samedi, septembre 30, 2006

Las

Mademoiselle a eu raison de s'inquiéter
Puisque sa volonté n'a pas pu s'affirmer
Alors elle hurle de ne pas avoir crié
Décharnée au plus profond de sa chair usée

Aucun son ne sort
Malgré les efforts

Si bien que tout doucement viennent s'enivrer
Autour de ses rondes pupilles dilatées
Un nuage de pluie, une vague de larmes
Naufragée, endormie, engloutie, las, sans arme

mardi, septembre 26, 2006

Pas de coincidence

S'il n'est pas de hasard, l'intuition qui vient à moi me demander d'agir et de prendre le risque, je l'écoute. Les yeux fermés pendant tout ce temps m'ont donné l'ivresse du désespoir. Fermée, dure, froide, à cause d'un choc... Il m'avait aveuglée. Il m'avait détruite. Je les ai tous détestés, tous jugés. Tous les mêmes!!! Ils sont devenus invisibles, je passais au travers de regards, au travers de visages sans comprendre, sans vouloir comprendre, sans chercher à comprendre. J'étais salie, meurtrie, désespérée.
Ce n'est pas un hasard, puisque je m'y retrouve, un casque sur les oreilles, le bouton au maximum, la musique entre en moi et me guide, j'écoute. Les paroles. Pour une fois. Elles ressortent de la mélodies pour venir s'immiscer en moi, s'incruster dans mes tripes et venir couler dans mon sang, se mélanger avec ma sève, dans mon corps... Se réfugier au milieu, chez le maitre. Mon coeur. Je suis enivrée.
Alors j'ai ouvert les yeux, et j'ai regardé. Guérie, en vie, oui, la fin de l'été.
Je suis éveillée. J'ai confiance, je me sens confiante, et je m'aperçois que je ne prends pas de risque, même si j'ai peur. Alors j'y vais, je fonce, et j'oublie. J'oublie le passé, j'oublie le reste, les autres, le chemin, les pièges.
Je suis fière.
Je sais qu'il n'y a pas de coïncidence. Je suis libre. Nous sommes libres.
Si le destin existe, si quelqu'un décide pour moi, je le remercie.
J'ai cru que j'avais été l'institutrice de mon acte....

Unique

Enfant seule, si indépedante et oisive
Ne pense pas souffrir de cette solitude
Elle s'envole, plane, plonge dans la rive
Qui semblerait l'amener vers la plénitude

Le partage, l'échange, le regard... et si
Quelqu'un voyait, si quelqu'un lui prenait la main
Sans laisser tomber au sol des ongles défréchis
Trop longtemps gardés sur un pouce humide et fin

Son seul ami, son seul compagnon, c'est à lui
Qu'elle a offert ses services et sa tendresse.
Maintenant il souffre. Arraché et rougi...
Mort, éteint, il ne peut plus lui donner l'ivresse.

Elle est unique, et le restera,
Son meilleur ami ne sera plus là.
Et le foetus déchu a tout gaché
Malgré lui, certes, il n'a rien demandé...

Ni à vivre, ni à mourir
Ni à battre, ni à sortir
Violemment d'un ventre creux
Maigre, décharné, et osseux.

Unique, je suis.
Je t'écoute.
Je ne peux pas t'attendre, ni t'espérer.
Alors je t'écoute.