mardi, janvier 31, 2006

Carnivore

Au diable les avares de sang... J'aime. Rouge... Noir... Comme un vampire je te trancherai la gorge pour avaler ton souffle. Celui que tu ne me donnes pas... celui que tu m'as retiré plutôt. Salaud. Longue, longue est ma chute à travers la rivière de ce sang giclant de toi. Je le vois dégouliner entre les marches, entre les étages, telle une longue nuée rougeâtre... Même s'il dégueule goutte par goutte, j'le rattrape. J'me purifie avec. Comme les autres, tu m'as lynchée, tu m'as volé mon âme, pour la peine jte vole ton liquide. Il la rafraichira mon âme et en fera une plus belle, tu verras... A mon tour, je m'enfonce un couteau dans le coeur pour que le jus éclate sur ta gueule aussi violemment que possible. Piano. Piano. Attention. Jte donne mon sang. Oui. Et jle lècherai plus tard, parce que je ne peux pas te donner un seul morceau de moi, une seule goutte. J'veux juste me laver j'te dis! Tu te souviens de Hannibal. Il parait qu'il pouvait bouffer la gueule de n'importe qui. Je me rends compte là tout de suite que moi aussi je pourrais bouffer... Mais ta gueule à toi seulement! Tiens, et si on mélangeait nos deux sangs? Pour ne faire qu'un. Pour le laisser couler le long de nos dos, j'adooooore.... Ce goût. Ce fer. Je jouis rien que d'y penser. J'en meurs. Jte le crache. Après on danse. OK? Dos à dos. Sang contre sang.
Je deviens carnivore... Je ne sais plus ce qu'est le poisson. J'oublie son odeur. Pourtant je ne mangeais que ça avant. Jamais de viande. Maintenant, j'ai le nez injecté de sang. Rempli de lui, caché dans mes narines, il me salit.
Jme dégoute. Ce n'est pas moi. Ce n'est plus moi.

dimanche, janvier 29, 2006

Brouhaha

Rien que du bruit.
Beaucoup de fûmée.
Des yeux dans le vague.
Un verre de vin.
Très peu servi.
Resservi.
Deneuve est moche!
Elle vieillit mal.
Passy, Montaigne.
Poisson, Poulet?
Riz ou nouilles??? Putain c'que les Nouilles sont bonnes!!!
Que des gays!!! Au mieux des bi!!!!
et tout le monde rit.
Alcoolique et grosse.
Taille 3, oui forcément!
Monsieur ou madame? Peut-être Il ou Elle? Un transsssss comme on dit.
Arabe, malienne, malgache, chinoise....
Tennis ou Badminton???
Putain, mais qu'est-ce que jfous là???

Non, pas une musique harmonieuse...
La fûmée pleins les poumons lui rappelle quelqu'un...
Ses yeux s'ennuient et préfèreraient voir autre chose...
Mais, après plusieurs verres de vin,
Assez servis,
Rouge sur Blanc.
Elle assure...
Deneuve vieillit comme elle peut...
A Saint Sulpice, elle préfère.
Poisson oui!
Avec des nouilles sautées!!!
Tellement différente. Tellement loin.
Et elle fait semblant de rire.
Elle a des gros seins oui c'est vrai!
Mais non, pourtant c'est taille 2!
Madame il faut dire. Monsieur est devenu Madame. On peut dire aussi ielle si on veut!
Polonaise aussi??? Ca alors!
Ah non pas de sport, mais en fait beaucoup de spasmophylie.
En même temps j'ai choisi d'être là...

Peut-être qu'elle pourra un jour lui dire.
Un jour remercier. Montrer. Prouver.
C'est ce qui a le plus marqué sa journée et ce qui compte réellement pour elle. Tout ce qui contruit cette montagne de seuvrage. Tout ce qui développe son pouvoir, sa sensibilité.

Merci.

Elle aurait aimé

Elle aurait aimé...
Avoir quelqu'un à qui se confier, quelqu'un à qui parler, à qui donner, à qui offrir. Quelqu'un avec qui dormir. Quelqu'un à protéger. Une partenaire, un partenaire. Un égal. De même racine, de même sang. Avoir les mêmes yeux, ou peut-être les mêmes mains. La même couleur de peau, la même forme des lèvres, ou des yeux. Etre énervé pour les mêmes choses, les mêmes réflexions... Ne pas être seul face aux crises, disputes, séparations. Pour enfin, aimer les mêmes personnes, les mêmes adultes... Les mêmes parents.
Il n'en est rien.
Elle est seule.
Alors elle s'est inventée une vie. Elle s'est donnée des partenaires, les fameux, ceux qui pourraient remplacer celui ou celle qu'elle n'a pas pu avoir. Imaginaires ou réels, elle en a connu plusieurs. Dans sa chambre, petite, elle parlait toujours à l'un deux. A l'école, en classe, elle avait toujours une soeur de coeur, avec laquelle ses rapports ne pouvaient être autrement que passionnels.
Puis le jour est venu où elle a menti et trahi... Elle a fait comme si... Comme si un de ses personnages imaginaires existait vraiment. Elle a fait croire que... Elle n'aurait jamais cru être capable d'aller aussi loin, mais elle voulait être comme tout le monde.
Elle aurait aimé avoir un frère ou une soeur. Elle n'en a pas eu. Elle aurait aimé jouer avec quelqu'un, prêter sa barbie ou voler une voiture. Une miniature en fer. Bleue, verte, rouge. Celle de son frère. Celui qui n'existe pas. Elle aurait aimé coiffer une petite pelluche vivante. Blonde, brune, rousse, bouclée. La chevelure de sa soeur. Celle qui n'existe pas.
Elle est seule.
Alors "pour faire genre", comme on dit, elle a fait comme si... Lorsque l'âge des nouvelles rencontres est arrivé, lorsqu'elle est rentrée dans le grand bain de la vie, presqu'adulte, et qu'elle a rencontré diverses personnes, toutes ignorantes de sa vraie vie, elle leur a dit qu'une soeur avait suivie sa route. C'était faux. Jalouse, malheureuse, perdue, elle s'est confondue dans ses propres mensonges, honteuse et ridicule le soir en rentrant chez elle, elle se frappe la tête contre la vitre, elle se juge, elle se déteste... se méprise.
Pourquoi vivre à travers un mensonge aussi ridicule? Une fois qu'il est né, il n'est plus possible de l'effacer. Impossible de revenir en arrière.
A ce jour, elle ne sait même plus ce qu'il en est, elle ne connait même plus les histoires inventées, les mélanges, les fourberies cachées. Oui, il s'agit de fourberie, car mademoiselle est fourbe, et aujourd'hui, elle se sent sale, mauvaise. POURQUOI?
Elle a perdu son frère ou sa petite soeur, elle a perdu un compagnon, ce bébé qui devait pousser dans le ventre de sa maman, il n'a pas eu le temps de respirer, de prendre l'air... Il n'a pas pu EXISTER. Il fallait qu'elle trouve le moyen de le faire vivre malgré tout, non?

