lundi, mai 23, 2005

A pas lent (2)

Pendant plusieurs jours il ne pu s'empêcher de penser à elle. Impossible de se défaire de cette image. Sans savoir pourquoi il fut si attiré par la silhouette de cette jeune femme, il se souvient l'avoir imaginée, suivie pendant toute l'après-midi alors qu'il avait pleins de choses à faire. Il n'avait pas le temps... mais à la vue de cet ange, il s'est arrêté, et depuis a du mal à redémarrer.
Est-ce que j'ai envie de la revoir, ou bien est-ce que je ne dois pas reprendre le risque d'y retourner? Mais j'ai tellement envie de la retrouver et tout lui avouer, à sa boutique, ou bien en bas de chez elle. Non en bas de chez elle, ce n'est pas assez simple. Je vais aller la retrouver à la boutique.
Il est passé devant au moins trois ou quatre fois, sans arriver à rentrer. Elle ne l'a pas vu, pas une seconde son ombre ne lui a fait détourné son regard. Ce qui l'étonne d'ailleurs, car il ne doit pas y avoir énormément de passage dans cette petite rue. Pourquoi ne me voit-elle pas? Son orgueil est soudainement touché, lui qui a si facilement séduit les femmes... Il a peur de rentrer. Mais pourquoi suis-je comme ça? Pourquoi cette femme lui fait-elle cet effet? Lorsqu'il l'observe à travers la vitre, il la trouve charmante, jolie, mais ne voit pas en quoi il est si traversé par cette apparence. Il pourrait très bien rentrer et lui parler, pour entendre le son de sa voix, sentir son regard posé sur lui, enfin. Mais ses mains sont moites à cette idée. Son coeur bat, il a peur... Quel étrange sentiment que d'être à ce point bouleversé par une jeune femme. Inconnu qui plus est. Lui qui a connu tant de femme, de sourire, de regard.
Le voilà à côté de la boutique depuis près d'une heure, il a oublié les rendez-vous auxquels il aurait dû se rendre pendant tout ce temps et est en train d'en louper d'autres. Son travail n'a plus d'importance, soudainement, alors qu'il était sa passion, après sa femme.
Sa femme, oui sa femme qui l'attendra encore ce soir, qui travaille à cette heure, mais qui peut très bien passer en voiture là où il est prostré, figé, paralysé, par une autre, qui n'a rien fait pour et qui est bien loin d'imaginer le trouble qu'elle provoque.
Le jeune homme qu'il a vu l'autre jour entre dans la boutique, et lorsque la jeune femme le voit, son regard s'illumine il vient l'enserrer dans ses bras, si fort que ses pieds se soulèvent du sol. Suffoqué, il s'en va, enfin...

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