mardi, juin 28, 2005

Etouffer

Rien n'arrive à temps, les murs se referment, m'empêchent de resprirer. Ce silence est pesant, si difficile à porter dans ce lieu si abstrait qu'est le coeur. Il bât et feint de faillir au moindre malentendu; il étouffe, ne gonfle plus. Il attend la voix, celle qui le sauvera, qui l'enlèvera de ce tourment, imprégné en lui depuis trop de temps. Sa chair est à vif, puisque c'est dans cet état que je le laisse battre. Il entend le trombone qui résonne à l'instant et qui tentera de le délier de ce sentiment. Les murs sont de plus en plus proches, impossible de voir plus loin, assez loin. L'au-delà s'approche, il se noit de ces pensées, toutes aussi complexes, agaçantes, enivrantes, rarement suaves. Elles sont en moi parce que je ne suis pas assez forte pour m'en épargner, j'ai la volonté, mais mon inconscient s'égare du bon sens et laisse place aux images. je ne lui en veux pas, c'est normal. Tu me manques, parce que tu n'existes plus, réellement. Tu es là, tout le monde te voit, je te vois, je suis envoutée... Par ton âme, ton regard, ta présence, ton aura. Et pourtant, je ne suis pas sûre que ce temps en vaut la peine. Tu ne me vois pas toi, mais tu me devines. Mes traits, tu les connais, tu les reconnaîtrais parmis mille. Je le sais. Quelles sont tes angoisses? Je les entends, je sais qu'elles existent, mais je ne les comprends pas, je ne les connais pas, car tu ne les partages pas. En tout cas, pas avec moi. Sûrement parce que je n'en vaux pas la peine, n'est-ce pas? Je ne suis pas comme les autres. Pourquoi ce silence, pourquoi ce mystère? Les murs ne me laissent maintenant plus la place de respirer, de voir une quelconque ombre qui me libérera de ces incendies qui ont enflammés mon coeur... Je m'enfonce dans un delirium tremens et je n'ai plus aucune tendresse pour les prochaines sèves.

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