dimanche, mai 29, 2005

Tellement

Elle lui ressemble tellement. Et tellement peu a la fois. Tout à l'heure, elle a eu une mimique de la bouche qui m'a donnée un frisson, j'ai vraiment cru la voir. Je me suis sentie mal, ca m'a fait horreur. Elles ont les mêmes yeux, le même grain de peau, la même bouche. Cette bouche si asymétrique! Je suis obligée, à plusieurs reprises, de m'isoler quelques instants, parce que son visage me trouble, me dérange... car ce n'est pas ELLE. Ce n'est pas mon être exceptionnel... je respire profondément, parce que je m'évade en la regardant, je la dévisage, je retrouve mon ange perdu... Elle raconte, je l'écoute, je m'absorbe de ses dires, je me nourris, je veux qu'elle me parle d'elle... Mais elle est si différente, elle ne m'écoute pas quand je parle, je m'y perds à force, parce que ma mamie, elle, elle m'écoutait quand je lui parlais, je partageais, je vivais avec elle. Et là j'espère retrouver ce partage. Mais dans quel leurre je me confonds? Pourquoi y songer? Elles sont si différentes! Elle était tellement à part. Je sens que cette femme que je connais si peu, ne me fait pas confiance, ne m'écoute pas et ne m'aime pas tant que ça. Inutile d'aller plus loin, je ne peux attendre d'elle que des souvenirs, des sources de sa vie avec cette femme qui me manque comme jamais quelqu'un ne m'a manqué. Tu es tellement unique ma petite mamie, j'ai cru pouvoir te retrouver en elle, mais c'est chose vaine. Absurde! Il m'est presque désagréable à certains moments de la regarder et de croiser son regard, parce que tu es là en elle, physiquement et que ce physique me manque aussi. Comme c'est étrange, ce grain de peau m'a tellement manqué pendant toutes ces années... Il m'est si familier, je l'ai enfin retrouvé. Je me sens ressourcer de le voir là, mais pas suffisemment parce que malheureusement le coeur n'y est pas, l'âme non plus. Ce n'est pas toi, mais il faut savoir accepter ce que la vie nous offre. Et là je me dois d'accepter de passer ce moment avec cette femme, ta soeur, une des tes soeurs... Celle qui finalement, bien que très différente, te ressemble le plus. Merci à toi d'être encore là et de passer ces moments avec nous. Je me suis trompée, je suis amère parce que tu n'es pas ma grand-mère... mais je suis heureuse de t'avoir avec moi...
Ma petite mamie, je me rends compte en passant ces moments avec ta soeur, à quel point tu étais grande, unique, à quel point, si j'avais pu avoir le choix, je t'aurais choisi parmis les quatre. Tu n'es plus là, mais je n'en veux aucune à ta place, car elle ne te valent pas. Tu étais complexe certes, mais je t'aimais et t'aimerai toujours telle que tu étais... Je te rendrai hommage toute ma vie comme tu le mérites... grande dame que tu es.

Même si...

Même si tu m'aimes bien, même si je ris avec toi, même si tu me donnes ce regard, cette voix, cette douceur, je t'en veux, c'est comme ça.
Même si tu penses à moi, même si tu as confiance, même si tu y crois, je t'en veux, encore, c'est normal.
Et quitte à partir de là, quitte à perdre la raison, je t'oublie peu à peu, tu t'effaces, ton image fond dans mon esprit. Cette brûlure - qui m'a bouffée le ventre malgré moi, au détour d'un regard cynique, le tien - je l'ai oubliée. Je ne te vois plus, je ne t'imagine plus, je me mets à te détester... Car tu t'es égaré. La pensée n'est pas tout; pour moi tu n'es pas là, tu n'es plus là, et c'est comme ça.
Tu n'as jamais été là...
Ne me demande jamais pardon, je reparle de mon ventre qui a brûlé pour toi, qui s'est consumé; je me souviens maintenant de cette sensation affreuse, de cette souffrance qui me bloquait les larmes, me séchait les yeux, gonflait ma gorge, puis la nouait. Je ne souriais plus, je ne vivais plus.
Tu m'en voudras peut-etre aussi un jour, car je me ferai rare à mon tour, tu t'en feras pour moi, et je ne serai plus là; tu verras à quel point j'en vaux la peine.
Et même si je pars, mon esprit pleurt, crie, je fais semblant, voilà pourquoi je ne te regarde pas, je ne veux plus jamais te montrer ce que je ressens, ce que je vis, l'épine avec laquelle tu m'as piquée m'a trop blessée; je ne veux plus que le sang coule en moi à cause de toi. Quitte à te perdre. Je préfère que la rose fâne.
Enfin si tu m'aimes, à en mourir, tu regarderas derrière toi, tu te souviendras peut-être ce que tu as feint d'ignorer, d'échapper... Même si je t'aime, je ne me retournerai pas.
Très lointainement inspiré de la chanson "même si tu pars", de BB.

