Rien n'arrive à temps, les murs se referment, m'empêchent de resprirer. Ce silence est pesant, si difficile à porter dans ce lieu si abstrait qu'est le coeur. Il bât et feint de faillir au moindre malentendu; il étouffe, ne gonfle plus. Il attend la voix, celle qui le sauvera, qui l'enlèvera de ce tourment, imprégné en lui depuis trop de temps. Sa chair est à vif, puisque c'est dans cet état que je le laisse battre. Il entend le trombone qui résonne à l'instant et qui tentera de le délier de ce sentiment. Les murs sont de plus en plus proches, impossible de voir plus loin, assez loin. L'au-delà s'approche, il se noit de ces pensées, toutes aussi complexes, agaçantes, enivrantes, rarement suaves. Elles sont en moi parce que je ne suis pas assez forte pour m'en épargner, j'ai la volonté, mais mon inconscient s'égare du bon sens et laisse place aux images. je ne lui en veux pas, c'est normal. Tu me manques, parce que tu n'existes plus, réellement. Tu es là, tout le monde te voit, je te vois, je suis envoutée... Par ton âme, ton regard, ta présence, ton aura. Et pourtant, je ne suis pas sûre que ce temps en vaut la peine. Tu ne me vois pas toi, mais tu me devines. Mes traits, tu les connais, tu les reconnaîtrais parmis mille. Je le sais. Quelles sont tes angoisses? Je les entends, je sais qu'elles existent, mais je ne les comprends pas, je ne les connais pas, car tu ne les partages pas. En tout cas, pas avec moi. Sûrement parce que je n'en vaux pas la peine, n'est-ce pas? Je ne suis pas comme les autres. Pourquoi ce silence, pourquoi ce mystère? Les murs ne me laissent maintenant plus la place de respirer, de voir une quelconque ombre qui me libérera de ces incendies qui ont enflammés mon coeur... Je m'enfonce dans un delirium tremens et je n'ai plus aucune tendresse pour les prochaines sèves.
mardi, juin 28, 2005
jeudi, juin 23, 2005
La lune
Elle est pleine cette nuit, elle est jaunie, comme le foi de son âme pleurante.
Reflétante sur ce sable gonflé par les vagues.
La mer l'illumine et la grossit.
C'est aussi sur elle qu'elle renvoie sa lumière.
Car elle est belle cette nuit, comme le visage de celle qu'il aime.
Elle jaunit ce visage.
Les draps sont imprégnés de cette couleur glauque, couleur qui représente la nausée.
C'est ainsi qu'il se sent cette nuit...
Elle prend trop de place la lune cette nuit.
Il fûme sa cigarette, mais le bout consumant le lui rappelle.
Cette présence jaunâtre le gêne, même le bruit de l'eau sur le sable s'évanouit face à sa force apparente.
Il n'entend rien.
Plus rien.
Il écrase sa cigarette, regarde le mégot jaune, son corps jaune, elle, toute jaune aussi et, à travers les rideaux, le sable jaune.
Il ferme les yeux et la voit encore...
A travers elle, il voit son visage, portant la couleur de son mal-être.
Reflétante sur ce sable gonflé par les vagues.
La mer l'illumine et la grossit.
C'est aussi sur elle qu'elle renvoie sa lumière.
Car elle est belle cette nuit, comme le visage de celle qu'il aime.
Elle jaunit ce visage.
Les draps sont imprégnés de cette couleur glauque, couleur qui représente la nausée.
C'est ainsi qu'il se sent cette nuit...
Elle prend trop de place la lune cette nuit.
Il fûme sa cigarette, mais le bout consumant le lui rappelle.
Cette présence jaunâtre le gêne, même le bruit de l'eau sur le sable s'évanouit face à sa force apparente.
Il n'entend rien.
Plus rien.
Il écrase sa cigarette, regarde le mégot jaune, son corps jaune, elle, toute jaune aussi et, à travers les rideaux, le sable jaune.
Il ferme les yeux et la voit encore...
