Un air de musique la transporte vers ce qu'on ne peut réellement définir; l'imaginaire... Elle s'engouffre dedans, comme plongée dans un précipice, comme happée par un souffle grandiloquent et majestueux. Elle en est devenue stoïque, ses oreilles sont soutenues par les notes de musique, si bien qu'elle n'entend plus, non, elle n'écoute que cela. Les violons scintillent de leur cordes jusque dans ses yeux. Fermés. Ils devinent les mouvements. Rosalie vibre. Quelques notes, ça et là, envolées, lyriquement, viennent se glisser sur sa peau avant de la faire frissonner. Chair de poule. Est-ce beau? Oui, enivrant. C'est à ce moment que le piano vient s'immiscer. Ah non... Il était déjà là. Mais Rosalie n'avait pas entendu le début du morceau. Un trio. Le piano arrive. Il sautille. Les tympans sursautent au doigt posé sur chaque note. Elle imagine le pianiste envouter son instrument noir et blanc, voué à lui seul. Généreux. Rosalie ne connait pas cette musique, mais elle lui semble déjà si familière qu'elle laisse échapper de sa gorge quelques sons. Quelques notes. Elle fredonne. La bouche fermée. La musique est en elle.
Elle ne la découvre plus. Elle la vit. Elle la devine. Elle l'invente. Elle la crée. STOP!
Elle remet le morceau. Au début.
Piano, piano... Violon... Violoncelle...
Le piano est là. Il a toujours été là, et Rosalie s'en veut de ne pas l'avoir entendu la première fois. La piano bat la mesure.
Elle avait mis le cd par mégarde, ce n'était pas ce qu'elle avait voulu entendre. Le son baissé, elle a dû tourner le bouton avant de découvrir le violon. Il est venu à elle comme une promesse, comme un aveu... Alors que le piano, tout derrière, mais vivant, ne demandait qu'une seule chose, exister. Petit piano. Grand violon.
Lorsque le violon, à son tour, bat la musique, Piano, tu n'existes que pour laisser régner le maître...
Animal à corde, tu es tout. Tu es harmonie, raisonnance, éblouissement, sensualité. Plusieurs tonalités. Plusieurs rythmes. Rosalie voudrait devenir archet et se glisser entre les cordes, pour avoir l'audace et la fierté de créer ces airs.
Mais Rosalie écoute. Elle ne peut faire davantage.
Peut-être que dans quelques mois, elle aura un nouveau bébé, et c'est la tête baissée sur le côté droit, que de ces mains elle pourra laisser échapper un son nouveau, le sien.
Elle ne la découvre plus. Elle la vit. Elle la devine. Elle l'invente. Elle la crée. STOP!
Elle remet le morceau. Au début.
Piano, piano... Violon... Violoncelle...
Le piano est là. Il a toujours été là, et Rosalie s'en veut de ne pas l'avoir entendu la première fois. La piano bat la mesure.
Elle avait mis le cd par mégarde, ce n'était pas ce qu'elle avait voulu entendre. Le son baissé, elle a dû tourner le bouton avant de découvrir le violon. Il est venu à elle comme une promesse, comme un aveu... Alors que le piano, tout derrière, mais vivant, ne demandait qu'une seule chose, exister. Petit piano. Grand violon.
Lorsque le violon, à son tour, bat la musique, Piano, tu n'existes que pour laisser régner le maître...
Animal à corde, tu es tout. Tu es harmonie, raisonnance, éblouissement, sensualité. Plusieurs tonalités. Plusieurs rythmes. Rosalie voudrait devenir archet et se glisser entre les cordes, pour avoir l'audace et la fierté de créer ces airs.
Mais Rosalie écoute. Elle ne peut faire davantage.
Peut-être que dans quelques mois, elle aura un nouveau bébé, et c'est la tête baissée sur le côté droit, que de ces mains elle pourra laisser échapper un son nouveau, le sien.
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