lundi, février 20, 2006

Rosalie

Rosalie ne sait pas si elle a raison, mais ce sentiment d'abandon est si fort qu'elle se laisse totalement guider par cette emprise. Elle est toute lourde. Elle se laisser aller.
Victime pour le moment, elle répondrait qu'elle sait parfaitement ce qu'elle fait.
Demain, en se réveillant, elle dira peut-être qu'elle a eu tort.
Elle a mal au bras, elle a mal au coeur et pourtant elle se jette dedans, comme si elle pouvait s'y réfugier. Comme si personne ne pouvait la voir. Comme si personne ne pouvait la retrouver.
Il fait sombre dans ce trou à rat, et Rosalie est tellement menue qu'elle s'y est glissée toute seule. Personne ne peut plus la retrouver maintenant, personne ne peut plus la voir. Elle peut continuer tranquillement, se cacher, à se laisser envahir par ses envies. Et surtout y répondre.
Elle avance discrètement dans ce taudis, glauque, sale, humide... merde!! Elle s'est fait mal là, elle saigne... C'est pas grave, puisqu'elle sourit. Peut-être que finalement elle est contente. Tout est comprimé, elle est obligée de passer en se mettant de profil, puis elle voit au loin qu'elle devra se tasser. Oh la la, elle commence à avoir du mal a respirer. Je vais étouffer si ça continue comme ça!!! Mais il faut y aller, il faut que j'y aille. Et puis il faut que je trouve un moyen de soigner ma plaie... Peut-être que là-bas, tout au fond, il y aura ce qu'il faut. Jme sens si bien. Quel bonheur d'aller au bout de ses envies. Je continue, je continue, se dit-elle. Aïeee!!! jme suis encore fait mal. Je ne sais pas viser c'est pour ca. Oh, et puis il fait trop sombre ici, j'en ai marre, c'est humide, ça pue le moisi, fais chier!!!!!
Et c'est quoi ce bordel là qui hurle dans mes oreilles.... Ah, mais c'est horrible, un buz qui me hurle dessus alors que je suis sensée être au septième ciel!!! qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça, jme sentais si bien!!!! jme sentais légère, enfin, jme sentais plâner! Malgré la blessure, malgré l'odeur, malgré tout!!!! J 'étais bien, parce finalement je ne sentais rien.
Le réveil a sonné.
Rosalie rêvait.

dimanche, février 19, 2006

Petite étoile

N'oublies jamais combien ton regard a frappé le mien. La première fois que je t'ai vue, je ne l'oublierai jamais. Ce jour-là, j'ai compris. Tu m'as été offerte, et j'ai su te cueillir; tu es ma fleur, ma rose... Ma petite plume, mon chaton. Tes yeux, ta bouille, tes rires... je les entends encore ces petits rires d'enfant, je revois encore ces sourires. Ils ont dû changer. Tu as dû grandir. Mon petit bébé, mon petit ange, fais de chair et de sang. Mon petit trésor, bien caché dans mon coeur. Mon coeur, qui toujours sera disponible pour toi... Je t'aime, tu me manques, mais j'attends. Je n'ai pas le choix. J'attends de te revoir, alors que toi, petit papillon, tu auras déjà commencé à déployer tes petites ailes... J'aurais aimé pouvoir te guider davantage. Il n'en est pas ainsi. Dommage. Mais le ciel décide, le ciel nous guide, et je te demande de ne pas oublier qu'il nous a permises à nous deux de nous connaitre. Je t'entends respirer, et même si je suis loin, même si je ne suis pas si présente, je ferai toujours en sorte que ta respiration ne soit pas trop encombrée de chagrins. En sorte qu'elle reste a tout jamais limpide. En suite je ferai mon possible pour deviner tes peines. Je veux que tu sois heureuse et sereine, je veux être en mesure t'écouter... Pour que tu brilles en paix... Pour que tu scintilles.
Mon coeur est brisé et tu le sens, petite étoile, tu ne comprends pas, mais tu le sens. Tu m'observes, tu t'imprègnes, et je m'épuise de ce regard omniprésent.
Personne ne peut comprendre... Il n'y a que nous deux... C'est entre toi et moi... Je pense à toi, toujours.
J'attends.

(Inspiré de "Little Star" de M)

Ah la la la la la la!!!!

Ayé, j'ai encore plus de commentaires!!!!! Ca va mal aller... Je vous préviens!!!!

