mardi, décembre 26, 2006

Dans le Vide

Depuis que je suis arrivé ici, il m'est arrivé quelque chose qui ne m'était pas arrivé depuis... Longtemps.
J'ai tout le temps envie de vous prendre dans mes bras, de vous... de vous toucher.
(Voilà)
Je suis amoureux de vous.
Voilà!
Je sais que je dis ça dans le vide.
Mais ça me soulage de le dire.

D'après Un MF.

dimanche, décembre 24, 2006

Songe d'une nuit d'hiver

Embarquée, sur une étrange barque, celle de la nuit, elle gravit les étages. Il fait froid. Mais elle ne sent pas la froidure déposée, installée, incrustée sur son visage. Ce n'est pas normal. Elle sait pourquoi, ne veut pas y penser, ne veut se l'avouer, préfère continuer. Elle lève les yeux au ciel, et découvre petit à petit le monstre. Puis il s'en va, et revient, à travers les arbres, entre les immeubles. Magie, beauté, grâce. La musique dans les oreilles suit le rythme de ses pas. Les sons, les instruments représentent le monument, sa beauté reflète sur les harmonies. C'est là que l'orgue retentit plus fort dans ses oreilles... En echos; les cloches, les vibrations. Elle avance, essoufflée, sa croix dans la main et non plus allongée dessus, pour arriver avant la fin de ce passage mystique devant l'église. Elle contracte ses doigts, mais ne sent pas la douleur que lui provoque le bois, la croix est finement taillée, ciselée... Elle saigne.
Les larmes lui montent aux yeux, son nez coule, l'émotion la ravage, la brûle... La pique.
Une beauté rare, étouffante, il faudrait qu'un orage gronde pour enrouer la musique, pour inonder cette image, pour brouiller les scintillements, pour éteindre...
Ne hurle pas, même si l'envie te prend, même si tu sens que tu ne peux pas faire autrement. Soupire, respire, tombe, allonge-toi, assieds-toi, dors s'il le faut, mais ne hurle pas, tu sais que personne ne t'entendra, il fait nuit, il fait froid, et l'église détruit tout sur son passage, elle t'écrase, tout le monde ne regarde qu'elle.
Elle le sait.
Elle est très douée.
Son coeur, elle plus gros que le tien, mais il n'y a rien à l'intérieur. Petit coeur, plein d'amour.
Tu sors ton appareil photo, pour la flashée, car tu es plus intelligente qu'elle. Tu ne vas pas te mettre en conccurence, ça ne sert à rien.
Elle t'attendait et elle vient de t'offrir le meilleur d'elle-même... Regarde.

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Maintenant, ouvre ta main, soigne ta blessure. Ton sang coule, la plaie est ouverte, désinfecte. Je pense que tu ferais mieux de m'écouter un peu... Fais-moi confiance.
Tu verras, tu auras un peu moins mal.

samedi, décembre 16, 2006

Entre Musique et Songe

C'est un Corps
Plein d'alcool
Enivré
Enfiévré
Seul
Délicat... Qui s'endort, et s'engouffre...
Profondément.
Le songe est loin du soleil, d'une étincelle, d'un regard... Plus près des pensées, des idées, des images... Rien de concret. Comme une mélodie qui viendrait se plonger dans une oreille, demander de scintiller, sans qu'on ne puisse l'attraper. Les notes volent, s'envolent, mais nous échappent, tant elles sont infinies, tant elles ont l'âme rebelle... Parce qu'elle s'enchaînent, parce qu'elles sont en pleine courses... Un cheval qui galoppe. Fier.
Oui
Et ce corps qui sombre, aime les étoiles
Les notes ont la couleur de l'Or
Oui, couleur de la première marche
Vainqueur
Elles brillent
Des bijoux
Avant la nuit...
Parce que les songes existent la nuit.
À moins d'une sièste.
Mais les songes qui concrétisent nos envies sont plus vivants la nuit. Encore un piano qui monte et descend. Rythme, et là je me sens enivrée parce que je sais qu'au bout, je trouverai la vérité, la vraie vérité de mes songes. ceux qui me hantent toute la journée. Ceux qui me bouffe et me prennent toute mon énergie. C'est en eux que je trouverai la solution, et si les notes volées sur un piano ne m'éveillent pas au matin, je ne peux pas vivre, je ne peux pas respirer. J'ai besoin delles.
Mes guides
Ma musique et mes songes....
Enchaînés
Comment expliquer?
Fredonnés?
Non.
Valse.
Oui.
En quelque sorte.
Je pourrais en parler des heures.
La musique va avec mes songes. J'aimerais rêver en musique. En piano. En violon.
Une envolée lyrique me donne les larmes aux yeux comme le souvenir d'un rêve me donne une boule à la gorge, réveillée, agacée, j'ai envie de pleurer... Je ne peux pas.
Alors je souris...
Je me réveille.
Toujours ce corps.
Gueule de bois.

mardi, décembre 12, 2006

Rosalie entre dans sa page

C'est une page blanche qu'elle a décidé de prendre entre ses mains, avant de la poser devant elle. Oui, une page qui reflèterait son état, sa vie, ses pensées... Une sorte de vide irréfutable. Une sorte de vide immuable, dans lequel on pourrait plonger les yeux fermés. On sait qu'on tomberait dans un trou infini, espérant trouver au bout la lumière... Elle donnerait des lettres aux mots, des mots aux phrases, du noir sur la page... Pour l'instant il n'en est rien... La page est toujours blanche oui... Un violon sans corde, une note sans son, un roman sans titre, un film sans image. Du silence dans les mots.
Pas de crayon entre les mains. Elles n'ont même pas la force de bouger après tout, pas la force d'écrire, blocage. Et pourtant les mots fusent, les mots bouleversent, les mots traversent une petite tête écervelée, petite tête perdue. Gagnante ou perdante, peu importe, Rosalie est juste surprise de découvrir en face d'elle, un visage rougit par la gêne, un regard brillant... Les paroles fusaient hier, sans timidité, sans voile.
Rosalie devrait finalement prendre deux feuilles pour exposer ces deux personnalités si différentes et si paradoxales.
Face à elle, deux pages blanches...
Et c'est un tourbillon de notes qui frolle ses oreilles pour venir se déposer sur le papier. Elle arrive a dire, à marquer, à encrer, à dévoiler, à donner...
Elle entre dans la page, pour lui donner toute son âme.
C'est ainsi.

dimanche, novembre 26, 2006

Je m'en vais.

Je m’en vais pour ne pas avoir à m’en vouloir. Pour ne pas avoir à parler, je décide de partir plus tôt. Je décide de m'envoler loin de toi, pour atterrir sur d'autres lèvres, d'autres peaux... Dans un mois... dans un jour... Dans un an. Qui sait? Demain. Sûrement, oui. Je ne veux plus te toucher, je ne veux pas te détruire. Trop tard. Je pense oui, mais il est toujours trop tard.
Je m'en vais...
Sans bruit, doucement, en te regardant dormir. Tu souris en dormant... Tu es belle, comme ça. Je préfère te laisser belle, dans tes rêves. Parce que je sais… Je me connais. Je ne veux pas laisser de traces, je ne veux pas te laisser mon odeur, même si la tienne je l’ai gardée. Une fois suffit. Une fois, pleine d'amour. On s’est trop aimé.
Je m'en vais... Tu auras moins mal...
Je ne te connais pas, je ne veux pas te connaître.
Tu ne vas pas te réveiller en pleurant. Le réveil ne sera pas dur... C’est ce que je crois… Pour me rassurer. Je t'embrasse. Sur les lèvres. Tu ne sens rien. Notre amour a épuisé ton petit corps… Je t’embrasse… Jusqu'à en mourir.
Je m’en vais. Je ne veux pas te trahir, te faire souffrir, te détruire. Je ne t'oublierai jamais. On ne s’est même pas parlé.
Je m’en vais pour ne pas t’aimer.