jeudi, mai 26, 2005

On est tous passé par là

On a tous été malheureux, l'amour est le sentiment le plus fort, mais le plus violent, le plus douloureux qui soit. Sans la trahison, sans la déception d'abord, aimer est une bataille. Elle n'en peut plus, elle s'en fatigue... Elle croit le voir dans la rue, se retourne derrière ces hommes qui, au final, ne lui ressemblent pas du tout. Elle se sent mal, elle a le coeur qui bat, puis la nausée l'envahit. Où est-il? Elle ne veut plus le chercher, mais il est son obsession parce qu'elle l'aime, elle est envoûtée. Quel sentiment étrange que de se sentir si dépendante, incapable d'avancer chaque jour sans lui, sans se dire qu'il est sa force, sa passion, son aura... Plus que ça, son "MOI". Même si tu ne m'aimes pas, ne t'en fais pas, je suis là pour toi, tu es mon guide, ma foi, je suis à toi pour toujours, mais... Impossible de vivre avec une ombre, un espoir, un leurre. Il y a d'autres garçons dans la rue là, ceux que tu crois être lui! Qu'ont-ils en eux? De l'amour aussi. A te donner, te faire partager. Car ce mot est un mot que tu ne connais pas. Ignorante.
Lui qui t'a ignorée, tu en as ignoré l'adjectif qui va le mieux avec ce sentiment qu'est l'amour.
Ouvre les yeux, dégage toi de cet aveuglement qui t'enferme, dans lequel tu t'oublies totalement humainement et physiquement. Ton âme est bien assez pure, pour quelle soit partagée sereinement avec qui le voudra et l'acceptera. Stop aux mensonges, aux faux-semblants, laisse place à un homme. Un autre... Un vrai.

lundi, mai 23, 2005

A pas lent (2)

Pendant plusieurs jours il ne pu s'empêcher de penser à elle. Impossible de se défaire de cette image. Sans savoir pourquoi il fut si attiré par la silhouette de cette jeune femme, il se souvient l'avoir imaginée, suivie pendant toute l'après-midi alors qu'il avait pleins de choses à faire. Il n'avait pas le temps... mais à la vue de cet ange, il s'est arrêté, et depuis a du mal à redémarrer.
Est-ce que j'ai envie de la revoir, ou bien est-ce que je ne dois pas reprendre le risque d'y retourner? Mais j'ai tellement envie de la retrouver et tout lui avouer, à sa boutique, ou bien en bas de chez elle. Non en bas de chez elle, ce n'est pas assez simple. Je vais aller la retrouver à la boutique.
Il est passé devant au moins trois ou quatre fois, sans arriver à rentrer. Elle ne l'a pas vu, pas une seconde son ombre ne lui a fait détourné son regard. Ce qui l'étonne d'ailleurs, car il ne doit pas y avoir énormément de passage dans cette petite rue. Pourquoi ne me voit-elle pas? Son orgueil est soudainement touché, lui qui a si facilement séduit les femmes... Il a peur de rentrer. Mais pourquoi suis-je comme ça? Pourquoi cette femme lui fait-elle cet effet? Lorsqu'il l'observe à travers la vitre, il la trouve charmante, jolie, mais ne voit pas en quoi il est si traversé par cette apparence. Il pourrait très bien rentrer et lui parler, pour entendre le son de sa voix, sentir son regard posé sur lui, enfin. Mais ses mains sont moites à cette idée. Son coeur bat, il a peur... Quel étrange sentiment que d'être à ce point bouleversé par une jeune femme. Inconnu qui plus est. Lui qui a connu tant de femme, de sourire, de regard.
Le voilà à côté de la boutique depuis près d'une heure, il a oublié les rendez-vous auxquels il aurait dû se rendre pendant tout ce temps et est en train d'en louper d'autres. Son travail n'a plus d'importance, soudainement, alors qu'il était sa passion, après sa femme.
Sa femme, oui sa femme qui l'attendra encore ce soir, qui travaille à cette heure, mais qui peut très bien passer en voiture là où il est prostré, figé, paralysé, par une autre, qui n'a rien fait pour et qui est bien loin d'imaginer le trouble qu'elle provoque.
Le jeune homme qu'il a vu l'autre jour entre dans la boutique, et lorsque la jeune femme le voit, son regard s'illumine il vient l'enserrer dans ses bras, si fort que ses pieds se soulèvent du sol. Suffoqué, il s'en va, enfin...