dimanche, janvier 22, 2006

Ritournelle

Brûlé, il est brûlé à vif, et l'a brûlée au passage. Elle a morflé de l'intérieur, mais se relève toute seule. Comme une grande. Elle a fait ce qu'elle a pu. Elle n'a pas eu le choix. Oui, parce qu'elle n'est pas un pansemant qu'on jette tous les jours dans une poubelle. Elle le déteste, au point de renier tous les moments, de les oublier, de faire comme si tout cela n'avait pas existé... Mais ta souffrance je l'emmerde et toi aussi. Il lui dit avoir fait des efforts, mais elle en a fait dix fois plus. Il ne s'en rend même pas compte. Il s'est servi d'elle, sans tenir compte de sa fragilité, de ses faiblesses. Ton agressivité je la vomis, je te la rends, garde-la pour une pauvre fille qui prendra ma place... demain soir. Car, je sais que je ne suis pas inoubliable, sinon tu ne m'aurais pas traitée comme ça.
Il l'a brûlée oui, comme il a brûlé son corps. Il se déchire de l'intérieur et s'arrache la peau de ses souffrances, sans tenir compte de celle qui observe, de celle qui l'accompagne pendant ce trajet douloureux et prenant. Il est d'un égoïsme sans pareil, dit qu'il en est conscient, mais ne fait pas le moindre effort pour changer. Alors elle suit le guide, souffre aussi, pleure dès qu'elle le quitte. Et pourtant elle voudrait être sa ritournelle, autant que cet air de musique l'est lors de leurs ébats. Elle voudrait lui dire qu'elle l'aime mais sent que ce n'est pas une bonne idée. Elle se tait. Elle a raison. Elle voudrait arracher son coeur et le lui offrir, pour qu'il cesse de lui faire du mal, pour qu'il comprenne combien ce temps perdu leur coûte et creuse un doute. Avant de creuser la distance. Elle maigrit, fume comme un pompier. Elle est fatiguée, pleure, boit, elle ne pense qu'à lui. Elle oublie les gens qui l'entoure. Elle perd le contrôle tout en le gardant. Elle ne sait plus qui elle est. Et tout ça en très peu de temps. Qui est-il pour avoir cette emprise? Il parle d'argent, parle de lui sans cesse. Il brise toutes ses espérances, lui casse le moral dès qu'il peut. Sans oublier que pour l'instant, une seule chose l'inquiète: comment va-t-il s'habiller pour sortir ce soir? putain!!!! Alors que tu pourrais lui faire l'amour, espèce de con. Elle n'attend que ça. Toi, lui, elle, vous! Elle est venu te rejoindre dans ce taudis pour quoi?? Elle te veut! Elle veut être avec toi, même si ça empeste le riz trop cuit, même si c'est sale, même si elle déteste cette chambre et cet appart, cette ambiance glauque, humide et malsaine. Du coup, elle plaint celle qui prendra sa place dans ce lit qui pue, qui transpqire l'amour sale, qui transpire de cet amour inavoué, ou mensongé peut-etre. Il la regarde. Il l'aime, elle le sait, elle le sent, et pourtant il ne le lui dira pas. Son regard le trompe, mais il est tellement mal qu'il ne s'en rend pas compte. Et aujourd'hui il se prend une claque comme rarement il a dû s'en prendre. J'espère qu'il le regrettera toute sa vie, parce que sa merde il n'a pas le droit de la faire bouffer à quiconque.
Son scooter, ses yeux, son dos, il se brise le corps, avant de se briser l'âme, il n'a plus de respect pour ce qui fait de lui un être.
Je crois que c'est dommage.
Arracher cette âme, et pourtant le suivre pendant tout ce temps, au lieu de le fuir, au lieu de se protéger; avant de se libérer, car durant des jours et des jours elle a tenté d'y échapper, de se défaire de ses branches trop lourdes, trop blessantes. Combien de fois s'est-elle écorchée? Combien de fois s'est-elle inquiétée? Putain de vie où les êtres ne se rencontrent jamais au bon moment; je voudrais bien t'enfoncer un poignard pour faire gicler de toi toutes ces mauvaises herbes... C'est trop tard, c'est fini, je suis partie. Je suis libérée.
Malheureuse pour un temps, mais heureuse pour l'instant.