Merci C.M.

mardi, novembre 21, 2006

Rosalie est solide

Solide? Pas tant que ça, je ne suis pas sûre. Elle pense que les larmes n'en valent pas la peine. Cette eau salée qui s'écoulerait de ses yeux n'a aucune valeur. Oui, parce que pleurer n'est pas dans sa nature, pleurer ne la soulage pas. Pleurer est mal. Pleurer fait mal.
Lorsque Rosalie se retrouve face à une fille qui lui explique le bonheur qu'elle vit, celui des débuts, vous savez, celui qui nous titille le ventre, qui le noue et le remplit d'un émotion forte, Rosalie se souvient. Une boule. On en maigrit. On ne mange plus... Bref, Rosalie écoute cette fille qui lui parle de ses sensations... Elles l'ont elle-même prise il n'y a pas si lontemps que ça et se sont aussi vite évaporées pour laisser place à d'autres - celles qui font aussi maigrir mais surtout souffrir - Rosalie a du mal... Rosalie écoute, oui, elle écoute mais sent sa gorge se nouer. Il fait noir, nous sommes à une soirée, une fête si vous voulez. Une petite lumière tamisée éclaire légèrement ce petit atelier de peintre en ce samedi soir d'octobre... Rosalie ne peut plus là, telle une éponge elle absorde trop violemment ce bonheur naissant, et se souvient combien le sien est parti aussi vite qu'il est arrivé... Elle doit se libérer...
Le vin triste on l'appelle.
Enfermée aux toilettes... Elle s'est sauvée... Elle s'est engouffrée, dans ce petit lieu au quatre murs resserés. Adossée à la porte, face à un miroir frappé de petites gouttes mal sechées, elle regarde son visage se décomposer, rougir... Triste regard. Regard perdu. Rosalie se lâche, elle pleure. Ca faisait longtemps.
Longtemps qu'elle n'avait pas pleuré. Longtemps qu'elle n'avait pas eu la vin trsite. La dernière elle s'en souvient... Elle ne veut pas surtout y penser. Les raisons n'étaient pas les mêmes... Beaucoup plus cruelles.
Elle est toujours adossée à la porte, elle ne bouge pas et se vide un peu, le visage se déforme, elle pose sa main sur sa bouffe pour cachée la grimace de ses pleurs, elle a du mal à se reconnaître, tant elle n'a l'habitude de se mettre dans cet état... Et qui plus est de le voir.
Rosalie est mal. Rosalie est submergée. Elle sèche ses larmes... Il faut sortir maintenant, retrouver tout le monde. Faire comme si...
Elle ouvre la porte. Un grand sourire illumine son visage; elle sait pourtant qu'elle ne tiendra pas le coup longtemps. Ce sourire la fatigue tant que, quelques minutes plus tard, la mélancolie s'empare d'elle , malgré elle. Il faut fuir, il faut partir... Dernier métro.
Elle aime les gens avec qui elle est, mais là, tout de suite en les écoutant, elle les déteste.
Elle veut être seule... avec elle, seule... Car elle seule, se comprend...
Elle n'aime que sa présence... Ego... Elle se sent mal aimée.
Mal traitée.
Abandonnée.

Pleurer ne la soulage pas. Pleurer lui fait mal. Pleurer la fatigue, la vide. Certainement par ce que cet état n'est que trop rare... C'est bien ce que je disais.

Rosalie est partie.
Quelqu'un a vu?
Quelqu'un a compris?
Je ne crois pas.

dimanche, octobre 29, 2006

Rosalie savait...

Elle le sentait, s'en doutait, mais comme elle savait aussi qu'elle n'avait pas le choix, elle essayait de ne pas trop y penser. Elle a senti son portable vibrer dans sa main, elle a baissé la tête, et ouvert le clapet. Message. Elle sourit, même si elle savait.
Rosalie n'a pas repris ses bagages. Rosalie n'a pas pris le risque.
Et lorsqu'elle s'est retrouvée dans la cage d'escalier, elle a cherché dans son sac, une cigarette. Le même paquet que la dernière fois. Elle n'y avait plus touché... Cette fois où elle avait volontairement brûlé ses poumons avec cette profonde bouffée. Elle l'allume, elle veut enfumer l'immeuble. Elle veut s'enfumer elle-même. Avant de le retrouver.
Rosalie arrive devant la porte. Cette porte qu'elle connait par coeur. Cette porte qu'elle ne pensait plus jamais franchir. Elle pose sa main dessus, comme pour essayer de sentir l'atmosphère qui trône juste derrière. Elle carresse le bois, avant de laisser son front délicament se déposer dessus. "Est-ce que j'ai bien fait de venir?" Elle a peur. Mais elle veut. C'est bon d'avoir peur. C'est bon de sentir son ventre tiré, c'est bon d'avoir le vertige, le coeur qui explose, c'est bon de ne plus avoir la force de décider et de réfléchir. C'est bon de se laisser aller. Elle frappe. Ses jambes ont du mal à la tenir encore debout... Si bien qu'elle doit bouger... Rosalie tourne les talons.
La porte s'ouvre. Rosalie s'arrête net, le dos tourné. Elle veut partir, elle ne veut pas le voir, elle ne peut pas. Elle savait qu'elle n'aurait pas dû.
"Attends!"
Elle ne se retourne pas, elle ne veut plus. Parce qu'elle sait. Elle sait que ça ne changera pas. Elle sait qu'elle n'aura pas plus le choix.
Elle l'emmerde.
Elle se casse.
Si elle s'était retournée, elle aurait craqué. Le son de sa voix a déjà vibré dans son corps, si elle avait seulement aperçu sa silhouette, son ombre, elle n'aurait pas pu résister. Si elle avait croisé son regard, son sourire, elle serait restée.
Elle savait.

samedi, octobre 14, 2006

Rosalie n'a pas le choix

Elle n'a pas eu le choix. Elle a dû, cette fois encore, obéir à une bonne volonté, bonne pour certains, mais seulement certains... De toutes façons elle n'a pas eu le choix. Parce que de toutes façons elle ne doit pas décider. Ce n'est pas grave... On va dire que c'est à peu près toujours la même histoire. Rosalie n'est pas perdue, Rosalie a juste l'habitude. Rosalie en a un peu marre. Rosalie est fatiguée.
Alors Rosalie a pris son sac, ses fringues, ses affaires, elle a fermé la porte sans se retourner, sans chercher un regard, ni même un geste. Elle a commencer à descendre les marches une à une, le plus lentement possible, espérant entendre un crissement, un malheureux son... Un appel. Rien. Oui, toujours rien. Le bois des marches craque sous ses pieds, c'est la seule chose qui vient à ses oreilles. Rosalie n'a pas le choix, elle ne peut pas prendre l'ascenseur, il n'y en a pas! Elle voudrait aller plus vite, mais ne peut pas dévaler les escaliers avec des talons de 8 cms. Elle aimerait sortir de là. Ne plus revenir. Plus vite. Plus vite.
Elle n'a descendu qu'un étage, Rosalie. Je crois qu'elle pense trop. Son énergie est canalisée dans sa tête et pas dans ses jambes. Rosalie n'arrive pas à tout faire.
Pas de bruit. Vite. Porter. Ecouter. Entendre.
Rosalie s'arrête. Elle s'assied sur une marche. Elle s'en fout.
Elle allume une cigarette, la dernière de son paquet. La dernière tout court.
Rosalie n'a pas le choix.
Elle tire une bouffée de nicotine. Profondément. Jusque dans ses poumons. La plus grosse bouffée. La plus toxique.
Elle la rejette.
Rosalie n'a pas le choix.
Rosalie n'aura jamais le choix.
Elle éteint sa cigarette, à peine consommée. Elle se lève, resdescend les escaliers, sans écouter, en faisant du bruit, dévalant les marches deux à deux, pressée, pour respirer, vivre, en finir, larguer, jeter, vider, abandonner, claquer, frapper, changer.
Rosalie s'est, le temps d'un instant, donné le choix.

samedi, septembre 30, 2006

Las

Mademoiselle a eu raison de s'inquiéter
Puisque sa volonté n'a pas pu s'affirmer
Alors elle hurle de ne pas avoir crié
Décharnée au plus profond de sa chair usée

Aucun son ne sort
Malgré les efforts

Si bien que tout doucement viennent s'enivrer
Autour de ses rondes pupilles dilatées
Un nuage de pluie, une vague de larmes
Naufragée, endormie, engloutie, las, sans arme

mardi, septembre 26, 2006

Pas de coincidence

S'il n'est pas de hasard, l'intuition qui vient à moi me demander d'agir et de prendre le risque, je l'écoute. Les yeux fermés pendant tout ce temps m'ont donné l'ivresse du désespoir. Fermée, dure, froide, à cause d'un choc... Il m'avait aveuglée. Il m'avait détruite. Je les ai tous détestés, tous jugés. Tous les mêmes!!! Ils sont devenus invisibles, je passais au travers de regards, au travers de visages sans comprendre, sans vouloir comprendre, sans chercher à comprendre. J'étais salie, meurtrie, désespérée.
Ce n'est pas un hasard, puisque je m'y retrouve, un casque sur les oreilles, le bouton au maximum, la musique entre en moi et me guide, j'écoute. Les paroles. Pour une fois. Elles ressortent de la mélodies pour venir s'immiscer en moi, s'incruster dans mes tripes et venir couler dans mon sang, se mélanger avec ma sève, dans mon corps... Se réfugier au milieu, chez le maitre. Mon coeur. Je suis enivrée.
Alors j'ai ouvert les yeux, et j'ai regardé. Guérie, en vie, oui, la fin de l'été.
Je suis éveillée. J'ai confiance, je me sens confiante, et je m'aperçois que je ne prends pas de risque, même si j'ai peur. Alors j'y vais, je fonce, et j'oublie. J'oublie le passé, j'oublie le reste, les autres, le chemin, les pièges.
Je suis fière.
Je sais qu'il n'y a pas de coïncidence. Je suis libre. Nous sommes libres.
Si le destin existe, si quelqu'un décide pour moi, je le remercie.
J'ai cru que j'avais été l'institutrice de mon acte....