vendredi, mai 20, 2005

c'était sa dernière chance

Je me suis demandée comment pouvait-on imaginer que le futur n'était plus probable, comment pouvait-on vivre sachant que là, ça y est, c'est l'impasse... c'est fini... peut-être... Arrêter, flancher, partir, vivre avec cette angoisse, sans pouvoir en parler à personne. Sans vouloir en parler. Faut savoir rester digne, je ne sais pas, ce que j'ai vécu n'est peut-être pas significatf, le poisson n'est peut-etre pas le meilleur démonstrateur... et pourtant je l'ai aimé ce poisson... pourquoi ne m'a-t-il pas clairement dit ce qu'il ressentait, pourquoi m'a-t-il filé entre les doigts?... tu me manques, si tu savais, en ce moment bcp, j'en ai les larmes au yeux, tu as été mon rayon de soleil, pendant des années, ma flamme, ma mamie, ma maman, mon exemple, et tu as tiré ta révérence... tu m'as laissée, tu nous a quitté, j'en veux à la vie de nous avoir retiré cet être exceptionnel. Peu importe ce qu'en pense les gens, mais je sais que tu es là près de moi, peut-être plus en ce moment que d'habitude, voilà pourquoi dès que je pense à toi je gonfle d'émotion, mon visage devient rouge de retenue, car même avec moi je suis pudique, je m'empêche de respirer, de laisser sortir la douleur de ton absence. ça y est je pleure...

samedi, mai 14, 2005

je l'ai vu et...

je l'ai trouvé
prétentieux,
mais pourtant mal dans sa peau, dans sa tête,
manipulateur,
faux,
superficiel, comme ses propos,
fourbe,
macho,
presque ridicule,
vaniteux,
exubérant,
vantar,
et oui, ridicule,
hypocrite,
trompeur,
mais tellement beau, tellement attirant,
J'ai eu peine à croire que cette aura lui était propre, comment est-ce possible qu'elle lui appartienne?
j'ai vraiment été décue...

L'ami

Mais où est-donc l'ami que partout je cherche?
Dès le jour naissant mon désir ne fait que croître.
Et quand la nuit s'efface, c'est en vain que j'appelle,
Je vois ses traces, je sais qu'il est présent.
Je sens qu'il est présent partout où la sève monte de la terre
Où embaume une fleur et où s'incline le blé doré
Je le sens dans l'air léger dont le souffle me caresse,
Et que je respire avec délice
Et j'entends sa voix qui se mêle, au chant de l'été

Ma Saison Préférée, 1992

mardi, mai 10, 2005

toutes des poules!!!