A travers elle, il voit son visage, portant la couleur de son mal-être.
samedi, juin 18, 2005
Eux deux
Ils n'auraient jamais dû se rencontrer et pourtant, ce soir là, c'est lui qu'elle a failli renverser. Elle ne va pas bien, porte un secret lourd de tragédie; elle est malheureuse, celui qu'elle aime est mort il y a un an. Noyé. Maladroitement. Elle se ruine au travail, elle est infirmière, rentre à des heures infernales, se gave de pillule, qui soit-disant sont là pour lui faire du bien, mais dont elle ne peut plus se passer. Ce soir-là, pour faire le constat, ils se sont installés à la table d'un café où elle vient tous les matins. Il est allé commander un scotch au bar. En revenant, elle s'est endormie. Il ne peut pas la laisser là,elle est tellement belle. Il est bien. Il laisse le scotch couler lentement dans sa gorge, la regardant dormir. Quand elle se réveille au matin, il est toujours là, épuisé, il a fumé toutes ses cigarettes. Elle ne s'est même pas rendue compte qu'elle s'était endormie, elle en est gênée, puis très vite, une sorte de naturel s'installe entre eux et elle commande un petit déjeuner. Ils se quittent ensuite, très simplement, mais il ne peut s'empêcher de lui dire qu'il veut la revoir; elle n'est pas certaine que ce soit une bonne idée.
Pourtant elle accepte son invitation à dîner. Avec deux de ses amis. Un homme et un femme. Cet homme lui déplaît fortement et ne se cache pas pour lui dire lorsqu'ils se retrouvent seuls ensemble : -"il est con et prétentieux, c'est un minable" -"Ah!bon?" -"Quoi?" -"Je l'aime beaucoup, alors si vous vous estimez au-dessus de lui, ça veut dire que vous êtes au dessus de mes moyens... Dommage parce que vous m'aviez drôlement fait rêver." Sur ces mots, il part. Lui qui lui courrait après depuis leur rencontre lui tient rigueur de ce jugement dont elle s'est permise. Elle est assez surprise et regrette déjà. Elle rentre chez elle, mais pense à lui. Elle retourne au restaurant, ne sachant pas vraiment pourquoi... demande à payer l'addition, et c'est alors que la dame lui rend en échange le chèque avec lequel il a payé. Là, elle lit son adresse. C'est ainsi qu'elle se rend chez lui, qu'ils retrouvent et que commence leur histoire.
Une histoire passionnée, déchirante, car elle n'arrive pas à être vraiment entière à lui, il va trop vite. Elle ne peut pas encore aller si loin. Il ne comprend pas toujours, et lorsqu'elle lui raconte son histoire, il a peur. Peur de ne pas être à la hauteur de ce fantôme. Il le sent en elle, en devient jaloux. Il devient fou. Ils s'aiment, mais se détruisent. Elle est pourtant prête à tout pour le prouve. Elle l'aime assez pour le chercher toute la nuit lorsqu'il disparait, pour le faire vomir quand il a trop bu.
Un jour s'en est trop, ils se séparent. Alors elle part, prend le train pour une autre ville. Cette ville qu'il n'aime pas. Sans le prévenir. Il ne semblait plus être là pour elle, ne répondait même plus à ses appels.
Il apprend qu'elle est parti, cours comme un fou à la gare, il est trop tard, il n'y a plus de train, il doit attendre le lendemain matin.
Il va rester sur le quai toute la nuit. Il la cherche, la retrouve, lui parle, la prend dans ses bras, l'aime, s'excuse, lui pardonne... Toute la nuit, et le lendemain il arrivera dans cette grande ville qu'il a toujours fui. Mais il le fait parce qu'il l'aime.
Pourtant elle accepte son invitation à dîner. Avec deux de ses amis. Un homme et un femme. Cet homme lui déplaît fortement et ne se cache pas pour lui dire lorsqu'ils se retrouvent seuls ensemble : -"il est con et prétentieux, c'est un minable" -"Ah!bon?" -"Quoi?" -"Je l'aime beaucoup, alors si vous vous estimez au-dessus de lui, ça veut dire que vous êtes au dessus de mes moyens... Dommage parce que vous m'aviez drôlement fait rêver." Sur ces mots, il part. Lui qui lui courrait après depuis leur rencontre lui tient rigueur de ce jugement dont elle s'est permise. Elle est assez surprise et regrette déjà. Elle rentre chez elle, mais pense à lui. Elle retourne au restaurant, ne sachant pas vraiment pourquoi... demande à payer l'addition, et c'est alors que la dame lui rend en échange le chèque avec lequel il a payé. Là, elle lit son adresse. C'est ainsi qu'elle se rend chez lui, qu'ils retrouvent et que commence leur histoire.
Une histoire passionnée, déchirante, car elle n'arrive pas à être vraiment entière à lui, il va trop vite. Elle ne peut pas encore aller si loin. Il ne comprend pas toujours, et lorsqu'elle lui raconte son histoire, il a peur. Peur de ne pas être à la hauteur de ce fantôme. Il le sent en elle, en devient jaloux. Il devient fou. Ils s'aiment, mais se détruisent. Elle est pourtant prête à tout pour le prouve. Elle l'aime assez pour le chercher toute la nuit lorsqu'il disparait, pour le faire vomir quand il a trop bu.