Unique

Enfant seule, si indépedante et oisive
Ne pense pas souffrir de cette solitude
Elle s'envole, plane, plonge dans la rive
Qui semblerait l'amener vers la plénitude

Le partage, l'échange, le regard... et si
Quelqu'un voyait, si quelqu'un lui prenait la main
Sans laisser tomber au sol des ongles défréchis
Trop longtemps gardés sur un pouce humide et fin

Son seul ami, son seul compagnon, c'est à lui
Qu'elle a offert ses services et sa tendresse.
Maintenant il souffre. Arraché et rougi...
Mort, éteint, il ne peut plus lui donner l'ivresse.

Elle est unique, et le restera,
Son meilleur ami ne sera plus là.
Et le foetus déchu a tout gaché
Malgré lui, certes, il n'a rien demandé...

Ni à vivre, ni à mourir
Ni à battre, ni à sortir
Violemment d'un ventre creux
Maigre, décharné, et osseux.

Unique, je suis.
Je t'écoute.
Je ne peux pas t'attendre, ni t'espérer.
Alors je t'écoute.

samedi, août 26, 2006

Celui qui n'a pas d'ami

Face à lui.
Silencieux, il ne parle pas. Etrange et incompréhensible...
Soudainement, les mots s'envolent, sans cesse, une sorte de moulin à paroles comme on dit, puis d'un seul coup... Silence de nouveau. Plus un bruit... Pourquoi? Protection? Inquiétude? Angoisse? Est-ce la nouvelle technologie? L'absence de regard le rendrait-il indisponible et impuissant? Il est parfois difficile de communiquer. Celui qui n'a pas d'ami doit décider du moment. Il doit être préparé. Il a ses horaires. Il est organisé dans sa tête. Ne pas déranger ses habitudes. Généreux, mais maladroit, solitaire et incompris, celui qui n'a pas d'ami est dur à saisir. Il n'a pas raté, on l'a raté. Il n'a pas été entendu, il a été méprisé. Celui qui n'a pas d'ami est mal aimé. Il a généreusement offert ses soins, de façon totalement désintéressée... mais où sont les doigts d'une seule main qui comptent le nombre de ses amis? Il a tant donné... Quelle injustice... Quelle hypocrisie!
Face à son isolement... Il est triste.
Négligence...
Intolérance...
Incompréhension...
Et celui qui n'a pas d'ami en a été victime. Il est alors devenu dur, froid, ténébreux, violent, impulsif, malade, fou, excessif.
Affecte au gros coeur, désoeuvré, il n'a pas d'ami, mais il m'a moi... Pour toujours.

jeudi, juillet 27, 2006

Grains de sable

J'ai passé mes doigts sur le sable fin avant de les enfoncer et sentir la brûlure du soleil, installée au milieu des milliards de grains. J'ai eu un peu mal, mais j'ai continué. Allongée sur le dos, les yeux fermés, j'ai continué de caresser la poudre, sous la chaleur encore pesante de cette fin de journée. Je me suis assise enfin, après en avoir pris une bonne poignée. J'ai ouvert ma main et me suis mise à les compter, ces petits grains... Sachant pertinemment que des milliers se battaient dans le creux de ma paume. J'ai décidé de choisir les plus foncés, j'en aurais moins à retenir. Ils me révèlent mon âme, comme c'est étrange, et me donne l'allégresse et le bonheur que j'attendais depuis si longtemps. Je crois que cette couleur ocre, me transporte davantage, j'ai bien fait... Je me sens sereine. Je souris. Je lève la tête et découvre devant moi ce merveilleux coucher de soleil. Il me donne les larmes au yeux. Ma gorge se noue devant tant de beauté, mais je me sens presque piégée par l'étoile qui ne m'éblouie plus à cette heure-ci mais qui me donne gracieusement sa couleur et sa sagesse. J'ai le sentiment d'être transportée dans un autre monde, partagée entre mes grains et la lumière, ils se mélangent et se confondent, le hasard a bien fait les choses. Le hasard n'aurait-il pas plutôt mal fait les choses? Si j'avais joué à ce jeu-là cet après-midi, j'aurais certainement choisi les grains jaunes et je n'aurais pu regarder le soleil tant sa lumière m'aurait éblouie.
Je regarde ma main, elle est orange, comme si les grains s'étaient incruster dans ma peau. Je suis troublée, bouleversée, je ne sais plus combien j'en ai compté, toutes ces couleurs me rappelent cette terre que j'avais touchée lorsque jétais toute petite, ocre, Roussillon, village de mon enfance... Je pleure, des larmes se bagarrent sur mon visage pour descendre les premières sur mon cou, si bien que je lache violemment les grains sur le coté, je ne veux plus les voir, je ferme les yeux, je ne veux plus que le soleil m'éclaircisse l'esprit, je ne veux penser à ce village... Toutes ces couleurs sont si chaleureuses et me rappellent tant de souvenirs que je préfère les oublier, la mélancolie me dégoute et me fait peur.
Je vais prendre mon verre, posé à côté de moi depuis tout à l'heure, il m'attend, boisson alcoolisé, rhum, orange sanguine, couleur de mon enfance... L'alcool noiera mon cerveau.

dimanche, juillet 23, 2006

Rosalie connait l'ignorance

L'ignorance devrait être le contraire de la dépendance.
Il DEVRAIT... On n'en est pas certain.
Le rêve serait de pouvoir dire que cet état nous appartient. Rosalie se réveille la nuit et comprend, plutôt devine, à quel point il n'est pas possible de décider. A quel point elle n'a pas le choix... Elle n'écoute plus ses songes et pourtant elle les entend. Elle se rend compte de leur vérité...
Mais elle ne veut pas.
Elle les ignore.
L'ignorance est un état tout puissant qui pourrait mener notre chère Rosalie vers la bienséance, et certainement la liberté. Finis les horaires, sacrées contraintes, finis les étoiles filantes aux couleurs argentées, finies les allumettes aux bouts rouge corail et fines tiges beige... Matière coton. Matière Lin...
Puisque Rosalie existe désormais, puisqu'elle a trouvé sa force, sa présence et son charisme, puisque son chemin est bien tracé et que le silence est tout au bout, elle se laisse aller, les ailes déployées, ignorante du prochain sort qui l'attend, heureux ou malheureux, mais près à la frapper d'une seconde à l'autre.
La vie ne laisse aucun répit à Rosalie. Le temps d'ignorer, mais pas celui de respirer... Vite, vite, active toi, le mal n'est pas bien loin , ignore-le au profit du bon, le bonheur, la légèreté.
Tu es forte et tu gagneras, crois-moi. Déjà tu sais ignorer, c'est pas mal, n'est-ce pas!

dimanche, juillet 16, 2006

Comme un fantôme

Comme un fantôme il rode, il plane au-dessus des autres. Il plane au-dessus d'elles... Toutes les autres... Sauf Rosalie. Il laisse verser des larmes, sans cesse, sans remord. Il s'en moque. Il vole, sans même se rendre compte, le plus profond de chacune. Il détient les secrets, les mystères, les blessures, et les oublie, tant il est transparent et insensible. Un fantôme. Rosalie regarde, Rosalie croise, et tremble, parce qu'elle a peur d'être hantée à tout jamais. Un mouvement de tête fais jaillir tout son sang à travers ses pauvres petites veines fragiles. Putain ce qu'elle a mal! Elle voudrait crier, et sortir, courir pour se foutre au milieu de la chaussée et gueuler sa haine... ne pas la dégueuler... Elle ne voudrait pas se salir.
Rosalie détourne, chiale, tremble, ouais, elle en chie, elle en a des crampes...
Il va trop vite, il fait peur à tout le monde. Une fusée, en fait. C'est étrange d'aller toujours si vite, sans même exister. Sans vie... Mais il est mort tu crois? Si oui, ça veut dire que les fantômes existent alors... La preuve, oui, puisqu'il sommeille en toi... Les fantômes de pensent pas.
Tu ne le reverras que quand tu seras morte Rosalie, dans un autre monde, meilleur certainement, et là tu seras enfin heureuse. Les secrets, les mystères n'existeront plus, il n'y aura plus de tabou, plus de souffrance ni même de plaisir, mais là au moins le fantôme ne sera plus fantôme il sera réel... Il sera vrai.
Ta réalité.
Ta vérité.