Alors autour de moi en ce moment ca fuse!!!! Elles sont toutes enceintes!!!! Ou bien elles viennent d'accoucher! Moi qui voulais avoir un petit bébé très très jeune, comme ma moumoune, jvoulais être maman très jeune, et bien non!!!! Non, c'est non! bon d'accord, ca va oh! je vais attendre!
y'en a une ca y est elle a accouché, mais bon c'est pas quelqu'un que j'aime beaucoup, alors je vais pas en parler. Enfin je l'aime bien, mais sans plus quoi. Bon bref, j'ai pas envie d'en parler, jm'en fous un peu. C'est comme une autre là aussi qui m'a annoncée la semaine dernière qu'elle était enceinte, mais jm'en fous aussi. Mais non jm'en fous pas mais j'ai pas envie d'en parler ici quoi!!!!! oh ca suffit maintenant!!!! BON! Alors. Y'en a une autre, alors elle jl'aime bien, son ventre est tout arrondi, ca me fait bizarre et pourtant ce n'est pas quelqu'un qu je connais très bien, mais je pense que c'est parce qu'elle à mon âge, et que je ne m'attendais pas du tout à ce qu'elle tombe enceinte elle!!!! Mais ça lui va tellement bien!!! Maintenant je vais vous parler d'une amie qui est enceinte et là je voudrais que tout le monde s'interroge sur cette incompréhension et cette injustice!!!!!!! POURQUOI au bout de trois mois, est-elle toujours en train de vomir partout, mal de crâne, fatigue accumulés, cette bonne demoiselle est épuisée! alors moi je vais vous dire, je ne trouve pas ça très gentil de la part de la dame qui s'appelle nature, parce que vomir jtrouve pas ca naturel jveux dire, hein! bon, c'est pas cool quoi, parce que IL PARAIT que ça s'arrête à un moment, genre au début du troisième mois. Ouais bah je vois pas où ça s'est arrêté hein!!! parce qua moi en plus, pleine d'attention, l'autre jour jlui ai fait un tiramisu, eh ben elle l'a même pas mangé!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! JE POUSSE UNE GUEULANTE ET DIS STOOOOOOOOOOOOOOOP AU VOMI!!!!! nan mais c'est qd même un monde ça!!! enfin, voyons, bref, pourquoi, ailleurs, demain, je suis absurde???? tant mieux!!!
(si vous m'avez entendue madame la nature... allez soyez clémente.... SIL VOUS PLAIT....)

RER

Il s'est approché de moi, je l'ai senti venir, comme toujours je les sens venir... Comme un enfant il mangeait des bonbons, des crocodiles. "Pourquoi est-ce que vous êtes triste?", me dit-il. "Je ne suis pas triste, je suis fatiguée". On me dit souvent que j'ai l'air triste, je ne peux pas faire autrement, je ne vais pas changé mon visage. C'est ce que j'ai essayé de lui expliquer. Ce garçon, d'un caractère étrange, à sa façon de parler, de s'exprimer, de me regarder, a attiré mon attention. Il m'arrive régulièrement de me faire aborder dans le métro, et je suis vite froide, distante, voire désagréable (à mes risques d'ailleurs!) quitte à "mettre des vents" et avancer plus loin sur le quai, agacée. Mais là je l'ai écouté me raconter ses histoires "ce matin dans mon jardin, j'ai trouvé 2 hommes morts, c'était des roumains, et je suis allé chez les flics, j'y ai passé 4 heures, pour leur expliquer la situation; que je ne les connaissais pas ces gars, moi, que je n'y étais pour rien s'il s'étaient battus et entretués dans mon jardin après s'être bourrés la gueule.... et pourtant, malgré cette aventure, je ne suis pas triste..."
"Mais je vous ai dit que je n'étais pas triste!"
"Ah oui pardon".
Il m'a demandé où j'allais, je lui ai dit que je rentrais chez moi, il m'a dit que c'était mieux vu l'heure, que ca aurait été un peu étonnant que là, je parte de chez moi. Il était 0h17. Je n'étais pas agacée, je passais un bon moment et, lui aussi me disait que c'était sympa de discuter comme ça tranquillement, que j'en parlerai peut-être le lendemain, que je raconterai " tiens hier soir un black est venu me parler, c'était sympa, convivial, ça m'a permis de ne pas voir le temps passer, et de ne pas être seule sur le quai, les yeux dans le vide, l'air triste.... Il se reprend en disant que quoiqu'il arrive cet air triste me sied bien. je l'ai remercié! "vous aimez bien raconté des histoires...." "non j'aime bien discuter, faire passer le temps comme ça" "Non mais, ce qu'il vous est arrivé ce matin, ce n'est pas vrai, n'est-ce pas?"
Temps.
Sourire, en coin...
"Non, c'était pour trouver un moyen d'entamer la conversation..."
Le rer est arrivé, il m'a tout de suite annoncé qu'il montait dedans pour descendre à la prochaine station, et que si j'y descendais également il ne fallait pas que j'ai peur, qu'il ne me suivrait pas... "pas d'ambiguité!" Comment il y aurait pu en avoir? Plus ça allait, plus son air efféminé ressortait, son regard s'affirmait dans ce sens et son sourire le prononçait. Nous nous sommes assis et très naturellement il m'a balancé cette phrase: " Et toi tu écris, c'est ça?" Je n'ai pas relevé à la seconde, mais à la deuxième seconde: "pourquoi est-ce que tu me poses cette question?" "Comme ça pour discuter" "Non! je te demande Pourquoi tu me poses cette question exactement?" "ah.. Mais, parce que je suis médium... pas dans le sens où je prédis l'avenir, mais dans le sens ou je suis intuitif, je perçois... comme ton grain de beauté là... je sens qu'il vient de ton père. Ou non, de ton grand père, de ta grand-mère." Je lui ai répondu que je ne savais pas, il m'a dit que lui il savait; ce grain de beauté vient de mon grand-père ou ma grand-mère. "Mais donc tu écris ou tu lis." "les deux", je lui ai répondu... Il m'a demandé ce que j'écrivais, mais je n'ai pas répondu, le train est arrivé à sa station, il m'a dit qu'on se reverrait... dans les étoiles, et sans la fatigue... laissons les étoiles faire leur travail, et "fais bien attention à toi", cette phrase m'a faite froid dans le dos, je l'ai trouvé si sincère, si honnête, que j'ai été troublée, touchée. J'ai eu l'impression que cet ange, sortant de nulle part, était venu quelques instants me protéger... Son regard, son sourire, sa main me faisant coucou lorsqu'il est sorti... Etait-il vrai? Ou bien l'ai-je rêvé?