Un jour s'en est trop, ils se séparent. Alors elle part, prend le train pour une autre ville. Cette ville qu'il n'aime pas. Sans le prévenir. Il ne semblait plus être là pour elle, ne répondait même plus à ses appels.
Il apprend qu'elle est parti, cours comme un fou à la gare, il est trop tard, il n'y a plus de train, il doit attendre le lendemain matin.
Il va rester sur le quai toute la nuit. Il la cherche, la retrouve, lui parle, la prend dans ses bras, l'aime, s'excuse, lui pardonne... Toute la nuit, et le lendemain il arrivera dans cette grande ville qu'il a toujours fui. Mais il le fait parce qu'il l'aime.
jeudi, juin 16, 2005
Ce soir
Ce soir, elle doute de ses choix, de ses envies. Est-ce que cela lui ressemble? A-t-elle vraiment besoin de tous ces artifices pour faire face aux autres, au monde dans lequel elle a choisi de vivre? Pourquoi joue-t-elle ce rôle sans cesse? Elle est méchante, elle fait du mal aux gens autour d'elle. Elle cherche à régner dans la dureté et non pas dans la sérénité.
Ce soir elle est seule chez elle, comme tous les soirs, et elle se rend compte de son ridicule, elle revoit ses faits et gestes de la journée et voit à quel point elle est loin d'être réellement celle qu'elle paraît. Elle fait en sorte d'être une autre, pour être aimée de certains. Mais quoi? n'en vallait-elle pas la peine telle qu'elle était? Etait-elle contrainte à faire d'elle ce personnage cynique et détestable? Elle sait qu'elle ne fait pas le bon choix et qu'elle ne sera jamais heureuse dans cette duperie, mais jamais on ne lui a appris à être autrement. Alors elle se démaquille. retire la tonne de fond de tein qu'elle a mis ce matin et par-dessus laquelle elle en a rajouté ce midi. Elle se déshabille, et voit son buste maigre dans la glace, ses côtes ondulés sous une peau fine, dénouée de graisse. On lui a dit que les filles les plus belles sont les plus maigres, alors elle ne mange pas. bah non! Elle ne mange rien! C'est plus simple comme ça, hein! Et c'est la meilleure solution. bien sûr... Elle ne pèse pas grand chose, et croit que c'est ainsi que l'on va l'aimer, même pas, elle sait pertinement que ce corps est laid... d'ailleurs elle ne l'aime pas son corps, le trouve trop maigre, mais le trouve encore trop gros.
Ce soir, comme tous les soirs elle est dans son lit et entame un nouveau livre. Un Balzac; ou non un Stendhal.
Et ce soir, elle a décidé d'arrêter toutes ces conneries, parce que c'est aux femmes de Stendhal qu'il est judicieux de s'identifier plutôt qu'à celles du ELLE.
Mais elle a déjà tout gâché, elle n'a jamais douté, a toujours su qu'elle faisait n'importe quoi. Peut-être qu'il est trop tard.
Ce soir elle est seule chez elle, comme tous les soirs, et elle se rend compte de son ridicule, elle revoit ses faits et gestes de la journée et voit à quel point elle est loin d'être réellement celle qu'elle paraît. Elle fait en sorte d'être une autre, pour être aimée de certains. Mais quoi? n'en vallait-elle pas la peine telle qu'elle était? Etait-elle contrainte à faire d'elle ce personnage cynique et détestable? Elle sait qu'elle ne fait pas le bon choix et qu'elle ne sera jamais heureuse dans cette duperie, mais jamais on ne lui a appris à être autrement. Alors elle se démaquille. retire la tonne de fond de tein qu'elle a mis ce matin et par-dessus laquelle elle en a rajouté ce midi. Elle se déshabille, et voit son buste maigre dans la glace, ses côtes ondulés sous une peau fine, dénouée de graisse. On lui a dit que les filles les plus belles sont les plus maigres, alors elle ne mange pas. bah non! Elle ne mange rien! C'est plus simple comme ça, hein! Et c'est la meilleure solution. bien sûr... Elle ne pèse pas grand chose, et croit que c'est ainsi que l'on va l'aimer, même pas, elle sait pertinement que ce corps est laid... d'ailleurs elle ne l'aime pas son corps, le trouve trop maigre, mais le trouve encore trop gros.