samedi, juillet 01, 2006

Bébé respire

À reculons, elle y est allée. Pour voir. Elle est entrée dans les flammes du mal, au risque de se brûler, pensant retrouver ce qu'elle avait perdu. Elle n'a rien senti. Crédule enfant, tout était joué d'avance! Elle n'avait pas compris que ça ne vallait pas la peine de pardonner... Alors pourquoi tenter? Pourquoi jouer? Rien ne la touche plus... Mais, qu'elle s'en aille, au lieu d'affronter sans cesse son âme, au lieu de se laisser chavirer. Qu'elle mette un casque sur ses oreilles et qu'elle écoute de la musique à s'en rendre sourde. Qu'elle retrouve ses goûts d'antan, les sons, les instruments, les mélodies qui l'ont jadis transportées... De grâce... Sombre comme le ciel, couleur bleu nuit, son oeil ne brille plus, et ne brillera que lorsqu'elle aura réussi tout cela. Mais il ne pleut pas, le soleil a chassé ce chien d'orage, il y a bien longtemps déjà. Il l'a méprisé, l'a étouffé, l'a tué. Le ciel retrouvera sa couleur bleu azur, presque blanc transparent.
Ces quelques voix qui fredonnent à son oreille, de plus en plus fort, de plus en plus près, sont emplies d'espoir et de tendresse. Bébé n'est pas seule. Elle est accomgnée d'anges et de notes.
Bébé prend enfin sa respiration.

dimanche, mai 21, 2006

Bébé songe...

L'amour est miracle, éblouissement, grâce, naissance. Elle est jeune et se pose beaucoup de questions. Elle n'est pas crédule, les tourments qui lui viennent en tête sont des plus sensés. Une jeune fille, c'est la barbe n'est-ce pas? Vous ne croyez pas aux miracles? Il faut bien des grands mots pour les grandes choses, et l'amour est un sentiment impressionnant. Bébé l'attend. Elle a peur. Elle n'a jamais connu l'éblouissement, veut le connaître, mais ne veut pas se tromper. Elle se doute que l'homme en face d'elle n'est pas celui qu'elle devrait choisir. Il ment, se dit-elle... L'amour... Supposons que ça existe. Bébé est déroutante. Elle phylosophe. Réfléchir, aller au coeur des choses, avant de vivre les choses du coeur. Parler avant d'agir. Car elle n'est pas une putain. Elle l'a croisé plusieurs fois. Coïncidence, selon lui... Miracle, selon elle. Elle y croit. Elle est troublée.
Bébé change, Bébé grandit, Bébé murit. Bébé parle comme une femme.
... Et dire qu'il s'en est fallu d'un cheveux.
Il ne ment pas, non il trahit. Il trompe. Il frappe.
Bébé souffre, Bébé agit.
Elle devient peut-être quelqu'un d'autre... Elle perd son âme, perd sa dignité, elle frappe à son tour, à sa façon.... Est-elle vraiment consciente? C'est l'acte suivant. Celui qu'elle a choisi. Personne ne comprend. Personne n'ose rien dire. Tout le monde regarde, observe, chuchote. Certains pleurent.
Bébé tue.
Il l'aime? S'il ne peut pas s'en empêcher... Pour elle, c'est fini, elle ne l'aime plus. Il veut aller au coeur des choses. Qu'il y aille, mais elle le laissera à la surface, là où tout est lisse.
Condamnée.
Elle n'a rien à défendre.
Elle est maman.
Hier si douce, aujourd'hui si dure...
Repartir à zéro?
Comme si c'était faisable...
On ne recommence pas sa vie deux fois.
L'amour est miracle, éblouissement, grâce, naissance.
On ne recommence pas l'amour deux fois.
Ses yeux sont si secs. Il n'y a plus d'espoir, même si tout est perdu...
Assise à son bureau, la lettre d'aveu écrite, Bébé songe...
Elle la brûle.
Personne ne connaîtra jamais la vérité sur Bébé Donge.

vendredi, mai 19, 2006

Rosalie écoute

Un air de musique la transporte vers ce qu'on ne peut réellement définir; l'imaginaire... Elle s'engouffre dedans, comme plongée dans un précipice, comme happée par un souffle grandiloquent et majestueux. Elle en est devenue stoïque, ses oreilles sont soutenues par les notes de musique, si bien qu'elle n'entend plus, non, elle n'écoute que cela. Les violons scintillent de leur cordes jusque dans ses yeux. Fermés. Ils devinent les mouvements. Rosalie vibre. Quelques notes, ça et là, envolées, lyriquement, viennent se glisser sur sa peau avant de la faire frissonner. Chair de poule. Est-ce beau? Oui, enivrant. C'est à ce moment que le piano vient s'immiscer. Ah non... Il était déjà là. Mais Rosalie n'avait pas entendu le début du morceau. Un trio. Le piano arrive. Il sautille. Les tympans sursautent au doigt posé sur chaque note. Elle imagine le pianiste envouter son instrument noir et blanc, voué à lui seul. Généreux. Rosalie ne connait pas cette musique, mais elle lui semble déjà si familière qu'elle laisse échapper de sa gorge quelques sons. Quelques notes. Elle fredonne. La bouche fermée. La musique est en elle.
Elle ne la découvre plus. Elle la vit. Elle la devine. Elle l'invente. Elle la crée. STOP!
Elle remet le morceau. Au début.
Piano, piano... Violon... Violoncelle...
Le piano est là. Il a toujours été là, et Rosalie s'en veut de ne pas l'avoir entendu la première fois. La piano bat la mesure.
Elle avait mis le cd par mégarde, ce n'était pas ce qu'elle avait voulu entendre. Le son baissé, elle a dû tourner le bouton avant de découvrir le violon. Il est venu à elle comme une promesse, comme un aveu... Alors que le piano, tout derrière, mais vivant, ne demandait qu'une seule chose, exister. Petit piano. Grand violon.
Lorsque le violon, à son tour, bat la musique, Piano, tu n'existes que pour laisser régner le maître...
Animal à corde, tu es tout. Tu es harmonie, raisonnance, éblouissement, sensualité. Plusieurs tonalités. Plusieurs rythmes. Rosalie voudrait devenir archet et se glisser entre les cordes, pour avoir l'audace et la fierté de créer ces airs.
Mais Rosalie écoute. Elle ne peut faire davantage.
Peut-être que dans quelques mois, elle aura un nouveau bébé, et c'est la tête baissée sur le côté droit, que de ces mains elle pourra laisser échapper un son nouveau, le sien.

samedi, mai 13, 2006

Rosalie a compris

Les toilettes ne sont pas le meilleur endroit pour
Réfléchir à ce qui la trouble chaque jour
Et pourtant elle y est à l'instant même
Après s'y est enfermée elle-même
On pourrait parler de chamboulement mais
Son âme se repose désormais
Elle s'est guérie toute seule de ce mal qui
Hier encore l'empêchait de sourire
Elle a compris pourquoi
Sans savoir le pourquoi
Du comment
Ce comment
Ne sert à rien
N'apprendra rien
A Rosalie
Las, dans son lit
Fenêtres fermées
Coeur désarmé
Coeur affranchi
Coeur ouvert
Lit ouvert
Sourire
Et rire
Vivre

mercredi, mai 03, 2006

Trou noir

Dans la pénombre, je m'y perds. Ce n'est même plus un trou noir... Dans le noir on ne voit rien... Finalement je crois qu'il s'agit plutôt et tout simplement d'un horizon... Horizon lointain et grotesque sans plus aucune vue, sans plus aucun espoir. Il n'est pas noir, il est sombre, et je vois au loin, mais ma vue est trop mauvaise pour discerner correctement, pour capter les moindres mouvements. Mouvements de pensée... Mais pourquoi réfléchir?? Pourquoi? cette question oui... Si vite effacée, si vite ignorée et oubliée. Après tout... Si seulement l'on pouvait mieux voir, on pourrait peut-être comprendre et ne pas juger. Ne plus douter, se poser ces questions. Eternelles et inquiétante questions. Elles ne servent à rien, et resteront toujours sans réponses, alors à quoi bon se les poser.
La volonté n'existe plus... Mais les jours existent, ils sont bien réels. je les ai comptés. 18. Sans voix, sans son, sans parole, sans texte, sans regard, sans geste, sans rien. On dirait un vrai trou noir!!!

