lui, ça veut dire que vous êtes au dessus de mes moyens... Dommage parce que vous m'aviez drôlement fait rêver." Sur ces mots, il part. Lui qui lui courrait après depuis leur rencontre lui tient rigueur de ce jugement dont elle s'est permise. Elle est assez surprise et regrette déjà. Elle rentre chez elle, mais pense à lui. Elle retourne au restaurant, ne sachant pas vraiment pourquoi... demande à payer l'addition, et c'est alors que la dame lui rend en échange le chèque avec lequel il a payé. Là, elle lit son adresse. C'est ainsi qu'elle se rend chez lui, qu'ils retrouvent et que commence leur histoire.
Une histoire passionnée, déchirante, car elle n'arrive pas à être vraiment entière à lui, il va trop vite. Elle ne peut pas encore aller si loin. Il ne comprend pas toujours, et lorsqu'elle lui raconte son histoire, il a peur. Peur de ne pas être à la hauteur de ce fantôme. Il le sent en elle, en devient jaloux. Il devient fou. Ils s'aiment, mais se détruisent. Elle est pourtant prête à tout pour le prouve. Elle l'aime assez pour le chercher toute la nuit lorsqu'il disparait, pour le faire vomir quand il a trop bu.
Un jour s'en est trop, ils se séparent. Alors elle part, prend le train pour une autre ville. Cette ville qu'il n'aime pas. Sans le prévenir. Il ne semblait plus être là pour elle, ne répondait même plus à ses appels.
Il apprend qu'elle est parti, cours comme un fou à la gare, il est trop tard, il n'y a plus de train, il doit attendre le lendemain matin.
Il va rester sur le quai toute la nuit. Il la cherche, la retrouve, lui parle, la prend dans ses bras, l'aime, s'excuse, lui pardonne... Toute la nuit, et le lendemain il arrivera dans cette grande ville qu'il a toujours fui. Mais il le fait parce qu'il l'aime.