Ce soir, comme tous les soirs elle est dans son lit et entame un nouveau livre. Un Balzac; ou non un Stendhal.
Et ce soir, elle a décidé d'arrêter toutes ces conneries, parce que c'est aux femmes de Stendhal qu'il est judicieux de s'identifier plutôt qu'à celles du ELLE.
Mais elle a déjà tout gâché, elle n'a jamais douté, a toujours su qu'elle faisait n'importe quoi. Peut-être qu'il est trop tard.
vendredi, juin 10, 2005
Tout recommencer
Je savais que je finirais par te retrouver. Je te suivais à la trace comme un chien. J'te lacherai plus hein. J'te poursuivrai toujours, où que tu ailles. Ecoute: voilà; on va tout recommencer. TOUT RECOMMENCER. On peut même faire comme si on se connaissait pas. Comme si on s'était jamais vu. Comme si c'était la première fois.
Tu vas pas me dire que c'est un orage qui va nous séparer. On est plus fort que ça, non? On est plus fort que ça. Hein? Mais dis moi qu'oui. Allez vas-y dis moi qu'oui.
Dis moi oui.
Patrick Dewaere dans HOTEL DES AMERIQUES
Tu vas pas me dire que c'est un orage qui va nous séparer. On est plus fort que ça, non? On est plus fort que ça. Hein? Mais dis moi qu'oui. Allez vas-y dis moi qu'oui.
Dis moi oui.
Patrick Dewaere dans HOTEL DES AMERIQUES
mardi, juin 07, 2005
La chanson d'Hélène
Ce soir nous sommes septembre
Et j'ai fermé ma chambre
La soleil n'y entrera plus
Tu ne m'aimes plus
Là-haut un oiseau
Comme une dédicace
Dans le ciel
Je t'aimais tant hélène
Il faut se quitter
Les avions partiront sans nous
Je ne sais plus t'aimer
Avant dans la maison
J'aimais quand nous vivions
Comme dans un dessin d'enfant
Tu ne m'aimes plus
Je regarde le soir
Tomber dans le miroir
C'est ma vie
C'est mieux ainsi hélène
C'était l'amour sans amitié
Il va falloir changer de mémoire
Je ne t'écrirai plus Hélène
L'histoire n'est plus à suivre
Et j'ai fermé le livre
Le soleil n'y entrera plus
Tu ne m'aimes plus
Et j'ai fermé ma chambre
La soleil n'y entrera plus
Tu ne m'aimes plus
Là-haut un oiseau
Comme une dédicace
Dans le ciel
Je t'aimais tant hélène
Il faut se quitter
Les avions partiront sans nous
Je ne sais plus t'aimer
Avant dans la maison
J'aimais quand nous vivions
Comme dans un dessin d'enfant
Tu ne m'aimes plus
Je regarde le soir
Tomber dans le miroir
C'est ma vie
C'est mieux ainsi hélène
C'était l'amour sans amitié
Il va falloir changer de mémoire
Je ne t'écrirai plus Hélène
L'histoire n'est plus à suivre
Et j'ai fermé le livre
Le soleil n'y entrera plus
Tu ne m'aimes plus
La chanson d'Hélène, LES CHOSES DE LA VIE
lundi, juin 06, 2005
A pas lent (3)
Il s'est levé ce matin, le coeur lourd, trop lourd. Il s'en veut, il va faire du mal. Il a mal au ventre.