Ma petite bijou

Elle est celle pour qui j'ai un respect infini, sans borne. Si elle était un bijou, elle serait une bague, dotée d'une belle pierre précieuse... et Dieu sait combien la bague est un objet précieux pour moi. Elle est celle qui m'a tant donné que je me demande "a-t-elle suffisamment pensé à elle?" Elle est celle qui donne sans compter, justement, et sans attendre. Elle est celle qui donnera toujours de façon totalement désintéressée. Elle est celle qui provoque mes angoisses. Celle qui peut me voir dans les pires états. Celle qui me fait bouillir de rage. Celle qui subit.
Elle est celle qui ne voit pas, celle qui ignore. Elle est celle pour qui je ne peux rien cacher. Elle est celle à qui je cache le mieux.
Elle est celle que je n'aurais jamais imaginer avoir, celle que je n'échangerais pour rien au monde. Je l'aurais choisi les yeux fermés... On me l'aurait donnée en cadeau, j'aurais eu de mal à la recevoir.
Elle est à moi, rien qu'à moi. Elle est celle que je ne peux partager. Celle qui n'a eu que moi. Celle qui en a souffert. Oui, elle est celle qui a souffert devant moi, celle qui a manqué, celle qui a angoissé devant mes yeux parfois durs, parfois inquiets.
Aujourd'hui, elle est celle qui s'embellit malgré les années, malgré ce qui s'arrête, elle est celle qui change, et qui grandit.
Elle est mon exemple.
Elle est celle que je ne voudrais pas être.
Elle a dans mon coeur, la place la plus précieuse.
Elle sera toujours là.
Je le serai toujours.
Ma mère.
Mon bijou à moi

vendredi, avril 21, 2006

HJTA

Si sensible, Si fragile
Bouffée d'amour impossible
Arrachée, dévergondée
Déjà déshabituée
Perdue, et si inconnue
D'elle même elle s'est tue
Pour ne perdre de son sein
Que la raison de sa faim
Le lait et non pas l'amour
Qui sera sain pour toujours

samedi, avril 15, 2006

Rosalie a froid

Elle essaie de fermer son anorak pour essayer de garder la chaleur en elle, tant il fait froid dehors. Mais la fermeture éclair est bloquée. Elle n'y arrive pas. Elle se retrouve livrée au gèle, les mains rouges, presque craquantes et fissurées. Certaines plaies étaient pourtant fermées, mais il fait si froid qu'elles se rouvrent au moindre coup de vent. Un vent glacial qui vient se glisser en elle. Pas sur elle, non, en elle.
Elle a mal, forcément. Elle essaie de se réchauffer en frottant sa main sur elle, sur son corps et sur son coeur. Mais rien n'y fait. Impossible de retrouver la chaleur qu'elle a connu et qui lui plaisait tant. Celle qui la faisait transpirer mais qui la ressourçait. Elle espère, elle pense avoir raison d'attendre le retour de la bonne saison, la haute. Certains (pour ne pas dire beaucoup) pensent que ce n'est pas une solution. Autant retourner là où il fait beau, là où l'on est certain de trouver le soleil et d'avoir chaud, que d'attendre ici, là où il fait froid, et où le corps est attaqué. Plus il fera froid et plus l'âme le sera. N'est-ce pas un peu dangereux? Ne faudrait-il pas déménager, trouver un Pays plus chaud, et se laisser bronzer à travers les rayons du soleil, notre étoile préférée, laisser la chaleur se déposer sur le corps et sentir quelques goutelettes de transpiration se former entre les deux seins.
Rosalie ne sait plus. De quelle manière veut-elle transpirer? De cette manière là, ou d'une autre. Elle semble préférer l'autre puisqu'elle reste dans son Pays, gelée. Pour se faire mal peut-être, pour attendre sûrement.
Mais Rosalie est assez forte pour ne pas MOURIR de froid.

dimanche, avril 02, 2006

Eux non plus

Ils n'étaient en effet pas fait pour se rencontrer. Eux non plus.
Souvenez-vous de ce message que j'avais écrit, il y a quelques mois de cela (ici) Deux êtres, dont les caractères et les vies ne les destinaient pas à se connaître, se sont aimés. Aimés d'un amour déchirant. Il lui a courue après, il l'a voulue, puis il s'est noyé dans cet amour. Comme s'il ne pouvait plus sortir de l'eau, englouti dans une vague trop violente. Est-ce que l'amour a réellement avoir avec tout cela? Certainement pas. Peut-être que l'égoïsme emporte sur le sentiment tant cherché de nous tous... Chacun se bat contre lui-même pour essayer d'exister à travers l'autre. Alors c'est violent, parce que personne ne se reconnait plus, parce que tout le monde a peur de se perdre.
Eux deux n'étaient pas fait pour se rencontrer, et pourtant si ce n'est un aimant qui les attire, est-ce un nouveau sentiment que seul la rancoeur connaît? On ne se comprend pas. Les hommes et les femmes sont si différents. Si d'un mal-être il est envahi, qu'il ne le propage donc pas. Même s'il est conscient, même s'il dit OUI, même s'il doit aimer, qu'il ne donne pas de mauvaises herbes. Comment peut-on réussir à entretenir un jardin rempli de mauvaises herbes, fânées avant l'heure. Il faut laisser la liberté au jardinier de travailler sa terre... pour pouvoir bien récolter. Avec du beau temps. Avec de la pluie. Un peu. Juste ce qu'il faut.
Dans l'autre histoire, elle rencontrait l'homme dans un accident de voiture. Ce fut un accident. Dans cette nouvelle histoire, la rencontre est elle-même un accident, une erreur, un manque. Il a manqué, il a raté, avant d'avoir tout gâché.
Tant pis.

dimanche, mars 26, 2006

Décalage

Il ne s'agit pas d'horaire non, mais d'humeur, je dirais. D'humeur et d'esprit. C'est comme une poire prise pour une pomme. Comme une femme prise pour noix... Oui, c'est ce qu'on aurait dit il y a quelques décennies... Aujourd'hui on dirait "prise pour une conne". On n'aimait pas tellement... On regardait pourtant... On suivait pourtant... Je dirais qu'il s'agit alors de faiblesses, de lacheté, de choses mises à la place du cerveau... Essayons d'être poétique. Oui, c'est ça; la poésie. Qu'y-a-t-il de plus envirant que la poésie, dans ces moments là? Les poètes comprennent, ce sont les auteurs les plus flous et en même temps les plus concrets... La vie, la mort, l'amour. Oui, l'amour, ce grand oiseau... celui qui dépasse, celui qui vaut d'être vécu. Sans décalage. Avec une oreille, des yeux. Pas seulement l'oreille, mais l'écoute qui va avec. Pas seulement les yeux, mais le regard qui suit, qui pénètre, qui parle.
Trop de distance, il s'agit peut-etre de frontières franchies et désormais infranchissables. Plus possible de faire demi-tour, de revenir en arrière.
Silence, dégoût, soulagement.
C'est ça le décalage.

jeudi, mars 23, 2006

Elle plonge

Elle se fait mal, très mal.
Elle plonge, jusqu'à perdre le souffle. Au fond... Tout au fond.
Et là, il n'y a personne pour la remonter.
Elle croyait avoir raison, elle s'est trompée.
Quel drôle de sens! Celui qu'elle choisit ne facilite rien. Il est dangereux.
Impossible de suivre son instinct, elle l'a perdu. Elle n'en a plus.

lundi, mars 13, 2006

Rosalie dans le métro

Les gens marchent vite, les gens se bousculent, les rails sont proches, la rame approche.
J'ai peur, j'ai chaud, ça pue, je déteste...
Et pourtant, il se passe tant de choses ici... tous ces regards... Et cette atmosphère à part, cette ambiance unique.

Rosalie monte et s'assied là où un clodo a dû s'asseoir à cette même place il y a peut-être quelques minutes. Elle ne le sent pas encore, mais une odeur monstrueuse est en train de s'inscruter entre les mailles de son manteau. Elle sort son bouquin, et avant de s'y plonger, regarde la femme assise en face d'elle qui, dès que le train ne gigote pas dans tous les sens, essaie désespérément de mettre du masquara sur ses cils. Elle y arrive, mais Rosalie se plait à regarder sa lutte...
Il a plu, il fait moite dans le métro. L'humidité fait briller les peaux, et Rosalie sent que son front a perdu la poudre qu'elle a mis dessus avant de partir.
Rosalie lit.
Même si son livre la passionne, elle lève régulièrement la tête pour voir qui se met en face d'elle, à la place de la jeune femme qui est partie avec son masquara. Elle se décalle pour laisser passer quelqu'un qui s'assied à côté d'elle. Ce quelqu'un dix fois trop gros est venu se faufiler et se mettre juste là, à cette place, rien que pour faire chier le monde et surtout
Rosalie, qui est obligée de sortir la moitié de ses fesses de son siège pour ne pas être collé.
Rosalie n'arrive plus à lire, les gens bougent trop, ils font du bruit, toussent, mangent. Celui qui a toussé a laissé remonter un molard, Rosalie a eu envi de vomir en l'entendant, ceux qui mangent ont empesté le wagon de leur malbouffe.
Rosalie est dégoûtée.
Rosalie sort enfin, pour changer de ligne.
Sur un autre quai elle attend.
Le train arrive.
Elle monte et s'assied de nouveau. Elle croise un regard. Celui d'un homme. C'est le regard qu'elle attendait. Elle n'aura rien de plus. Peut-être un peu plus de confiance... ce qui est déjà pas mal.

samedi, mars 11, 2006

Rosalie s'est fait mal

Je me suis coincée les mains dans la porte.
Et maintenant je saigne, c'est malin.