Le sang qui coule

Ce ne sont plus des larmes, mais du sang qui coule sur ses joues. Du sang amère, comme ce songe qui lui a traversé l'esprit. Un songe devenu cauchemard. Ses larmes coulent le long de son visage, et lui rappellent l'épaisseur de son sang qui passait sur ses pomettes, ce jour où elle s'est jeté la tête contre le mur. Ce souvenir la hante, alors qu'aujourd'hui le présent la bouffe. La nausée l'a envahie. Elle en a dégueulassé ses draps. Elle s'est brisée les tripes, les a vidées, avant de s'endormir. Longtemps... D'un sommeil si profond qu'elle n'a pas entendu son réveil. Et ça pue chez elle. Ca pue la vomissure. Elle a rendu toute son âme sur sa couette. Apparemment elle ne se rend pas compte. En fait, elle ne veut pas savoir. Pourtant elle se doute. Elle devine. Son putain de ventre s'arrondit de jour en jour. Elle le maudit! Si elle pouvait, elle lui cracherait dessus. Ce matin, c'est ce qu'elle fera quand elle se regardera dans la glace. J'en suis sûre.
Est-ce qu'elle doit faire ces analyses qui confirmeront son état? N'est-il pas plutôt nécessaire de se faire une raison? Et de laisser la nature faire les choses; attendre. Mais attendre quoi, bordel?? Que le ventre se déchire de vergeture? Qu'il prenne trop de place dans son jean? Comment le tuer? Comment trouver un moyen d'effacer? D'oublier... D'étranges pensées, mortelles, morbides, funestes, traverse cet esprit jusqu'à ce jour généralement empli de philosophie, de sagesse, de bon sens...
Mademoiselle a peur, mademoiselle fuit, mademoiselle souffre, aime, brûle, salit, déchire, agite, frotte, tue, éclate le foetus à peine formé, et le laisse jaillir d'elle... Une flaque de sang. Elle se couche près d'elle, comme pour dormir à côté de quelqu'un, esquissant un geste de tendresse, prête à dessiner du doigt un coeur... ensanglanté. Elle ferme les yeux. Son visage ne présente aucune émotion.
Ce ne sont plus ses joues, mais ses cuisses qui sentent le sang couler. Un sang puant, épais, poreux, gluant. C'est laid, c'est monstrueux... mais ce n'est plus un songe.

lundi, février 13, 2006

Peut-être

Peut-être qu'il faut briser les liens pour être conscient de leur valeur, de leur importance. Du poids qu'ils ont. Peut-être qu'il faut se brûler les doigts pour sentir la chaleur. Peut-être qu'il fait se couper les veines pour entendre le coeur. Peut-être que c'est aussi simple que ça finalement. Peut-être qu'il ne faut rien faire... Peut-être qu'il ne faut rien dire et attendre. Peut-être qu'un jour la vérité sera avouée... et peut-être qu'un jour on sera soulagé. Peut-être qu'ils trouveront leur place à chacun, et alors le soleil n'aura plus rien à faire. Peut-être qu'il fera beau tous les jours, peu importe la météo. Peut-être que le silence suffira. Peut-être que tout ça n'aura servi à rien. Pour cet instant là... Peut-être que le bruit ne réveillera plus personne, et que la musique les guidera. Peut-être que leur souhait sera exhaussé. Peut-être que finalement, le temps est perdu... peut-être que finalement tout ça n'en vaut pas la peine. Peut-être que les larmes sont sèches. Peut-être que ce visage ne changera plus jamais. Peut-être que cette bouche ne se transformera plus jamais en coeur. Peut-être que ce morceau ne sera qu'un mauvais souvenir. Peut-être... Avec des si... Note de musique... Peut-être...

samedi, février 04, 2006

Evidemment

Bien sûr, oui... Parce qu'elle sait. Parce qu'elle comprend. Elle imagine... Elle se doute d'un mutisme soudain provoqué par sa présence... et devine les moqueries. Elle se doute de l'ineffable regard des autres. De cette voix passée sous silence le temps de sa présence, et lâchement retrouvée au moment, à l'instant, à la seconde même où la porte sera fermée. Elle se censure pour se protéger, tique pour se masquer. Sourit, lorsqu'elle est en confiance, et se ferme, oublie de regarder, lorsqu'elle se sent en danger.
Malgré tout, elle est comprise, observée et vue, par ce voile blond et noir... Gris et brun. Qui oscille, qui essaie, mais qui garde secrètes ses impressions, qui dissimule son embarras.
Elle est dans son coin, et devine tous les doutes, toutes les maladresses, tous les masques. Tout ce qui lui paraît si évident à elle seule. Tout ce qui lui semble naturel et logique.
Elle aurait aimé, elle aurait voulu... Il n'en a rien été, mais elle a bien fait.