lundi, décembre 26, 2005

Décembre

Dans ma ville lumière, un matin de décembre, je suis descendue pour sentir l'air glacial, celui qui me fait craquer la peau fragile et fine de mes mains, celui qui me congèle et me brûle le nez à me faire couler les larmes. Je n'ai plus la télé, je n'ai pas pu voir la météo hier soir... je voulais savoir s'il faisait aussi froid qu'hier. Alors puisque j'ai fini d'écrire mon roman, et après avoir eu les larmes d'un accouchement, je suis sortie.
Cet air glacial est en effet rentré dans mes veines. Je n'arrive pas à savoir s'il m'a congelé ou brulé le sang. J'ai mal, mais... Le facteur est passé et j'ai une lettre, de toi. Je la lis. Je pensais que tu m'envoyais un message d'amour, de là où tu es, au chaud, au soleil, sur une île... Non, tu me dis que tu me quittes, que tu ne m'as peut-être jamais aimée. C'est marrant, moi non plus. Jamais. Il n'y a pas de peut-être. Il n'y a que certitude.
Donc, je m'en vais. Je change d'adresse pour ne plus recevoir ce genre de message. Pour ne plus dormir dans cette maison où jadis nous dormions ensemble. Pour ne pas faire l'amour avec un autre que toi ici, là... Je jette le matelas, le lit, je jette tout ce que tu m'as offert, cet abat jour, cette télé.... Je jette tout.
Je te déteste autant que je t'aime encore, je t'aime autant que je souffre.
Je vais remonter chez moi, j'ai froid. Je suis passée à la pharmarcie prendre une crème pour mes mains, il n'y avait pas de crème pour mon coeur. J'en aurais peut-être une pour Noël.
S'il te plait, donne-la moi... au moins.

merci BB.

jeudi, décembre 22, 2005

BDJ

Elle a longtemps marché, essayé de comprendre ce qui lui a traversé l'esprit, de comprendre pourquoi elle y est allée. Pourquoi a-t-elle fait ça? Elle n'y pense que sensiblement. Concrètement, elle fondrait en larmes. Elle a mal, mal au coeur. Depuis qu'elle a quitté le lieu du péché, il bat étrangement, comme pour la punir, comme en une crise de tachycardie. Elle est fatiguée et s'assied sur un banc. Les pieds mouillés par les feuilles mortes tombées des arbres, elle lève ses jambes pour les laisser pendre au dessus du sol; elle regarde ses ballerines noires. Son mari les lui a offertes. Elle aime cette petite sangle couleur argent, carré, au bout. Au magasin elle a préféré celle-ci à l'autre qui n'en avait pas.
Le soleil n'est pas là, le ciel est gris, mais la lumière est claire. Il n'est pas nécessaire pour autant de porter des lunettes de soleil. Elle les retire. Elle ne supporte pas le regard des autres, et semble avoir peur qu'on la reconnaisse. Mais personne ici n'est au courant, personne ne peut deviner. Elle repose les lunettes sur son nez. Elle tremble. Il fait froid dans ce parc, les arbres et les feuilles mouillées par la pluie de cette nuit rafraichissent davantage l'atmosphère.
Va-t-elle rentrée chez elle maintenant? Elle ne peut pas. Elle a peur. Peur que son mari devine.
Elle détache les premiers boutons de son manteau et entre sa tête à l'intérieur pour sentir, pour inhaler l'odeur encore installée sur sa robe. Elle sent la chaleur restée sur son corps. Il faudra vraiment prendre une douche en rentrant. Il est 17h. Il rentrera vers 18h. Il faut y aller.
Dans l'ascenceur qui l'élève jusqu'à son appartement luxueux, elle craque. Elle pleure, se sent sale et se dégoute.
Elle déboutonne son manteau, manteau de marque, dézippe sa robe verte, couleur de l'espérance, retire son fond de robe et ses sous vêtements, avant de les jeter dans le feu, tout juste allumé par la femme de ménage. Elle vient de partir. Elle part tous les jours à 17h. Elle ne voulait pas la voir. Elle a fait exprès de rentrer juste après.
Elle se regarde dans la glace et remarque les marques de maquillage que ses larmes ont tracées. la blondeur de ses cheveux, le vert de ses yeux encore rouges, sa fine bouche, elle regarde tout, observe tout de ce visage coupable, de son visage qui, tout à l'heure s'est transformé sous les vertiges du plaisir. Elle le retrouve comme elle l'a trouvé ce matin, éteind. Elle a dû être si belle tout à l'heure.

dimanche, décembre 04, 2005

Changement de pseudo

Je ne suis plus Bichette, je suis Doudou!!!