lundi, mars 13, 2006

Rosalie dans le métro

Les gens marchent vite, les gens se bousculent, les rails sont proches, la rame approche.
J'ai peur, j'ai chaud, ça pue, je déteste...
Et pourtant, il se passe tant de choses ici... tous ces regards... Et cette atmosphère à part, cette ambiance unique.

Rosalie monte et s'assied là où un clodo a dû s'asseoir à cette même place il y a peut-être quelques minutes. Elle ne le sent pas encore, mais une odeur monstrueuse est en train de s'inscruter entre les mailles de son manteau. Elle sort son bouquin, et avant de s'y plonger, regarde la femme assise en face d'elle qui, dès que le train ne gigote pas dans tous les sens, essaie désespérément de mettre du masquara sur ses cils. Elle y arrive, mais Rosalie se plait à regarder sa lutte...
Il a plu, il fait moite dans le métro. L'humidité fait briller les peaux, et Rosalie sent que son front a perdu la poudre qu'elle a mis dessus avant de partir.
Rosalie lit.
Même si son livre la passionne, elle lève régulièrement la tête pour voir qui se met en face d'elle, à la place de la jeune femme qui est partie avec son masquara. Elle se décalle pour laisser passer quelqu'un qui s'assied à côté d'elle. Ce quelqu'un dix fois trop gros est venu se faufiler et se mettre juste là, à cette place, rien que pour faire chier le monde et surtout
Rosalie, qui est obligée de sortir la moitié de ses fesses de son siège pour ne pas être collé.
Rosalie n'arrive plus à lire, les gens bougent trop, ils font du bruit, toussent, mangent. Celui qui a toussé a laissé remonter un molard, Rosalie a eu envi de vomir en l'entendant, ceux qui mangent ont empesté le wagon de leur malbouffe.
Rosalie est dégoûtée.
Rosalie sort enfin, pour changer de ligne.
Sur un autre quai elle attend.
Le train arrive.
Elle monte et s'assied de nouveau. Elle croise un regard. Celui d'un homme. C'est le regard qu'elle attendait. Elle n'aura rien de plus. Peut-être un peu plus de confiance... ce qui est déjà pas mal.

2 commentaires:

Unknown a dit…

Bien rendu. Le métro condense toutes les phobies et tous les espoirs.

P'tite plume a dit…

merci beaucoup.