dimanche, mai 21, 2006

Bébé songe...

L'amour est miracle, éblouissement, grâce, naissance. Elle est jeune et se pose beaucoup de questions. Elle n'est pas crédule, les tourments qui lui viennent en tête sont des plus sensés. Une jeune fille, c'est la barbe n'est-ce pas? Vous ne croyez pas aux miracles? Il faut bien des grands mots pour les grandes choses, et l'amour est un sentiment impressionnant. Bébé l'attend. Elle a peur. Elle n'a jamais connu l'éblouissement, veut le connaître, mais ne veut pas se tromper. Elle se doute que l'homme en face d'elle n'est pas celui qu'elle devrait choisir. Il ment, se dit-elle... L'amour... Supposons que ça existe. Bébé est déroutante. Elle phylosophe. Réfléchir, aller au coeur des choses, avant de vivre les choses du coeur. Parler avant d'agir. Car elle n'est pas une putain. Elle l'a croisé plusieurs fois. Coïncidence, selon lui... Miracle, selon elle. Elle y croit. Elle est troublée.
Bébé change, Bébé grandit, Bébé murit. Bébé parle comme une femme.
... Et dire qu'il s'en est fallu d'un cheveux.
Il ne ment pas, non il trahit. Il trompe. Il frappe.
Bébé souffre, Bébé agit.
Elle devient peut-être quelqu'un d'autre... Elle perd son âme, perd sa dignité, elle frappe à son tour, à sa façon.... Est-elle vraiment consciente? C'est l'acte suivant. Celui qu'elle a choisi. Personne ne comprend. Personne n'ose rien dire. Tout le monde regarde, observe, chuchote. Certains pleurent.
Bébé tue.
Il l'aime? S'il ne peut pas s'en empêcher... Pour elle, c'est fini, elle ne l'aime plus. Il veut aller au coeur des choses. Qu'il y aille, mais elle le laissera à la surface, là où tout est lisse.
Condamnée.
Elle n'a rien à défendre.
Elle est maman.
Hier si douce, aujourd'hui si dure...
Repartir à zéro?
Comme si c'était faisable...
On ne recommence pas sa vie deux fois.
L'amour est miracle, éblouissement, grâce, naissance.
On ne recommence pas l'amour deux fois.
Ses yeux sont si secs. Il n'y a plus d'espoir, même si tout est perdu...
Assise à son bureau, la lettre d'aveu écrite, Bébé songe...
Elle la brûle.
Personne ne connaîtra jamais la vérité sur Bébé Donge.

vendredi, mai 19, 2006

Rosalie écoute

Un air de musique la transporte vers ce qu'on ne peut réellement définir; l'imaginaire... Elle s'engouffre dedans, comme plongée dans un précipice, comme happée par un souffle grandiloquent et majestueux. Elle en est devenue stoïque, ses oreilles sont soutenues par les notes de musique, si bien qu'elle n'entend plus, non, elle n'écoute que cela. Les violons scintillent de leur cordes jusque dans ses yeux. Fermés. Ils devinent les mouvements. Rosalie vibre. Quelques notes, ça et là, envolées, lyriquement, viennent se glisser sur sa peau avant de la faire frissonner. Chair de poule. Est-ce beau? Oui, enivrant. C'est à ce moment que le piano vient s'immiscer. Ah non... Il était déjà là. Mais Rosalie n'avait pas entendu le début du morceau. Un trio. Le piano arrive. Il sautille. Les tympans sursautent au doigt posé sur chaque note. Elle imagine le pianiste envouter son instrument noir et blanc, voué à lui seul. Généreux. Rosalie ne connait pas cette musique, mais elle lui semble déjà si familière qu'elle laisse échapper de sa gorge quelques sons. Quelques notes. Elle fredonne. La bouche fermée. La musique est en elle.
Elle ne la découvre plus. Elle la vit. Elle la devine. Elle l'invente. Elle la crée. STOP!
Elle remet le morceau. Au début.
Piano, piano... Violon... Violoncelle...
Le piano est là. Il a toujours été là, et Rosalie s'en veut de ne pas l'avoir entendu la première fois. La piano bat la mesure.
Elle avait mis le cd par mégarde, ce n'était pas ce qu'elle avait voulu entendre. Le son baissé, elle a dû tourner le bouton avant de découvrir le violon. Il est venu à elle comme une promesse, comme un aveu... Alors que le piano, tout derrière, mais vivant, ne demandait qu'une seule chose, exister. Petit piano. Grand violon.
Lorsque le violon, à son tour, bat la musique, Piano, tu n'existes que pour laisser régner le maître...
Animal à corde, tu es tout. Tu es harmonie, raisonnance, éblouissement, sensualité. Plusieurs tonalités. Plusieurs rythmes. Rosalie voudrait devenir archet et se glisser entre les cordes, pour avoir l'audace et la fierté de créer ces airs.
Mais Rosalie écoute. Elle ne peut faire davantage.
Peut-être que dans quelques mois, elle aura un nouveau bébé, et c'est la tête baissée sur le côté droit, que de ces mains elle pourra laisser échapper un son nouveau, le sien.

