mardi, novembre 21, 2006

Rosalie est solide

Solide? Pas tant que ça, je ne suis pas sûre. Elle pense que les larmes n'en valent pas la peine. Cette eau salée qui s'écoulerait de ses yeux n'a aucune valeur. Oui, parce que pleurer n'est pas dans sa nature, pleurer ne la soulage pas. Pleurer est mal. Pleurer fait mal.
Lorsque Rosalie se retrouve face à une fille qui lui explique le bonheur qu'elle vit, celui des débuts, vous savez, celui qui nous titille le ventre, qui le noue et le remplit d'un émotion forte, Rosalie se souvient. Une boule. On en maigrit. On ne mange plus... Bref, Rosalie écoute cette fille qui lui parle de ses sensations... Elles l'ont elle-même prise il n'y a pas si lontemps que ça et se sont aussi vite évaporées pour laisser place à d'autres - celles qui font aussi maigrir mais surtout souffrir - Rosalie a du mal... Rosalie écoute, oui, elle écoute mais sent sa gorge se nouer. Il fait noir, nous sommes à une soirée, une fête si vous voulez. Une petite lumière tamisée éclaire légèrement ce petit atelier de peintre en ce samedi soir d'octobre... Rosalie ne peut plus là, telle une éponge elle absorde trop violemment ce bonheur naissant, et se souvient combien le sien est parti aussi vite qu'il est arrivé... Elle doit se libérer...
Le vin triste on l'appelle.
Enfermée aux toilettes... Elle s'est sauvée... Elle s'est engouffrée, dans ce petit lieu au quatre murs resserés. Adossée à la porte, face à un miroir frappé de petites gouttes mal sechées, elle regarde son visage se décomposer, rougir... Triste regard. Regard perdu. Rosalie se lâche, elle pleure. Ca faisait longtemps.
Longtemps qu'elle n'avait pas pleuré. Longtemps qu'elle n'avait pas eu la vin trsite. La dernière elle s'en souvient... Elle ne veut pas surtout y penser. Les raisons n'étaient pas les mêmes... Beaucoup plus cruelles.
Elle est toujours adossée à la porte, elle ne bouge pas et se vide un peu, le visage se déforme, elle pose sa main sur sa bouffe pour cachée la grimace de ses pleurs, elle a du mal à se reconnaître, tant elle n'a l'habitude de se mettre dans cet état... Et qui plus est de le voir.
Rosalie est mal. Rosalie est submergée. Elle sèche ses larmes... Il faut sortir maintenant, retrouver tout le monde. Faire comme si...
Elle ouvre la porte. Un grand sourire illumine son visage; elle sait pourtant qu'elle ne tiendra pas le coup longtemps. Ce sourire la fatigue tant que, quelques minutes plus tard, la mélancolie s'empare d'elle , malgré elle. Il faut fuir, il faut partir... Dernier métro.
Elle aime les gens avec qui elle est, mais là, tout de suite en les écoutant, elle les déteste.
Elle veut être seule... avec elle, seule... Car elle seule, se comprend...
Elle n'aime que sa présence... Ego... Elle se sent mal aimée.
Mal traitée.
Abandonnée.

Pleurer ne la soulage pas. Pleurer lui fait mal. Pleurer la fatigue, la vide. Certainement par ce que cet état n'est que trop rare... C'est bien ce que je disais.

Rosalie est partie.
Quelqu'un a vu?
Quelqu'un a compris?
Je ne crois pas.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Si... Quelqu'un a su...