jeudi, juillet 27, 2006

Grains de sable

J'ai passé mes doigts sur le sable fin avant de les enfoncer et sentir la brûlure du soleil, installée au milieu des milliards de grains. J'ai eu un peu mal, mais j'ai continué. Allongée sur le dos, les yeux fermés, j'ai continué de caresser la poudre, sous la chaleur encore pesante de cette fin de journée. Je me suis assise enfin, après en avoir pris une bonne poignée. J'ai ouvert ma main et me suis mise à les compter, ces petits grains... Sachant pertinemment que des milliers se battaient dans le creux de ma paume. J'ai décidé de choisir les plus foncés, j'en aurais moins à retenir. Ils me révèlent mon âme, comme c'est étrange, et me donne l'allégresse et le bonheur que j'attendais depuis si longtemps. Je crois que cette couleur ocre, me transporte davantage, j'ai bien fait... Je me sens sereine. Je souris. Je lève la tête et découvre devant moi ce merveilleux coucher de soleil. Il me donne les larmes au yeux. Ma gorge se noue devant tant de beauté, mais je me sens presque piégée par l'étoile qui ne m'éblouie plus à cette heure-ci mais qui me donne gracieusement sa couleur et sa sagesse. J'ai le sentiment d'être transportée dans un autre monde, partagée entre mes grains et la lumière, ils se mélangent et se confondent, le hasard a bien fait les choses. Le hasard n'aurait-il pas plutôt mal fait les choses? Si j'avais joué à ce jeu-là cet après-midi, j'aurais certainement choisi les grains jaunes et je n'aurais pu regarder le soleil tant sa lumière m'aurait éblouie.
Je regarde ma main, elle est orange, comme si les grains s'étaient incruster dans ma peau. Je suis troublée, bouleversée, je ne sais plus combien j'en ai compté, toutes ces couleurs me rappelent cette terre que j'avais touchée lorsque jétais toute petite, ocre, Roussillon, village de mon enfance... Je pleure, des larmes se bagarrent sur mon visage pour descendre les premières sur mon cou, si bien que je lache violemment les grains sur le coté, je ne veux plus les voir, je ferme les yeux, je ne veux plus que le soleil m'éclaircisse l'esprit, je ne veux penser à ce village... Toutes ces couleurs sont si chaleureuses et me rappellent tant de souvenirs que je préfère les oublier, la mélancolie me dégoute et me fait peur.
Je vais prendre mon verre, posé à côté de moi depuis tout à l'heure, il m'attend, boisson alcoolisé, rhum, orange sanguine, couleur de mon enfance... L'alcool noiera mon cerveau.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Je sens beaucoup de tristesse en toi. Tu sais dire aux autres ce qu'il faut faire, mais le fais-tu aussi pour toi???? Lâche prise, lâche ta peine.

P'tite plume a dit…

Aucune peine en moi... de la mélancolie sûrement, mais pas de peine.