Rosalie ment

Rosalie prend son téléphone et l'appelle. Depuis des mois elle y pense. Normal, il la hante depuis des années. Elle se bouffe les doigts en pensant à lui, même si elle ne le voit plus depuis des siècles. Dans une rivière elle laisse tomber ses ongles et ses peaux et devine le reflet de son visage. Les cheveux bruns, presque grisonnants... Tout à fait grisonnants oui! Cette image que le lac lui renvoie lui fait mal au coeur.
Elle prend son téléphone et l'appelle. Elle repense à cette journée qu'elle a passé près de l'eau. Pourquoi l'eau lui a tant donné? Pourquoi le liquide est entré en elle comme le souvenir de l'homme est encré en elle?
Elle compose le numéro. Elle frissonne. Son coeur bât. La chamade? Sagan? Elle se souvient du visage de Catherine Deneuve allongé sur le torse de son amant. Elle entend le coeur battre. Le mien, pardon, le sien bât. Elle marche dans la rue sombre et mouillée par cette pluie fluette et salissante... Il fait frais et en même temps assez lourd, elle a chaud, froid. Ca sonne.
"Alloooo!" Il est en forme, le salaud.
"Allo, A.?".
" Oui!".
"C'est Rosalie"
La voix change, elle est soudainement beaucoup moins en forme. Connard. Elle fait comme si elle ne remarquait pas ce changement subi. Elle fait comme si... Elle a l'habitude avec lui. Mais elle est bloquée et ne peut plus rien dire. Impossible de trouver les mots. C'est toujours comme ça. Elle se renferme, Rosalie, elle ne peut pas faire autrement. Pourtant, elle sait bien l'ouvrir sa gueule quand il le faut. Elle sait se défendre. Mais le vaurien la terrorise. Rosalie, prends sur toi, concentre toi, c'est quand même pas compliqué, il n'est pas là, en face de toi, il ne va pas te mordre!!! Parle!!! Eh bah non, elle l'écoute raconter ses trucs de merde, dont elle se contre fout. Il n'est pas naturel. Il n'est pas simple. Je pense que s'il était en face d'elle, elle lui foutrait sa main dans sa gueule de bouffon. Dans ses rêves oui!!! Elle n'oserait pas. Elle l'écouterait cet hypocrite! Elle préfère rester polie. De visu, elle aurait tout autant fait mine de... De ppfff, merde, comme d'hab, d'avoir le sourire, et de dire que tout va très bien. Superficiel.
"Je vais me marier".... Silence. "C'est pour ça que je t'appelle en fait, je voulais que tu sois au courant..."
Ce mensonge plus fourbe, plus malsain, plus déloyal que cette personne, rend Rosalie si forte qu'il devient naturel , bienvenu et plus honnête que tout.
Il ne répond pas, il est mal le gros con. Il sera encore plus mal quand il se sera pris aussi ça dans sa gueule:
"Je suis enceinte"
Il ne dit rien.
Elle ne se contrôle plus, elle veut l'enfoncer. Il est en voiture, il pleut, il fait nuit, il va peut-être avoir un accident. Mais elle n'en a rien à foutre, peu importe, elle le déteste tant que son amour pour lui la rend imprévisible et insensible.
"Mais c'est génial"... Menteur.
"Attends euh... jte rappelle Rosalie, je conduis, il pleut, euh... Je t'embrasse... Ciao!!"
Rosalie a retrouvé la parole...
VA TE FAIRE FOUTRE!

jeudi, mars 02, 2006

Rosalie s'en fout

Elle a grossi, mais elle s'en fout. Elle ne veut même plus se peser, elle risquerait de chialer comme une pauvre fille qui n'assume pas ses excès et ses pulsions. Bah oui! si tu te laissais moins aller, ma pauvre, tu serais moins grosse. Et ce n'est pas le sport, allez, le mini sport que tu fais une fois tous les quinze jours, qui va arranger ton sort.
De toutes façons, tu t'en fous, tu t'en moques, je sais que les cacahuètes tu les boufferas, que la vinasse tu la boiras, et le chocolat tu t'engloutiras... Parce que cet élémént ne peut entrer en toi que violemment. Il est essence même du réconfort, du soulagement...
Pour quoi? Pour qui?
Jte le demande!!
Tu dis que tu t'en fous, mais tu sais que ce n'est pas comme ça qu'on refait les choses, qu'on refait le monde. Arrête de croire que tout ira mieux comme ça. Arrête de nous le faire croire, tu n'es qu'une menteuse, une trafiquante, imposteuse (ça se dit pas mais moi jle dis!), je n'ai plus confiance en toi.
Rosalie, j'ai cru bon de t'offrir mes soins. Je t'ai faite Reine, j'ai voulu que tu sois heureuse, accomplie, mais mon éponge est essorée, elle n'a servie à rien... Je suis fatiguée.
J'ai cru bien faire, j'aurais pu aller plus loin, donner plus, mais (comme dirait l'autre!) que de soins perdus... mes efforts m'ont épuisée pour rien. Quand je te regarde, après tout ce tumulte, je ne vois rien de brillant dans tes yeux, je ne vois rien de précieux, je ne vois plus rien.
Et tu t'en fous. L'important est ailleurs. L'important n'est plus là, près de toi. L'important t'échappe, l'important est à des milliers de kilomètres... L'important c'est lui.
Donc peu importe nous, les autres, nos yeux, nos pensées... Ton poids, tes grimaces, tes cernes, tes humeurs.
Je comprends que tu t'en foutes!

lundi, février 20, 2006

Rosalie

Rosalie ne sait pas si elle a raison, mais ce sentiment d'abandon est si fort qu'elle se laisse totalement guider par cette emprise. Elle est toute lourde. Elle se laisser aller.
Victime pour le moment, elle répondrait qu'elle sait parfaitement ce qu'elle fait.
Demain, en se réveillant, elle dira peut-être qu'elle a eu tort.
Elle a mal au bras, elle a mal au coeur et pourtant elle se jette dedans, comme si elle pouvait s'y réfugier. Comme si personne ne pouvait la voir. Comme si personne ne pouvait la retrouver.
Il fait sombre dans ce trou à rat, et Rosalie est tellement menue qu'elle s'y est glissée toute seule. Personne ne peut plus la retrouver maintenant, personne ne peut plus la voir. Elle peut continuer tranquillement, se cacher, à se laisser envahir par ses envies. Et surtout y répondre.
Elle avance discrètement dans ce taudis, glauque, sale, humide... merde!! Elle s'est fait mal là, elle saigne... C'est pas grave, puisqu'elle sourit. Peut-être que finalement elle est contente. Tout est comprimé, elle est obligée de passer en se mettant de profil, puis elle voit au loin qu'elle devra se tasser. Oh la la, elle commence à avoir du mal a respirer. Je vais étouffer si ça continue comme ça!!! Mais il faut y aller, il faut que j'y aille. Et puis il faut que je trouve un moyen de soigner ma plaie... Peut-être que là-bas, tout au fond, il y aura ce qu'il faut. Jme sens si bien. Quel bonheur d'aller au bout de ses envies. Je continue, je continue, se dit-elle. Aïeee!!! jme suis encore fait mal. Je ne sais pas viser c'est pour ca. Oh, et puis il fait trop sombre ici, j'en ai marre, c'est humide, ça pue le moisi, fais chier!!!!!
Et c'est quoi ce bordel là qui hurle dans mes oreilles.... Ah, mais c'est horrible, un buz qui me hurle dessus alors que je suis sensée être au septième ciel!!! qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça, jme sentais si bien!!!! jme sentais légère, enfin, jme sentais plâner! Malgré la blessure, malgré l'odeur, malgré tout!!!! J 'étais bien, parce finalement je ne sentais rien.
Le réveil a sonné.
Rosalie rêvait.

