Il craint de commettre l'irréparable... Il arrive devant la boutique. Elle est là, seule, assise derrière le comptoir qui supporte une caisse et des disques en étalage. Elle semble s’ennuyer. Il est 11h. Depuis plus de deux heures, il erre dans les rues de paris. Il s’est même assis au Balzac, café de la rue des écoles, situé non loin. Il a essayé de lire son journal, en vain. Impossible pour lui de se concentrer, angoissé, il ne pense qu'à elle, il sait qu'il va aller la voir tout a l’heure, qu'il va lui parler. Enfin s'il y arrive. Comment l'aborder, sans risquer de déplaire, sans risquer le ridicule? Elle ne sait pas qui il est, ne sait pas que la parure vient de lui. Elle ne la porte pas aujourd'hui. Il entre. -"Bonjour." -"Bonjour." Il se dirige vers les disques, mais ne sait même pas ce qu'il y a ici, ne s'étant même pas donné la peine d'essayer de voir à travers la vitre ce qu'elle vend. Il s'était toujours contenté de simplement la regarder. Ce qui lui suffisait amplement! Il le regrette un peu maintenant, car il se retrouve un peu perdu... Il n'a pas pu imagnier avant de venir ce qu'il aurait pu faire semblant de chercher, afin de la questionner, d'entamer une conversation. Il va devoir improviser. Mais il remarque assez vite qu'il n'y a que des vinyles, le jazz étant sa passion, il doit y en avoir... il cherche... eh oui, il trouve le rayon. Il sent le regard insistant de la jeune femme sur lui. Pour la première fois c'est elle qui le regarde, qui l'observe, les rôles sont inversés. Seulement les raisons ne sont pas les mêmes. Il la regarde à son tour. Ca y est, il a son regard pour lui tout seul, ce regard tant attendu. Mais l'échange ne semble pas réciproquement apprécié. Il a le sentiment de la déranger. Il a peur. Comment l'aborder? Elle est si froide. -"Je peux vous aider, Monsieur?" -"Oui, euh... (Il ne sent plus ses jambes) Bon, en fait... voilà... je cherche un disque vinyle de Stan Getz..." -"Oui. Lequel?" Toujours aussi froide, aucun sourire ne touche son visage. -"Celui... vous savez... avec Charlie Byrd." -"Oui, oui, je vois. Eh bien non écoutez, je ne l'ai pas là. On l'a vendu la semaine dernière. mais n'hésitez pas à revenir, on le reçoit régulièrement." -"Très bien..." -"Autre chose?" -"Euh... Non, merci." -"Je vous en prie." Il se dirige vers la porte. Mais retourne vers elle. -"Excusez-moi..." -"Oui?" -"Je me permettrais juste d'ajouter quelque chose avant de partir. Je ne vous connais pas. Je vois que je vous dérange lorsque je rentre dans votre boutique. Vous n'avez qu'une seule envie, c'est que je m'en aille. Je ne crois pas que votre patron serait par ailleurs ravi de l'entendre, mais peu importe... je... je tenais simplement à vous dire que, malgré moi, depuis que je suis entré, je veux vous dire à quel point je vous trouve belle. Le mot est faible. Et que si vous laissiez échapper un sourire, ne serait-ce qu'un soupçon, vous le seriez davantage... Pardonnez mon audace, pardonnez peut-être ma franchise, mais lorsque je vois une jeune femme comme vous manquer de montrer ce qu'il y de plus beau en elle, je ne peux m'empêcher de le lui rappeler. Je vous trouve maintenant sans voix, cela signifie que je vous ai touchée..."
Comment a-t'il fait? Il ne le sait pas lui même. Il la regarde, lui sourit, elle ne réagit toujours pas. Sur ce, il la salue de la tête, et sort. A ce moment "Attendez!" l'arrête sur le trottoir. Elle l'attrape, le sert fort dans ses bras. "Merci..." lui dit-elle la voix tremblante. Ils restent ainsi, quelques instants. Elle se dégage, ne le regarde pas, et retourne s'asseoir à son comptoir. Là elle lève les yeux, tristes, coulant de larmes, derrière la vitre, ils se regardent, il marche, il s'en va, il ne peut pas y retourner, il a lui même envie de pleurer, ce qu'il ressent lui échappe, et le mur les sépare, il ne la voit plus, elle est seul, il est seul, il l'a faite pleurer, mais elle l'a remercié...
Comment a-t'il fait? Il ne le sait pas lui même. Il la regarde, lui sourit, elle ne réagit toujours pas. Sur ce, il la salue de la tête, et sort. A ce moment "Attendez!" l'arrête sur le trottoir. Elle l'attrape, le sert fort dans ses bras. "Merci..." lui dit-elle la voix tremblante. Ils restent ainsi, quelques instants. Elle se dégage, ne le regarde pas, et retourne s'asseoir à son comptoir. Là elle lève les yeux, tristes, coulant de larmes, derrière la vitre, ils se regardent, il marche, il s'en va, il ne peut pas y retourner, il a lui même envie de pleurer, ce qu'il ressent lui échappe, et le mur les sépare, il ne la voit plus, elle est seul, il est seul, il l'a faite pleurer, mais elle l'a remercié...
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