dimanche, mai 08, 2005

A pas lent

Il marchait à pas lent, derrière elle, se demandant quel visage pouvait-elle avoir. Cela faisait bien deux heures qu'il la suivait, dans ce grand magasin, aux multiples étages, aux multiples rayons, aux multiples femmes... Toutes se ressemblent, sacs au bras, tous de marques, Vuitton, Chanel, Dior... Toutes clonées par la mode, par les magazines, qui EXPLIQUENT comment IL FAUT s'habiller, comment il faut ETRE, pour être regardée, à la mode. Elles se bousculent, se dévisagent, se méprisent, évitent d'essayer les mêmes vêtements... Mais cette femme qu'il observe et qu'il suit depuis un long moment n'est pas des leurs. Elle marche lentement, entre les rayons, regarde les vêtements, soupire en voyant les prix, attristée sûrement de ne pas avoir les moyens de se les offrir. Un air de jazz retentit dans le magasin, il la voit sourire, ce morceau lui plait, elle semble le connaître; ses lèvres bougent aux paroles de cette chanson. J'ai caché, mieux que partout ailleurs, au jardin de mon coeur, une petite fleur... De profil l'a-t-il vue. Il fait en sorte de ne jamais la voir de face, il joue à cache-cache, en fait presque un mythe. Il veut l'imaginer; son regard, la couleur de ses yeux, la forme de sa bouche... Sera-t-il déçu s'il la voyait de face subitement? En a-t-il vraiment envie? La voilà au rayon des bijoux. Elle ne résiste pas et demande à essayer un collier. Il voit sa nuque attendre le bijou, impatiente de la sensation qu'elle aura lorsqu'il se déposera... Il imagine le frisson, le regard lumineux, la chair de poule... elle essaie également les boucles d'oreilles... Mais après quelques instants de rêve, elle rend les Perles, les Diamants.... Sa démarche a changé, elle est encore plus lente... Peut-être de désespoir... Il n'a toujours pas vu son visage. Il la suit toujours, elle prend le métro, lui aussi. C'est une des premières fois qu'il le prend. Il a vite acheté un billet, il a eu peur de la perdre en chemin, pendant ce moment, peur que le métro arrive, et qu'il ne puisse pas le prendre à temps. Mais il n'y avait pas tant la queue à la billetterie, elle est toujours là lorsqu'il arrive sur le quai. Il la voit de profil encore, mais cette fois, de l'autre. Il baisse la tête, ne veut pas en voir tant. Elle arrive chez elle. Elle entre. C'est là qu'il ne peut plus la voir. C'est là qu'il se décide à retourner au grand magasin. Il achète la parure et retourne en bas de chez elle. Et il attend. Peut-être est-elle ressortie entre temps, peut-être est-elle chez elle et ne ressortira plus... Un homme arrive et entre dans l'immeuble. Il va chez elle, il en est sûr. Subitement, il en est très jaloux, il fait les cent pas pour se calmer, le paquet dans sa poche... Il veut voir son visage maintenant, il veut la voir!!!
La nuit arrive.
L'homme et la jeune femme sortent. Il avait raison.
Il les suit. Ils vont au restaurant. Il y rentre également et s'installe à une table, non loin d'eux, mais de sorte qu'il la voit de dos. Lorsqu'il sont sortis de l'immeuble, il n'a pas bien vu son visage, la nuit le cachant, mais s'en convient finalement très bien. Il continue à faire travailler son imagination, observant avec attention ses mouvements; ses mains, sa tête, il voit lorsqu'elle la bouge, et qu'elle sourit, ses pommettes se décider. Il se lève et aussi discrètement que possible dépose le paquet dans la poche du trench de la jeune femme suspendu au portemanteau.
Ils s'en vont, elle ne semble pas s'apercevoir que sa poche gauche est plus lourde. Ils arrivent devant l'immeuble, ils discutent, elle n'a pas l'air content. L'homme s'en va. Elle rentre, énervée.
Il restera là, devant l'immeuble, toute la nuit, sur ce banc sali par les merdes de pigeons! Il dormira dessus, souillant son costume Armani.
Il est 8 heures, elle sort de l'immeuble. Elle porte la parure! Elle est exactement comme il l'avait imaginée. Son regard, ses yeux, sa bouche... Son imagination le comble, le souffle couplé, il n'en revient pas. Il tremble, ne sait ce qu'il doit faire... Est-il tombé amoureux de cette jeune femme qu'il ne connaît même pas? Elle ressemble si parfaitement à ce qu'il avait imaginé qu'il est fou d'elle... Il la suit, jusqu'à son travail, une boutique de disque du 5e arrondissement.
Il sait qu'elle travaille là, il sait où elle habite, il doit maintenant aller travailler lui aussi, peut-être aller prendre une douche, chez lui, chez sa femme, avec laquelle il vit et leurs deux enfants...

