Ce ne sont plus des larmes, mais du sang qui coule sur ses joues. Du sang amère, comme ce songe qui lui a traversé l'esprit. Un songe devenu cauchemard. Ses larmes coulent le long de son visage, et lui rappellent l'épaisseur de son sang qui passait sur ses pomettes, ce jour où elle s'est jeté la tête contre le mur. Ce souvenir la hante, alors qu'aujourd'hui le présent la bouffe. La nausée l'a envahie. Elle en a dégueulassé ses draps. Elle s'est brisée les tripes, les a vidées, avant de s'endormir. Longtemps... D'un sommeil si profond qu'elle n'a pas entendu son réveil. Et ça pue chez elle. Ca pue la vomissure. Elle a rendu toute son âme sur sa couette. Apparemment elle ne se rend pas compte. En fait, elle ne veut pas savoir. Pourtant elle se doute. Elle devine. Son putain de ventre s'arrondit de jour en jour. Elle le maudit! Si elle pouvait, elle lui cracherait dessus. Ce matin, c'est ce qu'elle fera quand elle se regardera dans la glace. J'en suis sûre.
Est-ce qu'elle doit faire ces analyses qui confirmeront son état? N'est-il pas plutôt nécessaire de se faire une raison? Et de laisser la nature faire les choses; attendre. Mais attendre quoi, bordel?? Que le ventre se déchire de vergeture? Qu'il prenne trop de place dans son jean? Comment le tuer? Comment trouver un moyen d'effacer? D'oublier... D'étranges pensées, mortelles, morbides, funestes, traverse cet esprit jusqu'à ce jour généralement empli de philosophie, de sagesse, de bon sens...
Mademoiselle a peur, mademoiselle fuit, mademoiselle souffre, aime, brûle, salit, déchire, agite, frotte, tue, éclate le foetus à peine formé, et le laisse jaillir d'elle... Une flaque de sang. Elle se couche près d'elle, comme pour dormir à côté de quelqu'un, esquissant un geste de tendresse, prête à dessiner du doigt un coeur... ensanglanté. Elle ferme les yeux. Son visage ne présente aucune émotion.
Ce ne sont plus ses joues, mais ses cuisses qui sentent le sang couler. Un sang puant, épais, poreux, gluant. C'est laid, c'est monstrueux... mais ce n'est plus un songe.
Est-ce qu'elle doit faire ces analyses qui confirmeront son état? N'est-il pas plutôt nécessaire de se faire une raison? Et de laisser la nature faire les choses; attendre. Mais attendre quoi, bordel?? Que le ventre se déchire de vergeture? Qu'il prenne trop de place dans son jean? Comment le tuer? Comment trouver un moyen d'effacer? D'oublier... D'étranges pensées, mortelles, morbides, funestes, traverse cet esprit jusqu'à ce jour généralement empli de philosophie, de sagesse, de bon sens...
Mademoiselle a peur, mademoiselle fuit, mademoiselle souffre, aime, brûle, salit, déchire, agite, frotte, tue, éclate le foetus à peine formé, et le laisse jaillir d'elle... Une flaque de sang. Elle se couche près d'elle, comme pour dormir à côté de quelqu'un, esquissant un geste de tendresse, prête à dessiner du doigt un coeur... ensanglanté. Elle ferme les yeux. Son visage ne présente aucune émotion.
Ce ne sont plus ses joues, mais ses cuisses qui sentent le sang couler. Un sang puant, épais, poreux, gluant. C'est laid, c'est monstrueux... mais ce n'est plus un songe.
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