vendredi, novembre 18, 2005

Silence

Sans bruit, il s'est approché, il a cru bien faire en restant discret, mais son souffle dans le cou l'a tant effrayée qu'elle aurait pu hurler de peur. Elle ne le trouve pas drôle, préfèrerait les mots aux souffles... Pourquoi jouer à ce jeu, double, si silencieux, à demi-mot?... Que faut-il pour éclore un seul son de sa bouche.
Elle se souvient de ce jour.
De ces moments.
Le vilain lui a fermé la porte au nez de ses rêves. Jour et nuit elle attend, scotchée devant son portable. Un son, une voix, un bonjour, une croix, non, un geste de sa part.
Une larme coule sur son visage, lui déchire la peau de son sel, trop piquant.
Un mot, un seul, lui rendrait l'âme sereine.
Putain de téléphone portable, qui ne vibre pas, qui ne respire pas, dont la lumière ne s'allume pas.
Aucun bruit.
Elle ne va tout de même pas se jeter par la fenêtre...
Peut-être ne le saura-t-il jamais...
Puisqu'il n'y pense pas.
Puisqu'il l'a oubliée.
Fenêtre.
Cours.
Silence.
Chute.

4 commentaires:

Lauren a dit…

c'est en lisant ce texte une deuxième fois que j'ai vraiment compris la fin! Au début, je pensais que tu avais écris "chut!" et pas "chute"... J'aime beaucoup le passage concernant le téléphone portable. C'est tellement vrai... Encore une fois, une prose limpide et poétique; je me répète, mais j'adore!

Anonyme a dit…

Moi aussi j'aime beaucoup...

mic a dit…

J'aime le style, les jeux d'expressions. C'est beau.
Merci.

P'tite plume a dit…

Merci pour les comments ça fait le plaisir du coeur...