dimanche, février 19, 2006

Petite étoile

N'oublies jamais combien ton regard a frappé le mien. La première fois que je t'ai vue, je ne l'oublierai jamais. Ce jour-là, j'ai compris. Tu m'as été offerte, et j'ai su te cueillir; tu es ma fleur, ma rose... Ma petite plume, mon chaton. Tes yeux, ta bouille, tes rires... je les entends encore ces petits rires d'enfant, je revois encore ces sourires. Ils ont dû changer. Tu as dû grandir. Mon petit bébé, mon petit ange, fais de chair et de sang. Mon petit trésor, bien caché dans mon coeur. Mon coeur, qui toujours sera disponible pour toi... Je t'aime, tu me manques, mais j'attends. Je n'ai pas le choix. J'attends de te revoir, alors que toi, petit papillon, tu auras déjà commencé à déployer tes petites ailes... J'aurais aimé pouvoir te guider davantage. Il n'en est pas ainsi. Dommage. Mais le ciel décide, le ciel nous guide, et je te demande de ne pas oublier qu'il nous a permises à nous deux de nous connaitre. Je t'entends respirer, et même si je suis loin, même si je ne suis pas si présente, je ferai toujours en sorte que ta respiration ne soit pas trop encombrée de chagrins. En sorte qu'elle reste a tout jamais limpide. En suite je ferai mon possible pour deviner tes peines. Je veux que tu sois heureuse et sereine, je veux être en mesure t'écouter... Pour que tu brilles en paix... Pour que tu scintilles.
Mon coeur est brisé et tu le sens, petite étoile, tu ne comprends pas, mais tu le sens. Tu m'observes, tu t'imprègnes, et je m'épuise de ce regard omniprésent.
Personne ne peut comprendre... Il n'y a que nous deux... C'est entre toi et moi... Je pense à toi, toujours.
J'attends.

(Inspiré de "Little Star" de M)

Ah la la la la la la!!!!

Ayé, j'ai encore plus de commentaires!!!!! Ca va mal aller... Je vous préviens!!!!

Le sang qui coule

Ce ne sont plus des larmes, mais du sang qui coule sur ses joues. Du sang amère, comme ce songe qui lui a traversé l'esprit. Un songe devenu cauchemard. Ses larmes coulent le long de son visage, et lui rappellent l'épaisseur de son sang qui passait sur ses pomettes, ce jour où elle s'est jeté la tête contre le mur. Ce souvenir la hante, alors qu'aujourd'hui le présent la bouffe. La nausée l'a envahie. Elle en a dégueulassé ses draps. Elle s'est brisée les tripes, les a vidées, avant de s'endormir. Longtemps... D'un sommeil si profond qu'elle n'a pas entendu son réveil. Et ça pue chez elle. Ca pue la vomissure. Elle a rendu toute son âme sur sa couette. Apparemment elle ne se rend pas compte. En fait, elle ne veut pas savoir. Pourtant elle se doute. Elle devine. Son putain de ventre s'arrondit de jour en jour. Elle le maudit! Si elle pouvait, elle lui cracherait dessus. Ce matin, c'est ce qu'elle fera quand elle se regardera dans la glace. J'en suis sûre.
Est-ce qu'elle doit faire ces analyses qui confirmeront son état? N'est-il pas plutôt nécessaire de se faire une raison? Et de laisser la nature faire les choses; attendre. Mais attendre quoi, bordel?? Que le ventre se déchire de vergeture? Qu'il prenne trop de place dans son jean? Comment le tuer? Comment trouver un moyen d'effacer? D'oublier... D'étranges pensées, mortelles, morbides, funestes, traverse cet esprit jusqu'à ce jour généralement empli de philosophie, de sagesse, de bon sens...
Mademoiselle a peur, mademoiselle fuit, mademoiselle souffre, aime, brûle, salit, déchire, agite, frotte, tue, éclate le foetus à peine formé, et le laisse jaillir d'elle... Une flaque de sang. Elle se couche près d'elle, comme pour dormir à côté de quelqu'un, esquissant un geste de tendresse, prête à dessiner du doigt un coeur... ensanglanté. Elle ferme les yeux. Son visage ne présente aucune émotion.
Ce ne sont plus ses joues, mais ses cuisses qui sentent le sang couler. Un sang puant, épais, poreux, gluant. C'est laid, c'est monstrueux... mais ce n'est plus un songe.

lundi, février 13, 2006

Peut-être

Peut-être qu'il faut briser les liens pour être conscient de leur valeur, de leur importance. Du poids qu'ils ont. Peut-être qu'il faut se brûler les doigts pour sentir la chaleur. Peut-être qu'il fait se couper les veines pour entendre le coeur. Peut-être que c'est aussi simple que ça finalement. Peut-être qu'il ne faut rien faire... Peut-être qu'il ne faut rien dire et attendre. Peut-être qu'un jour la vérité sera avouée... et peut-être qu'un jour on sera soulagé. Peut-être qu'ils trouveront leur place à chacun, et alors le soleil n'aura plus rien à faire. Peut-être qu'il fera beau tous les jours, peu importe la météo. Peut-être que le silence suffira. Peut-être que tout ça n'aura servi à rien. Pour cet instant là... Peut-être que le bruit ne réveillera plus personne, et que la musique les guidera. Peut-être que leur souhait sera exhaussé. Peut-être que finalement, le temps est perdu... peut-être que finalement tout ça n'en vaut pas la peine. Peut-être que les larmes sont sèches. Peut-être que ce visage ne changera plus jamais. Peut-être que cette bouche ne se transformera plus jamais en coeur. Peut-être que ce morceau ne sera qu'un mauvais souvenir. Peut-être... Avec des si... Note de musique... Peut-être...

samedi, février 04, 2006

Evidemment

Bien sûr, oui... Parce qu'elle sait. Parce qu'elle comprend. Elle imagine... Elle se doute d'un mutisme soudain provoqué par sa présence... et devine les moqueries. Elle se doute de l'ineffable regard des autres. De cette voix passée sous silence le temps de sa présence, et lâchement retrouvée au moment, à l'instant, à la seconde même où la porte sera fermée. Elle se censure pour se protéger, tique pour se masquer. Sourit, lorsqu'elle est en confiance, et se ferme, oublie de regarder, lorsqu'elle se sent en danger.
Malgré tout, elle est comprise, observée et vue, par ce voile blond et noir... Gris et brun. Qui oscille, qui essaie, mais qui garde secrètes ses impressions, qui dissimule son embarras.
Elle est dans son coin, et devine tous les doutes, toutes les maladresses, tous les masques. Tout ce qui lui paraît si évident à elle seule. Tout ce qui lui semble naturel et logique.
Elle aurait aimé, elle aurait voulu... Il n'en a rien été, mais elle a bien fait.

mardi, janvier 31, 2006

Carnivore

Au diable les avares de sang... J'aime. Rouge... Noir... Comme un vampire je te trancherai la gorge pour avaler ton souffle. Celui que tu ne me donnes pas... celui que tu m'as retiré plutôt. Salaud. Longue, longue est ma chute à travers la rivière de ce sang giclant de toi. Je le vois dégouliner entre les marches, entre les étages, telle une longue nuée rougeâtre... Même s'il dégueule goutte par goutte, j'le rattrape. J'me purifie avec. Comme les autres, tu m'as lynchée, tu m'as volé mon âme, pour la peine jte vole ton liquide. Il la rafraichira mon âme et en fera une plus belle, tu verras... A mon tour, je m'enfonce un couteau dans le coeur pour que le jus éclate sur ta gueule aussi violemment que possible. Piano. Piano. Attention. Jte donne mon sang. Oui. Et jle lècherai plus tard, parce que je ne peux pas te donner un seul morceau de moi, une seule goutte. J'veux juste me laver j'te dis! Tu te souviens de Hannibal. Il parait qu'il pouvait bouffer la gueule de n'importe qui. Je me rends compte là tout de suite que moi aussi je pourrais bouffer... Mais ta gueule à toi seulement! Tiens, et si on mélangeait nos deux sangs? Pour ne faire qu'un. Pour le laisser couler le long de nos dos, j'adooooore.... Ce goût. Ce fer. Je jouis rien que d'y penser. J'en meurs. Jte le crache. Après on danse. OK? Dos à dos. Sang contre sang.
Je deviens carnivore... Je ne sais plus ce qu'est le poisson. J'oublie son odeur. Pourtant je ne mangeais que ça avant. Jamais de viande. Maintenant, j'ai le nez injecté de sang. Rempli de lui, caché dans mes narines, il me salit.
Jme dégoute. Ce n'est pas moi. Ce n'est plus moi.

dimanche, janvier 29, 2006

Brouhaha

Rien que du bruit.
Beaucoup de fûmée.
Des yeux dans le vague.
Un verre de vin.
Très peu servi.
Resservi.
Deneuve est moche!
Elle vieillit mal.
Passy, Montaigne.
Poisson, Poulet?
Riz ou nouilles??? Putain c'que les Nouilles sont bonnes!!!
Que des gays!!! Au mieux des bi!!!!
et tout le monde rit.
Alcoolique et grosse.
Taille 3, oui forcément!
Monsieur ou madame? Peut-être Il ou Elle? Un transsssss comme on dit.
Arabe, malienne, malgache, chinoise....
Tennis ou Badminton???
Putain, mais qu'est-ce que jfous là???

