Il s'est caché derrière le miroir pour l'espionner, pour pouvoir l'approcher sans être vu, pour peut-être l'effleurer, sans qu'elle sente et qu'elle croit à une poussière ou une plume tombée du ciel. Il pense qu'il va pouvoir rester ainsi toute sa vie, car il se sent bien, il trouve sa position, et surtout il pourra voir son visage tous les matins, tous les soirs, maquillé, froisé, éteint, allumé, frais, sale, humide, sec, luisant, détendu, ivre, angélique... la plupart du temps, c'est ainsi qu'il le voit... Cette fille est un ange. Son visage est pur, son regard est candide, son nez aquilin, ses yeux délicatement formés en amande, ses pomettes marquées et relevées. La lumière, installée au dessus du miroir, lui va bien, et les rendent saillantes comme une fleur au bout de sa tige. Toutes les formes de son visage sont si parfaites, si asymétrique, qu'il n'a pu en décider autrement. S'il veut vivre avec elle toute sa vie, ce sera derrière son miroir. Lorsqu'elle partira de cette maison, il le suivra. Peu importe où, il irait au bout du monde pour elle.
Elle ne veut plus jamais le revoir.
Peu importe les images. Peu importe les hommes qui passeront également devant cet objet sans teint. Peu importe les scènes dont il sera le témoin, le voyeur, la victime. Peu importe la souffrance, tant qu'il est avec elle.
Pour toujours.
Il pourrait passer le bras autour de son cou, il pourrait l'embrasser, lui caresser le visage, cogner doucereusement son front contre le sien, l'observer, jouer avec ses longs cils, la maquiller, la coiffer. Il pourrait...
Il se réveille.
Seul, dans sa chambre.
Sale, en désordre.
Il pensait qu'il passerait toute sa vie derrière un miroir, chez la femme qu'il aime, chez la femme de sa vie. Avec et sans elle. Il pensait avoir trouvé le moyen, sans être vu, sans avoir besoin de manger, de bouger, sans à peine respirer, d'être avec elle. Un moyen quasiment impossible, improbable.
Je crois qu'il l'a rêvé.
Elle ne veut plus jamais le revoir.
Peu importe les images. Peu importe les hommes qui passeront également devant cet objet sans teint. Peu importe les scènes dont il sera le témoin, le voyeur, la victime. Peu importe la souffrance, tant qu'il est avec elle.
Pour toujours.
Il pourrait passer le bras autour de son cou, il pourrait l'embrasser, lui caresser le visage, cogner doucereusement son front contre le sien, l'observer, jouer avec ses longs cils, la maquiller, la coiffer. Il pourrait...
Il se réveille.
Seul, dans sa chambre.
Sale, en désordre.
Il pensait qu'il passerait toute sa vie derrière un miroir, chez la femme qu'il aime, chez la femme de sa vie. Avec et sans elle. Il pensait avoir trouvé le moyen, sans être vu, sans avoir besoin de manger, de bouger, sans à peine respirer, d'être avec elle. Un moyen quasiment impossible, improbable.
Je crois qu'il l'a rêvé.
1 commentaire:
J'aime la manière dont tu entrelaces, à chaque fois, la rêverie et la réalité. Tes textes sont toujours très concis et c'est ça qui leur donne du charme. Certains ont des allures de poèmes en prose, d'autres (comme celui-ci) s'apparentent plus à des récits. Mais j'aime ton écriture dans les deux cas: très symboliques, sujets à de multiples interprétations...bref très intéressants!
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