samedi, mai 07, 2005

En amour il y en a toujours un qui souffre

Balzac... Chaque nuit et chaque jour, par où, je ne sais pas, l'amour s'enfuit, nous oublie et nous abandonne lâchement. Pour une autre ou pour un autre. La souffrance est ce qu'il y a de moins bien partagée. L'un regarde et l'autre souffre, l'un vit, et l'autre subit. Pourquoi en amour, il y en a toujours un qui souffre et l'autre qui s'ennuie? Pourquoi jamais les deux coeurs ne sont à même niveau, à même mesure? Un couple ne peut-il être possible qu'à la condition que l'un des deux domine? Rapport de force si tu es là, je te tue! je te brise, car tu fais mal, et quand bien même tu es nécessaire, je comprends que chaque être qui s'aime se défende de ses envies et veut montrer sa force, mais la souffrance je la maudis, je la peste. Pourquoi l'un souffre et l'autre s'ennuie? C'est le plus mauvais des remèdes, mais le plus facile à trouver... Il parait qu'ont fait toujours souffrir ceux que l'on aime le plus... je crois que c'est bien vrai. Mais quel cercle vicieux!
Vous trouverez que je suis cynique, mais tout cela ne me ressemble pas, je cherche simplement à comprendre et savoir pourquoi, les hommes, les femmes, sont comme ils sont...

vendredi, mai 06, 2005

Le ciel est blanc cassé

Aujourd'hui, mauvais réveil, pourquoi tant d'amertume? d'agressivité? pour ces gens malheureux et qui le font subir aux autres. Le ciel est blanc cassé et devient gris, le sourire s'efface et laisse place aux sourcils froncés, au regard noir. Parce que la vie n'est pas comme on le souhaiterait, parce que demain est toujours le même jour. Le bonheur est accessible à tout le monde, il est inutile de se venger sur ceux qui y sont sensibles, pour les nuire, les contrarier. Insensibles que vous êtes, ne touchez plus à ce ciel, laissez-le moi BLEU, je le veux intact!

Bonjour!

Pour commencer, une petite présentation de mon blog.
Rien de spécial, je pense juste des impressions, des sensations, sûrement des coups de gueule... peut-etre que cela changera avec le temps, mais tout d'abord, je ne sais pas bien pourquoi je créé ce blog, donc je ne sais pas ce que je veux y mettre, ni faire partager... mais à ceux qui viendront le lire, je ne vous laisserais jamais j'espère indifférent, car j'ai toujours quelque chose à dire!!!