Non, pas une musique harmonieuse...
La fûmée pleins les poumons lui rappelle quelqu'un...
Ses yeux s'ennuient et préfèreraient voir autre chose...
Mais, après plusieurs verres de vin,
Assez servis,
Rouge sur Blanc.
Elle assure...
Deneuve vieillit comme elle peut...
A Saint Sulpice, elle préfère.
Poisson oui!
Avec des nouilles sautées!!!
Tellement différente. Tellement loin.
Et elle fait semblant de rire.
Elle a des gros seins oui c'est vrai!
Mais non, pourtant c'est taille 2!
Madame il faut dire. Monsieur est devenu Madame. On peut dire aussi ielle si on veut!
Polonaise aussi??? Ca alors!
Ah non pas de sport, mais en fait beaucoup de spasmophylie.
En même temps j'ai choisi d'être là...

Peut-être qu'elle pourra un jour lui dire.
Un jour remercier. Montrer. Prouver.
C'est ce qui a le plus marqué sa journée et ce qui compte réellement pour elle. Tout ce qui contruit cette montagne de seuvrage. Tout ce qui développe son pouvoir, sa sensibilité.

Merci.

Elle aurait aimé

Elle aurait aimé...
Avoir quelqu'un à qui se confier, quelqu'un à qui parler, à qui donner, à qui offrir. Quelqu'un avec qui dormir. Quelqu'un à protéger. Une partenaire, un partenaire. Un égal. De même racine, de même sang. Avoir les mêmes yeux, ou peut-être les mêmes mains. La même couleur de peau, la même forme des lèvres, ou des yeux. Etre énervé pour les mêmes choses, les mêmes réflexions... Ne pas être seul face aux crises, disputes, séparations. Pour enfin, aimer les mêmes personnes, les mêmes adultes... Les mêmes parents.
Il n'en est rien.
Elle est seule.
Alors elle s'est inventée une vie. Elle s'est donnée des partenaires, les fameux, ceux qui pourraient remplacer celui ou celle qu'elle n'a pas pu avoir. Imaginaires ou réels, elle en a connu plusieurs. Dans sa chambre, petite, elle parlait toujours à l'un deux. A l'école, en classe, elle avait toujours une soeur de coeur, avec laquelle ses rapports ne pouvaient être autrement que passionnels.
Puis le jour est venu où elle a menti et trahi... Elle a fait comme si... Comme si un de ses personnages imaginaires existait vraiment. Elle a fait croire que... Elle n'aurait jamais cru être capable d'aller aussi loin, mais elle voulait être comme tout le monde.
Elle aurait aimé avoir un frère ou une soeur. Elle n'en a pas eu. Elle aurait aimé jouer avec quelqu'un, prêter sa barbie ou voler une voiture. Une miniature en fer. Bleue, verte, rouge. Celle de son frère. Celui qui n'existe pas. Elle aurait aimé coiffer une petite pelluche vivante. Blonde, brune, rousse, bouclée. La chevelure de sa soeur. Celle qui n'existe pas.
Elle est seule.
Alors "pour faire genre", comme on dit, elle a fait comme si... Lorsque l'âge des nouvelles rencontres est arrivé, lorsqu'elle est rentrée dans le grand bain de la vie, presqu'adulte, et qu'elle a rencontré diverses personnes, toutes ignorantes de sa vraie vie, elle leur a dit qu'une soeur avait suivie sa route. C'était faux. Jalouse, malheureuse, perdue, elle s'est confondue dans ses propres mensonges, honteuse et ridicule le soir en rentrant chez elle, elle se frappe la tête contre la vitre, elle se juge, elle se déteste... se méprise.
Pourquoi vivre à travers un mensonge aussi ridicule? Une fois qu'il est né, il n'est plus possible de l'effacer. Impossible de revenir en arrière.
A ce jour, elle ne sait même plus ce qu'il en est, elle ne connait même plus les histoires inventées, les mélanges, les fourberies cachées. Oui, il s'agit de fourberie, car mademoiselle est fourbe, et aujourd'hui, elle se sent sale, mauvaise. POURQUOI?
Elle a perdu son frère ou sa petite soeur, elle a perdu un compagnon, ce bébé qui devait pousser dans le ventre de sa maman, il n'a pas eu le temps de respirer, de prendre l'air... Il n'a pas pu EXISTER. Il fallait qu'elle trouve le moyen de le faire vivre malgré tout, non?

dimanche, janvier 22, 2006

Ritournelle

Brûlé, il est brûlé à vif, et l'a brûlée au passage. Elle a morflé de l'intérieur, mais se relève toute seule. Comme une grande. Elle a fait ce qu'elle a pu. Elle n'a pas eu le choix. Oui, parce qu'elle n'est pas un pansemant qu'on jette tous les jours dans une poubelle. Elle le déteste, au point de renier tous les moments, de les oublier, de faire comme si tout cela n'avait pas existé... Mais ta souffrance je l'emmerde et toi aussi. Il lui dit avoir fait des efforts, mais elle en a fait dix fois plus. Il ne s'en rend même pas compte. Il s'est servi d'elle, sans tenir compte de sa fragilité, de ses faiblesses. Ton agressivité je la vomis, je te la rends, garde-la pour une pauvre fille qui prendra ma place... demain soir. Car, je sais que je ne suis pas inoubliable, sinon tu ne m'aurais pas traitée comme ça.
Il l'a brûlée oui, comme il a brûlé son corps. Il se déchire de l'intérieur et s'arrache la peau de ses souffrances, sans tenir compte de celle qui observe, de celle qui l'accompagne pendant ce trajet douloureux et prenant. Il est d'un égoïsme sans pareil, dit qu'il en est conscient, mais ne fait pas le moindre effort pour changer. Alors elle suit le guide, souffre aussi, pleure dès qu'elle le quitte. Et pourtant elle voudrait être sa ritournelle, autant que cet air de musique l'est lors de leurs ébats. Elle voudrait lui dire qu'elle l'aime mais sent que ce n'est pas une bonne idée. Elle se tait. Elle a raison. Elle voudrait arracher son coeur et le lui offrir, pour qu'il cesse de lui faire du mal, pour qu'il comprenne combien ce temps perdu leur coûte et creuse un doute. Avant de creuser la distance. Elle maigrit, fume comme un pompier. Elle est fatiguée, pleure, boit, elle ne pense qu'à lui. Elle oublie les gens qui l'entoure. Elle perd le contrôle tout en le gardant. Elle ne sait plus qui elle est. Et tout ça en très peu de temps. Qui est-il pour avoir cette emprise? Il parle d'argent, parle de lui sans cesse. Il brise toutes ses espérances, lui casse le moral dès qu'il peut. Sans oublier que pour l'instant, une seule chose l'inquiète: comment va-t-il s'habiller pour sortir ce soir? putain!!!! Alors que tu pourrais lui faire l'amour, espèce de con. Elle n'attend que ça. Toi, lui, elle, vous! Elle est venu te rejoindre dans ce taudis pour quoi?? Elle te veut! Elle veut être avec toi, même si ça empeste le riz trop cuit, même si c'est sale, même si elle déteste cette chambre et cet appart, cette ambiance glauque, humide et malsaine. Du coup, elle plaint celle qui prendra sa place dans ce lit qui pue, qui transpqire l'amour sale, qui transpire de cet amour inavoué, ou mensongé peut-etre. Il la regarde. Il l'aime, elle le sait, elle le sent, et pourtant il ne le lui dira pas. Son regard le trompe, mais il est tellement mal qu'il ne s'en rend pas compte. Et aujourd'hui il se prend une claque comme rarement il a dû s'en prendre. J'espère qu'il le regrettera toute sa vie, parce que sa merde il n'a pas le droit de la faire bouffer à quiconque.
Son scooter, ses yeux, son dos, il se brise le corps, avant de se briser l'âme, il n'a plus de respect pour ce qui fait de lui un être.
Je crois que c'est dommage.
Arracher cette âme, et pourtant le suivre pendant tout ce temps, au lieu de le fuir, au lieu de se protéger; avant de se libérer, car durant des jours et des jours elle a tenté d'y échapper, de se défaire de ses branches trop lourdes, trop blessantes. Combien de fois s'est-elle écorchée? Combien de fois s'est-elle inquiétée? Putain de vie où les êtres ne se rencontrent jamais au bon moment; je voudrais bien t'enfoncer un poignard pour faire gicler de toi toutes ces mauvaises herbes... C'est trop tard, c'est fini, je suis partie. Je suis libérée.
Malheureuse pour un temps, mais heureuse pour l'instant.