Il sait très bien ce qu'il va aller faire aujourd'hui. Sa femme est là, dans la salle de bain. Une belle salle de bain qui donne sur leur chambre. Dans un bel appartement. Il l'aime sa femme, mais cette jeune femme l'a bouleversé. Il ne pense qu'à elle. N'en dort plus la nuit. Son regard a changé, des cernes se sont creusées sous ses yeux que les années commencent à marquer. Et sa femme ne voit rien, ne lui dit rien. Le fait-elle exprès? Si elle disait quelque chose il se sentirait moins seul. Peut-être même lui aurait-il avoué son trouble, et le mal qui en découle... Après tout ce qu'ils ont vécu, il aurait pu. Elle l'aurait compris, elle le connaît si bien. Mais le connaît-elle si bien justement? Ne voit-elle pas combien il est tourmenté, absent? Il la voit se maquiller et, soudainement, s'empare de lui un sentiment d'amertume si profond que lorsqu'il se lève pour aller se servir un café, il claque la porte de la chambre. Il prend le risque d'éveiller la surprise. Pas plus, finalement! Elle arrive à son tour dans la cuisine, lui caresse le front, comme à l'ordinaire et l'embrasse au même endroit, fini son café, dernière gorgée qui l'attendait froide au fond de sa tasse. Mais qu'elle est belle! Même au matin avec peu de sommeil, son visage est bien lisse, doux. Il détourne le regard, culpabilisant de ses pensées. Elle sort, elle n'a pas demandé pourquoi il avait claqué la porte. Il aurait tellement aimé. Il aurait tellement voulu lui dire qu'il est mal, qu'il ne comprend pas ce qui lui arrive. Ils se sont toujours tout dit. Il sort de la cuisine et à ce moment, "à ce soir!" l'arrête net dans l'entrée du couloir. Il ne répond pas. Il est là, seul, "les enfants ne sont pas là? Mais oui c'est mercredi, ils ont dormi chez ses parents. Que vais-je faire maintenant?" Il est 8h30, il part dans la salle de bain d'un pas si peu certain, qu'il se demande si la décision qu'il vient de prendre est la bonne. Il prend une douche. Lorsqu'il en sort, un sanglot violent le saisit; sa respiration est coupée, fracturée par eux. La serviette dans la main, il s'essuie son visage avec. Ses larmes qui coulent tout du long, le grattent, le dégoûtent; il n'a pas l'habitude... Il se regarde dans la glace, se déteste, ses yeux sont rouges, il pleure encore, il a honte. Et maintenant pris d'un sentiment étrange de fureur, il prend le flacon de son parfum posé sur l'étagère et le jette sur la glace... Elle se brise en milles morceaux. Il devient soudainement impassible, après avoir pris conscience de l'état dans lequel il s'est mis. S'habille. Lentement. Se parfume. Et sort.
La retrouver.
Il sait très bien ce qu'il va aller faire aujourd'hui. Sa femme est là, dans la salle de bain. Une belle salle de bain qui donne sur leur chambre. Dans un bel appartement. Il l'aime sa femme, mais cette jeune femme l'a bouleversé. Il ne pense qu'à elle. N'en dort plus la nuit. Son regard a changé, des cernes se sont creusées sous ses yeux que les années commencent à marquer. Et sa femme ne voit rien, ne lui dit rien. Le fait-elle exprès? Si elle disait quelque chose il se sentirait moins seul. Peut-être même lui aurait-il avoué son trouble, et le mal qui en découle... Après tout ce qu'ils ont vécu, il aurait pu. Elle l'aurait compris, elle le connaît si bien. Mais le connaît-elle si bien justement? Ne voit-elle pas combien il est tourmenté, absent? Il la voit se maquiller et, soudainement, s'empare de lui un sentiment d'amertume si profond que lorsqu'il se lève pour aller se servir un café, il claque la porte de la chambre. Il prend le risque d'éveiller la surprise. Pas plus, finalement! Elle arrive à son tour dans la cuisine, lui caresse le front, comme à l'ordinaire et l'embrasse au même endroit, fini son café, dernière gorgée qui l'attendait froide au fond de sa tasse. Mais qu'elle est belle! Même au matin avec peu de sommeil, son visage est bien lisse, doux. Il détourne le regard, culpabilisant de ses pensées. Elle sort, elle n'a pas demandé pourquoi il avait claqué la porte. Il aurait tellement aimé. Il aurait tellement voulu lui dire qu'il est mal, qu'il ne comprend pas ce qui lui arrive. Ils se sont toujours tout dit. Il sort de la cuisine et à ce moment, "à ce soir!" l'arrête net dans l'entrée du couloir. Il ne répond pas. Il est là, seul, "les enfants ne sont pas là? Mais oui c'est mercredi, ils ont dormi chez ses parents. Que vais-je faire maintenant?" Il est 8h30, il part dans la salle de bain d'un pas si peu certain, qu'il se demande si la décision qu'il vient de prendre est la bonne. Il prend une douche. Lorsqu'il en sort, un sanglot violent le saisit; sa respiration est coupée, fracturée par eux. La serviette dans la main, il s'essuie son visage avec. Ses larmes qui coulent tout du long, le grattent, le dégoûtent; il n'a pas l'habitude... Il se regarde dans la glace, se déteste, ses yeux sont rouges, il pleure encore, il a honte. Et maintenant pris d'un sentiment étrange de fureur, il prend le flacon de son parfum posé sur l'étagère et le jette sur la glace... Elle se brise en milles morceaux. Il devient soudainement impassible, après avoir pris conscience de l'état dans lequel il s'est mis. S'habille. Lentement. Se parfume. Et sort.
La retrouver.
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