samedi, mai 13, 2006

Rosalie a compris

Les toilettes ne sont pas le meilleur endroit pour
Réfléchir à ce qui la trouble chaque jour
Et pourtant elle y est à l'instant même
Après s'y est enfermée elle-même
On pourrait parler de chamboulement mais
Son âme se repose désormais
Elle s'est guérie toute seule de ce mal qui
Hier encore l'empêchait de sourire
Elle a compris pourquoi
Sans savoir le pourquoi
Du comment
Ce comment
Ne sert à rien
N'apprendra rien
A Rosalie
Las, dans son lit
Fenêtres fermées
Coeur désarmé
Coeur affranchi
Coeur ouvert
Lit ouvert
Sourire
Et rire
Vivre

mercredi, mai 03, 2006

Trou noir

Dans la pénombre, je m'y perds. Ce n'est même plus un trou noir... Dans le noir on ne voit rien... Finalement je crois qu'il s'agit plutôt et tout simplement d'un horizon... Horizon lointain et grotesque sans plus aucune vue, sans plus aucun espoir. Il n'est pas noir, il est sombre, et je vois au loin, mais ma vue est trop mauvaise pour discerner correctement, pour capter les moindres mouvements. Mouvements de pensée... Mais pourquoi réfléchir?? Pourquoi? cette question oui... Si vite effacée, si vite ignorée et oubliée. Après tout... Si seulement l'on pouvait mieux voir, on pourrait peut-être comprendre et ne pas juger. Ne plus douter, se poser ces questions. Eternelles et inquiétante questions. Elles ne servent à rien, et resteront toujours sans réponses, alors à quoi bon se les poser.
La volonté n'existe plus... Mais les jours existent, ils sont bien réels. je les ai comptés. 18. Sans voix, sans son, sans parole, sans texte, sans regard, sans geste, sans rien. On dirait un vrai trou noir!!!

Ma petite bijou

Elle est celle pour qui j'ai un respect infini, sans borne. Si elle était un bijou, elle serait une bague, dotée d'une belle pierre précieuse... et Dieu sait combien la bague est un objet précieux pour moi. Elle est celle qui m'a tant donné que je me demande "a-t-elle suffisamment pensé à elle?" Elle est celle qui donne sans compter, justement, et sans attendre. Elle est celle qui donnera toujours de façon totalement désintéressée. Elle est celle qui provoque mes angoisses. Celle qui peut me voir dans les pires états. Celle qui me fait bouillir de rage. Celle qui subit.
Elle est celle qui ne voit pas, celle qui ignore. Elle est celle pour qui je ne peux rien cacher. Elle est celle à qui je cache le mieux.
Elle est celle que je n'aurais jamais imaginer avoir, celle que je n'échangerais pour rien au monde. Je l'aurais choisi les yeux fermés... On me l'aurait donnée en cadeau, j'aurais eu de mal à la recevoir.
Elle est à moi, rien qu'à moi. Elle est celle que je ne peux partager. Celle qui n'a eu que moi. Celle qui en a souffert. Oui, elle est celle qui a souffert devant moi, celle qui a manqué, celle qui a angoissé devant mes yeux parfois durs, parfois inquiets.
Aujourd'hui, elle est celle qui s'embellit malgré les années, malgré ce qui s'arrête, elle est celle qui change, et qui grandit.
Elle est mon exemple.
Elle est celle que je ne voudrais pas être.
Elle a dans mon coeur, la place la plus précieuse.
Elle sera toujours là.
Je le serai toujours.
Ma mère.
Mon bijou à moi